21 novembre, 2011

Oecuménisme où en est l’ unité des chrétiens ?

Classé dans : Non classé — andreadicaffa02 @ 14:22

Oecuménisme

Où en est l’unité des chrétiens ?

À l’occasion du 40e anniversaire du décret du
Concile Vatican II sur l’unité des chrétiens
s’est tenue une conférence internationale
à Rome (11-13 novembre 2004). Le Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens
a proposé aux Editions Nouvelle Cité (*)
de publier les actes de cette conférence historique
qui a fait le point de la situation sur l’œcuménisme aujourd’hui.

Le mouvement œcuménique qui vise à promouvoir l’unité entre chrétiens ne date pas du Concile Vatican II. Déjà en 1910, la Conférence missionnaire mondiale d’Edimbourg traitait de la question, mais uniquement entre protestants. À partir de 1935, l’action du Père Paul Couturier a marqué une avancée remarquable avec la création de la Semaine de Prière pour l’Unité des Chrétiens (qui marque cette année ses 70 années d’existence !). En 1948, le Conseil Œcuménique des Églises – « association fraternelle d’Églises » – voit le jour (cf. encadré Repères). Quant à l’Église catholique, elle accomplit des pas décisifs en 1960 avec la création du Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens et en 1964, avec la publication du décret conciliaire Unitatis redintegratio (La restauration de l’unité), pièce maîtresse tant dans son contenu que dans sa mise en pratique.
« On lit à la première ligne de ce décret que promouvoir le rétablissement de l’unité entre tous les chrétiens est l’un des objectifs majeurs du Concile » soulignait le cardinal Walter Kasper, Président du Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, en ouverture du colloque tenu en novembre 2004 à Rome – à l’occasion du 40e anniversaire d’Unitatis redintegratio – qui a fait le point sur la situation actuelle de l’œcuménisme. « Une seule et unique Église a été instituée par le Christ. La division s’oppose ouvertement à la volonté du Christ. Elle est pour le monde un objet de scandale et fait obstacle à la prédication de l’Évangile ». Le rétablissement de l’unité « n’est en aucun cas secondaire ». C’est donc une priorité pour toute l’Église catholique, comme l’ont démontré en particulier les pontificats de Jean XXIII, Paul VI et Jean-Paul II et comme vient de le rappeler le pape Benoit XVI, la qualifiant « d’engagement irréversible » et la plaçant parmi les principales priorités pastorales de son pontificat. « La sensibilité œcuménique de l’Église catholique s’est accrue » a commenté encore le cardinal Kasper, énumérant des événements « inimaginables avant Vatican II » tels que la rencon-tre de Paul VI et du Patriarche orthodoxe Athénagoras, la Déclaration de 1999 avec les Luthériens sur la Doctrine de la Justification, la signature d’une Charte œcuménique européenne en 2001 ou le retour à Moscou de l’icône de Kazan.

Nécessité de revitaliser l’élan œcuménique

À l’actif du mouvement œcuménique, on compte certes de nouvelles structures (groupes mixtes de dialogue et de travail, conseils nationaux d’Églises, unions et alliances diverses entre instances…) mais le fruit principal en est la redécouverte de la fraternité chrétienne entre membres des différentes communautés chrétiennes. L’œcuménisme a connu des temps forts mais aussi des difficultés, des malentendus, des ralentissements, des illusions… au point de se trouver aujourd’hui dans une « période de transition ». Pour le cardinal Kasper, « en ce début de XXIe siècle, le mouvement œcuménique a besoin d’une vision œcuménique revitalisée, d’un esprit renouvelé et d’un nouvel engagement de tous les partenaires » conscient que « des réponses uniformes sont impossibles du fait de la grande variété de situations de par le monde ».

Dans le livre Où en est l’unité des chrétiens ? (*) le cardinal Kasper rappelle que « l’idée fondamentale du Concile Vatican II, et en particulier du Décret sur l’œcuménisme, tient en un seul mot : communio. » Les Églises et communautés ecclésiales séparées sont considérées comme un tout dans la diversité : « L’unique Église existe dans toutes les Églises particulières et par elles et, inversement, les Eglises particulières existent dans l’unique Église et par elle. » « L’unité œcuménique recherchée signifie quelque chose de plus qu’un réseau d’Églises […] L’œcuménisme ne vise pas à créer une association mais une communio qui ne signifie ni absorption réciproque ni fusion. » Cette formulation est la contribution théologique la plus importante du Concile à la question œcuménique. Ainsi est-il « significatif que le terme dialogue revienne comme un refrain dans la conclusion de divers paragraphes du Décret. C’est cela qui exprime, une fois de plus, le nouvel esprit dans lequel le Concile entend surmonter les différences. »

