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15 septembre, 2012

15 septembre Notre-Dame des Douleurs Chapelet des Sept Douleurs de Notre-Dame

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Le chapelet des Sept Douleurs de Notre-Dame.

Le chapelet – ou couronne -  des Sept Douleurs de la Vierge Marie permet de méditer sur la manière dont Notre-Dame fut associée en toute sa vie à l’oeuvre rédemptrice accomplie par son divin Fils. Il est lié depuis les XIVèmes et le XVèmes siècles à l’approfondissement du mystère de la Compassion de Marie et  a été diffusé spécialement par les mystiques rhénans et par l’Ordre des Servites de Marie (fondé au XIIIème siècle à Florence Italie)

Ce chapelet se compose non pas de dizaines mais de « septaines », c’est-à-dire de séries de sept « Ave, Maria ». La plupart du temps, ces septaines sont séparées non pas par un gros grain (comme dans les chapelets ordinaires) mais par une médaille : chaque médaille représentant l’une des douleurs de Marie. Sur la médaille on énonce donc la douleur sur laquelle on va méditer et on récite le « Pater noster » puis sur chacun des grains de la septaine on récite un « Ave, Maria » (qu’on peut aussi remplacer par le « Je vous salue » particulier pour honorer la Vierge de Compassion attribué à Saint Bonaventure, dont on trouvera ici le texte > www); à la fin de la septaine on récite ou on chante la strophe du « Stabat Mater » : « Sancta Mater istud agas Crucifixi fige plagas cordi meo valide : O Mère Sainte imprimez profondément dans mon coeur les plaies de Jésus crucifié! »

On termine la couronne des Sept Douleurs par trois « Ave, Maria » dans l’intention de consoler Notre-Dame des larmes qu’elle a versées pour nous et pour demander une vraie contrition de nos péchés, enfin on récite un « Pater noster » sur la médaille principale représentant la Vierge Marie au coeur percé de sept glaives.

15 septembre Notre-Dame des Douleurs   Chapelet des Sept Douleurs de Notre-Dame servi-di-maria-vierge-des-sep-tdouleurs-169x300

Voici une proposition pour aider à prier le chapelet des Sept Douleurs:

- 1ère douleur de Marie la prophétie du vieillard Siméon : « Ô Mère affligée, je compatis à votre douleur lorsque Siméon vous a prédit qu’un glaive de douleurs vous transpercerait le coeur, et je vous demande la grâce de la force d’âme en toutes les épreuves de cette vie! »

- 2ème douleur de Marie la fuite en Egypte : « Ô Mère affligée, je compatis à votre douleur lorsque vous avez dû fuir la colère d’Hérode et subir l’exil, et je vous demande la grâce de savoir supporter avec patience les persécutions et les contrariétés qui viennent de la méchanceté des hommes! »

- 3ème douleur de Marie la perte de Jésus pendant trois jours :  » Ô Mère affligée, je compatis à votre douleur lorsque, remplie d’angoisse, vous avez cherché Jésus pendant trois jours, et je vous demande la grâce de ne jamais être séparé de Lui par le péché! »

- 4ème douleur de Marie la rencontre sur le chemin du Calvaire : « Ô Mère affligée, je compatis à votre douleur lorsque vous avez rencontré Jésus chargé de sa Croix et que vous l’avez vu tomber, hué et insulté sur le chemin du Calvaire, et je vous demande la grâce de ne jamais me décourager en face de l’adversité! »

- 5ème douleur de Marie la mort de Jésus sur la Croix : « Ô Mère affligée, je compatis à votre douleur lorsque vous vous êtes tenue debout au pied de la Croix, témoin de son horrible agonie, de sa mort et de l’ouverture de son Coeur, et je vous demande la  très grande grâce de la compassion aux souffrances de Jésus et de mes frères! »

- 6ème douleur de Marie la descente de Croix : « Ô Mère affligée, je compatis à votre douleur lorsque vous avez reçu sur vos genoux le corps de Jésus descendu de la Croix, et je vous demande la grâce de savoir comme vous offrir mes peines et les souffrances de cette vie en union avec celles de mon Sauveur pour le salut et la sanctification des âmes! »

- 7ème douleur de Marie l’ensevelissement de Notre-Seigneur : « Ô Mère affligée, je compatis à votre douleur lorsque vous avez vu le  corps de votre Jésus enfermé dans le sépulcre, et je vous demande la grâce d’être à mes côtés à l’heure de ma mort et de recevoir mon âme pour la présenter à Dieu quand je rendrai le dernier soupir! »

