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18 septembre, 2011

L’ Eucharistie et le spiritualisme agressif des sectes .Article tiré de 30 jours mensuel international dirigé par Giulio Andreotti n° 10 – 2005

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Interview du cardinal Geraldo Majella Agnelo
L’Eucharistie et le spiritualisme agressif des sectes

Il faut aussi se demander pourquoi tant de gens abandonnent l’Église. Il y a dans la société d’aujourd’hui, des tendances comme l’individualisme, la présomption de faire son salut par ses propres moyens, l’  » émotionalisme » qui produisent et alimentent, sur le plan religieux aussi, un libre marché toujours en mouvement

Interview du cardinal Geraldo Majella Agnelo

Geraldo Majella Agnelo, archevêque de São Salvador da Bahia et cardinal primat du Brésil est porté par nature à ne pas dramatiser. Il préfère la modération et même quand il s’agit de phénomènes inquiétants qui concernent l’Église dans le pays qui compte le plus de catholiques au monde, il n’aime pas les cris d’alarme et n’est pas à la recherche de solutions magiques ou spectaculaires. Pour lui, la “décatholicisation” du pays, l’hiver de l’Église catholique que son prédécesseur Lucas Moreira Neves interprétait comme le résultat du printemps des sectes brésiliennes, doit elle aussi être affrontée avec les instruments les plus ordinaires de la pratique pastorale.
Geraldo Majella Agnelo, archevêque de São Salvador da Bahia

Geraldo Majella Agnelo, archevêque de São Salvador da Bahia

Éminence, à quoi servait un Synode sur l’Eucharistie?
GERALDO MAJELLA AGNELO: C’est dans l’Eucharistie que se trouve notre identité. Nous vivons de cela, de cette présence du Christ dans notre vie qui constitue la source de notre foi et de la certitude de notre espoir. C’est l’Eucharistie qui met notre vie d’ici-bas en relation avec la vie éternelle et qui nous rappelle que nous ne nous trouvons pas dans ce monde pour toujours. La possibilité de jouir de ce don est, cependant, soumise à un certain nombre de conditions. Aussi certains problèmes surgissent-ils quand, par exemple, il n’y a pas de prêtres en nombre suffisant pour célébrer la liturgie eucharistique dans toutes les communautés. Et puis il y a le cas de ceux qui, pour différentes raisons, ne peuvent s’approcher du sacrement.
Ces deux problèmes marquent la vie de l’Église au Brésil. Êtes-vous satisfait des réponses que leur a apportées le Synode?
AGNELO: On ne peut pas dire que ces questions aient été étudiées à fond. Par exemple, en ce qui concerne le manque de prêtres, on ne peut proposer comme unique remède d’étudier une redistribution plus équilibrée entre les différentes régions, en prenant les prêtres d’un endroit pour les transférer dans un autre. Les prêtres sont liés eux aussi aux communautés et aux Églises locales, là où les vocations fleurissent. Et puis il y a les missionnaires, ceux qui s’identifient avec l’Église dans laquelle ils sont envoyés, et ils sont, certes, indispensables. Mais, selon moi, on n’obtient pas grand chose en envoyant les prêtres travailler pour de brèves périodes dans des communautés lointaines de leur communauté d’origine. Cela, souvent, ne donne pas de fruits durables.
La vie de couple “irrégulière” est au Brésil un phénomène de masse. Le Synode a aussi abordé le problème de l’admission à la communion des divorcés remariés.
AGNELO: Ici encore il ne s’agit pas d’“abaisser” les conditions auxquelles il est permis de s’approcher des sacrements. S’il devient normal d’abandonner son conjoint, cela veut dire que, souvent, on se marie à l’église sans percevoir le mariage comme un sacrement.
Le cardinal Hummes a dit durant le Synode qu’au Brésil le pourcentage de ceux qui se déclarent catholiques est passé en dix ans de 83 à 67%. Et les ministres des sectes charismatiques et pentecôtistes sont désormais le double des prêtres catholiques. Que pensez-vous de ces données?
AGNELO: Ce phénomène ne date pas d’aujourd’hui. Et il faut aussi se demander pourquoi tant de gens abandonnent l’Église. Il y a, selon moi, dans la société d’aujourd’hui, des tendances sociologiques et des phénomènes comme l’individualisme, la présomption de faire son salut par ses propres moyens, l’”émotionalisme” qui produisent et alimentent, sur le plan religieux aussi, un libre marché toujours en mouvement. On fluctue d’une secte à l’autre et on finit aussi parfois, en tournant, par revenir au catholicisme.
Une ancienne théorie attribuait la responsabilité de cette situation à la théologie de la libération qui, dans les décennies dernières, aurait concentré toute son attention sur les problèmes politiques en oubliant le surnaturel.
AGNELO: Mais les mystères de la foi chrétienne, comme le mystère de l’Eucharistie, n’ont rien à voir avec le spiritualisme agressif de groupes sectaires. La religiosité des gens en Amérique latine est un facteur positif. Dans les années de la théologie de la libération, cette théologie avait aussi nourri l’attente d’une réponse à des problèmes réels de misère et d’injustice. La grande tentation de ce moment-là a été d’imposer l’idéologie comme si elle était la réponse adéquate à cette attente. Maintenant, avec les sectes, sous certains aspects, c’est la même chose. C’est seulement l’idéologie qui a changé, on est passé à une idéologie pragmatiste liée à d’autres modèles politico-culturels d’importation. Mais le mécanisme est le même.
Vous pensez donc que le phénomène des sectes a lui aussi un caractère essentiellement politique…
AGNELO: L’élément politique se mêle aux promesses de réussite dans la vie qui attirent les nouveaux adeptes, et aux moyens que les sectes ont manifestement à leur disposition. Elles disent: si tu viens avec nous, nous résoudrons tes problèmes, nous éliminerons de ta vie souffrance et pauvreté, nous t’assurerons le succès. Et ceci accompagné de discours emphatiques promettant des miracles et d’une profusion de ressources matérielles avec lesquelles nous ne pouvons pas entrer en concurrence. D’un autre côté, il faut aussi reconnaître que les sectes savent comment accueillir les gens. Chez nous, autrefois, celui qui allait devenir prêtre recevait parmi les quatre ordres mineurs l’ostiariat devenant ainsi portier. Il avait pour tâche de garder la porte de l’église et d’accueillir les fidèles. Il faudrait peut-être dans la formation des prêtres reprendre et remettre en valeur cette fonction traditionnelle.

Site : www.30giorni.it

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