Prière pour l’unité et œcuménisme de la vie

« Dans presque toutes les Églises la question d’une identité confessionnelle propre est redevenue virulente » constate Mgr Kurt Koch, évêque de Bâle, dans son intervention « Développements œcuméniques et nouveaux défis ». Ce besoin d’assurance se justifie car rencontre et dialogue présupposent chez chacun la conscience d’une identité propre. En même temps, ce processus peut devenir un obstacle lorsque préjugés et animosités du passé pèsent encore sur les relations entre chrétiens. Mais encore, les tendances dominantes à l’individualisme et au pluralisme dans notre société rendent suspecte toute recherche d’unité.
« Mon grand regret dans la situation œcuménique d’aujourd’hui est que tant de chrétiens et de chrétiennes ne souffrent plus comme il conviendrait devant cet état profondément anormal du monde chrétien. Car là où la division de l’unique corps du Christ n’est plus perçue comme un scandale et ne cause plus aucune souffrance, l’œcuménisme lui-même devient superflu. […] Beaucoup semblent s’être résignés à la diversité actuelle et se contenter du pluralisme effectif d’Églises différentes. La diversité tolérée entre les Églises leur suffit déjà et ils ne voient pas pourquoi elle devrait être remplacée par une diversité réellement réconciliée » constate Mgr Koch.

Et de conclure : « Il s’agit aujourd’hui de revitaliser cette motivation, c’est-à-dire de donner priorité à la prière pour l’unité et à l’œcuménisme de la vie, dont le cœur est une spiritualité œcuménique. »

Alain BOUDRE
(*) Où en est l’unité des chrétiens ? Ouvrage collectif (Cardinal Walter Kasper, Métropolite Johannis Zizioulas, Révérend Geoffrey Wainwright, Mgr Kurt Koch, Mgr Eleuterio Fortino, Mgr Brian Farrell, Cardinal Ivan Diaz, Cardinal Cormac Murphy-O’Connor, Chiara Lubich, Enzo Bianchi et homélie de Jean-Paul II). En appendice : Le texte du document conciliaire Unitatis redintegratio, « Le directoire pour l’application des normes et des principes sur l’œcuménisme » et « La dimension œcuménique dans la formation de ceux qui travaillent dans le ministère pastoral ». Collection Racines. Éditions Nouvelle Cité. 448 p. 25 euros.

Réflexions protestante et orthodoxe

Le Rév. Pr Geoffrey Wainwright
du Conseil méthodiste mondial
écrit dans son intervention
« Unitatis redintegratio –
Une réflexion protestante »

Dans le protestantisme moderne, même lorsqu’il est enclin à l’œcuménisme, le danger est de se contenter d’un « réajustement interconfessionnel », ou encore selon une traduction de l’allemand encore plus crue, de « coexistence pacifique en régime de guerre froide ». La réalisation de l’unité comporte rien moins que la mort et la renaissance de nombreuses formes de vie ecclésiale, telles que nous les avons connues […] Il peut y avoir des aspects de l’Église catholique, développés et formés durant la période de la séparation, qui devront être abandonnés – ou tout au moins configurés selon les nouvelles circonstances. […] Jean-Paul II a reconnu généreusement que, dans d’autres communautés ecclésiales, « certains aspects du mystère chrétien ont parfois été mieux mis en lumière » que dans l’Église catholique et il a souligné que le dialogue ne se limite pas à un échange d’idées, mais implique également un « échange de dons ».

Son Eminence Ioannis Zizioulas,
Métropolite de Pergame (patriarcat de Constantinople) commente dans sa « réflexion orthodoxe »

La « séparation » qui existe entre nos deux Eglises est attribuée à des « motifs d’ordre extérieur » et à un « manque de compréhension mutuelle et de charité ». Le silence du Concile sur une question qui a si longtemps divisé l’Orient et l’Occident réside dans le fait que la manière de remplir la condition de la « nécessaire unité de toute l’Église » est laissée ouverte au dialogue et n’est pas prédéfinie par le Concile. Les orthodoxes sont invités à exprimer leur point de vue sur la manière de maintenir l’unité universelle et sur le rôle du ministère pétrinien dans cette unité. C’est la question la plus décisive que doit affronter le dialogue entre catholiques et orthodoxes […] Nous ne pouvons ni ne devons préjuger de la tournure que prendra ce débat. Le Décret sur l’œcuménisme nous laisse toute la liberté de mouvement nécessaire.

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