Le culte de la Mater Dolorosa apparaît officiellement en 1221, au Monastère de Schönau, en Allemagne. En 1239, dans le diocèse de Florence en Italie, l’Ordre des Servites de Marie (Ordo Servita), dont la spiritualité est très attachée à la Sainte Vierge, fixe la fête de Notre-Dame des douleurs au 15 septembre. Ce titre doit son nom aux sept Douleurs dites éprouvées par la Vierge Marie

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Notre-Dame des Douleurs (aussi appelée Notre-Dame de la Miséricorde, Notre-Dame du Soledade, Notre-Dame des Angoisses, Notre-Dame des Larmes, Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, Notre-Dame du Calvaire ou encore Notre-Dame du Pranto, et invoquée en latin comme Beata Maria Virgo Perdolens, ou Mater Dolorosa) est l’un des titres par lesquels l’Église catholique vénère la Vierge Marie. Elle est fêtée le 15 septembre.

Sous ce vocable (Notre-Dame des Douleurs), la Sainte Vierge est la patronne la Congrégation de la Sainte-Croix, de la Slovaquie, de la région italienne du Molise, de l’État du Mississippi, de plusieurs villes des Philippines et des communes italiennes d’Accumoli, Ressort di Bari, Paroldo et Villanova Mondovì. Au Québec, un petit village, Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, porte aussi son nom. De plus, au Portugal où son culte est particulièrement répandu, un grand nombre de paroisses sont consacrées au vocable latin de la mère des douleurs (exemple : Poço do Canto).

Sommaire

Histoire de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs

Le culte de la Mater Dolorosa apparaît officiellement en 1221, au Monastère de Schönau, en Allemagne. En 1239, dans le diocèse de Florence en Italie, l'Ordre des Servites de Marie (Ordo Servita), dont la spiritualité est très attachée à la Sainte Vierge, fixe la fête de Notre-Dame des douleurs au 15 septembre. Ce titre doit son nom aux sept Douleurs dites éprouvées par la Vierge Marie  220px-Asseenfromthecross-vi

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Mater Dolorosa vue de la Croix par Jésus (tableau de Tissot)

Le culte de la Mater Dolorosa apparaît officiellement en 1221, au Monastère de Schönau, en Allemagne. En 1239, dans le diocèse de Florence en Italie, l’Ordre des Servites de Marie (Ordo Servita), dont la spiritualité est très attachée à la Sainte Vierge, fixe la fête de Notre-Dame des douleurs au 15 septembre. Ce titre doit son nom aux sept Douleurs dites éprouvées par la Vierge Marie :

Dévotions aux Sept Douleurs de Marie

À partir du XVe siècle siècle, de la méditation sur les Douleurs de Marie, ont éclos divers ordres et pratiques. L’Ordre des Servites de Marie a d’ailleurs développé les formes populaires de cette dévotion au cours des siècles dont le Chapelet des Sept Douleurs de Marie et le Scapulaire Noir des Sept Douleurs de Marie

Chapelet aux Sept Douleurs de Marie

  • Son histoire

Le Chapelet aux Sept Douleurs (quelques fois appelé le Rosaire aux Sept Douleurs ou le Rosaire des Servites) a donc été développé par l’Ordre des Servites de Marie et son nom est issu du fait qu’il se réfère au sept évènements particulièrement tristes, ou douloureux, précédemment cités.
C’est un chapelet formant un collier de sept septaines de grains, séparées chacune par une petite médaille illustrant une des douleurs de Marie, ces médailles pouvant être remplacées par des grains plus gros que les quarante-neuf autres. Une « queue », composée de trois grains et d’une médaille, est fixée au collier principal (avant la première « douleur »); elle sert à débuter le chapelet mais aussi à dédier ses prières aux Larmes de Marie. Traditionnellement, les grains sont en bois noir (ou matériau noir) de manière à symboliser la tristesse la plus profonde.
Il est parfois appelé le Chapelet aux Sept Épées en référence à la prophétie de Syméon:

« Voici, cet enfant est destiné à amener la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et à devenir un signe qui provoquera la contradiction, et à toi-même une épée te transpercera l’âme, afin que les pensées de beaucoup de cœurs soient dévoilées. » (Lc 2, 34-35).

Par sa lettre Redemptoris du 26 septembre, le pape Benoît XII enrichit la pratique, grâce à des indulgences. Le pape Clément XII confirma et augmenta celles-ci par sa bulle Unigeniti du 12 décembre 1734. Toutes ces indulgences furent de nouveau confirmées par un décret de la Congrégation Sacrée des Indulgences, émis selon la volonté du pape Clément XIII, du 13 mars 1763.

  • La manière de le prier

En fait, cela varie. Certains débutent par la Première Douleur et donc au premier grain du collier et finissent par la « queue »; d’autres commencent par la médaille et la « queue » puis font le tout du collier. Cependant, la méthode la plus répandue est celle qui fut détaillée dans la Raccolta (publiée en 1807) et suit le schéma ci-dessous:

 

1 Stabat Mater dolorosa iuxta crucem lacrimosa dum pendebat Filius

Debout, la mère des douleurs se dresse, le visage en pleurs, sous la croix ou son fils pend
Debout, la mère douloureuse serrait la Croix, la malheureuse, où son pauvre enfant pendait
Debout, la Mère des douleurs, au pied de la Croix, tout en pleurs, regardait Jésus mourir

2 Cuius animam gementem contristatam et dolentem pertransivit gladius

Sa pauvre âme tant gémissante, et tant navrée et tant dolente, un glaive aigu la pourfend
Et dans son âme gémissante, inconsolable, défaillante, un glaive aigu s’enfoncait
Et sa tristesse et son malheur plonge un glaive dans son coeur; sa grande âme va souffrir.

3 O quam tristis et afflicta fuit illa benedicta Mater Unigeniti

Quelles peines, quelle agonie subit cette mère bénie près de son unique enfant
Ah! qu’elle est triste et désolé, la Mère entre toutes comblées, il était le Premier-Né
Oh, combien triste et combien cruel fut, pour son coeur si maternel, le calvaire de Jésus!

4 Quae moerebat et dolebat et tremebat cum videbat nati poenas incliti
Quae moerebat et dolebat
Pia Mater dum videbat nati poenas incliti

Dans l’angloisse la plus amère, elle voit, cette bonne mère, de son doux fils les tourments
Elle pleure, pleure, la Mère, pieusement qui considère son enfant assassiné
Quel tourment, quel supplice affreux de voir les coups si douloureux que son Fils avait reçus!

5 Quis est homo qui non fleret Matri Christi si videret in tanto supplicio?

Quel homme ne fondrait en pleurs à voir la mère du Seigneur dans un supplice si grand?
Qui pourrait retenir son pleurs à voir la Mère du Seigneur endurer un tel Calvaire?
Quel homme, sans verser des pleurs, verrait la Mère des douleurs dans un si cruel tourment?

6 Quis non posset contristari Matrem Christi contemplari dolentum cum filio?

Qui n’aurait le coeur abattu devant la mère de Jésus souffrant avec son Enfant?
Qui peut, sans se sentir contrit, regarder près de Jésus-Christ pleurer tristement sa Mère?
Quel coeur ne pourrait s’attendrir de la voir si bien compatir aux douleurs de son enfant?

7 Pro peccatis suae gentis vidit Iesum in tormentis et flagellis subditum

Pour son peuple qui a péché, elle voit Jésus torturé et les fouets qui le déchirent
Pour péchés de sa nation, elle le voit, dans sa Passion, sous les cinglantes lanièrent
Pour les pécheurs Il s’est livré; son corps mourant tout déchiré devant elle souffre encore.

8 Vidit suum dulcem natum moriendo desolatum dum emisit spiritum

Elle voit son fils bien-aimé, seul et de tous abandonné, qui, dans un grand cri, expire
Elle voit son petit garçon qui meurt dans un grand abandon et remet son âme à son Père
Elle voit son enfant chéri, dans la détresse d’un grand cri, s’abandonner à la mort.

9 Eia Mater, fons amoris, me sentire vim doloris fac ut tecum lugeam

Bonne mère, ô source d’amour, faites-moi souffrir à mon tour pour que je pleure avec vous
Pour que je pleure avec toi, Mère, source d’amour, fais-moi ressentir ta peine amère
Fais-nous sentir à notre tour, Mère au grand coeur, source d’amour, la vertu de la douleur.

10 Fac ut ardeat cor meum in amando Christum Deum ut sibi complaceam

Allumez en mon coeur le feu de l’amour pour le Christ mon Dieu; que cet amour lui soit doux!
Fais qu’en mon coeur brûle un grand feu. L’amour de Jésus-Christ mon Dieu; pour que je puisse lui plaire
Et fais surtout que notre coeur enfin se donne avec ardeur à l’amour du Rédempteur.

11 Sancta Mater, istud agas crucifixi fige plagas cordi meo valide

Mère sainte, faites que j’aie en mon coeur à jamais les plaies du divin Crucifié
Exauce moi, ô sainte Mère, et plante les clous du Calvaire dans mon coeur, profondément
O sainte Mère, dans nos coeurs fixe l’empreinte des douleurs dont souffrit le Christ en Croix.

12 Tui nati vulnerati tam dignati pro me pati poenas mecum divide

Au martyre de votre Enfant, qui pour moi souffrit ces tourments faites-moi participer
Pour moi ton Fils, couvert de plaies, à voulu tous souffrir. Que j’aie une part de ses tourments
Il nous aima jusqu’à mourir. Fais-nous la grâce de souffrir comme Il souffrit autrefois.

13 Fac me vere tecum flere crucifixo condolere donec ego vixero
Fac me
tecum, pie, flere crucifixo condolere donec ego vixero

Qu’avec vous je pleure d’amour, et qu’en croix je sois, tout au cours de ma vie, à ses côtés
Que je pleure en bon fils avec toi, que je souffre avec lui sur la Croix, tant que durera ma vie
Fais-nous pleurer près de ton coeur et compatir à Sa douleur, Mère, jusqu’à notre mort.

14 Iuxta crucem tecum stare te libenter sociare in planctu desidero
Iuxta crucem tecum stare
et me tibi sociare in planctu desidero

Près de vous, au pied de la croix, à vos pleurs associez-moi: c’est là mon pieux souhait
Je veux contre la Croix rester debout près de toi, et pleurer ton fils en ta compagnie
Pécheurs debout près de la Croix, à tes pleurs nous mêlons nos voix, dans l’amour et le remords.

15 Virgo virginum praeclara mihi iam non sis amara fac me tecum plangere

Vierge entre toutes glorieuse, ne soyez pas rigoureuse; au vôtres mêlez mes pleurs
O Vierge, entre les vierges claire, pour moi ne sois plus amère: fais que je pleure avec toi
Laisse-nous, Vierge de bonté, Vierges de grâce et de clarté, nous repentir près de toi.

16 Fac ut portem Christi mortem passionis eius sortem et plagas recolere
Fac ut portem Christi mortem passionis
fac consortem et plagas recolere

Puissé-je avec le Christ mourir, à sa passion compatir, et revivre ses douleurs!
Fais que me marque son supplice, qu’à sa Passion je compatisse, que je m’applique à sa Croix
Fais-nous porter le souvenir de tout ce qu’Il voulut souffrir et de Sa mort sur la Croix.

17 Fac me plagis vulnerari cruce hac inebriari ob amorem filii
Fac me plagis vulnerari
fac me cruce inebriari et cruore filii

Blessez mon coeur de ses blessures, ennivrez-moi des meurtrissures et du sang de votre Enfant
Fais que ses blessures me blessent, que je goûte à la Croix l’ivresse et le sang de ton enfant
Que notre coeur compatissant s’échauffe encore par le sang que nous donna Son amour.

18 Inflammatus et accensus, per te, Virgo, sim defensus in die iudicii
     Flammis ne urar succensus, per te, Virgo, sim defensus in die iudicii
     Flammis orci ne succendar, per te, Virgo, fac, defendar in die iudicii

L’enfer me jette dans l’effroi, de ses flammes défendez-moi au grand jour du jugement
Pour que j’échappe aux vives flammes, prends ma défense, ô notre Dame, au grand jour du jugement
Toi qui pour nous as tant souffert, viens me défendre de l’enfer Sainte Vierge,au dernier jour.

19 Fac me cruce custodiri morte Christi praemuniri confoveri gratia
     Christe cum sit hinc (iam) exire da per matrem me venire ad palmam vicoriae

Puissé-je, à l’heure du départ, Christ, par votre mère, avoir part aux palmes de la victoire!
Jésus, quand il faudra partir, puisse ta Mère me obtenir la palme de la victoire!
O Christ, lorsqu’il faudra mourir, par elle daigne m’acceuillir dans la gloire de Ton ciel.

20 Quando corpus morietur fac ut animae donetur paradisi gloria. Amen

Et quand mourra mon pauvre corps, faites entrer mon âme alors dans le paradis de gloire. Amen
Et quand mon corps aura souffert, fais qu’à mon âme soit ouvert le beau paradis de gloire. Amen
O Mère, quand mon corps mourra, par toi, mon âme s’en ira dans le bonheur éternel. Amen

 E-mail: stabatmater@dds.nl

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fichier mp3 quand jesus mourait au calvaire

 

17 mai, 2012

Proverbes sénégalais et africain

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Proverbes sénégalais et africain singes039

PROVERBES SENEGALAIS (et Africains)

Qui veut passer inaperçu ne doit pas éternuer
quand on peut se pencher facilement, il est difficile de ramasser
Que celui qui n’a pas traversé ne se moque pas de celui qui s’est noyé.
Le mensonge donne des fleurs mais pas de fruits.
Le vieil éléphant sait où trouver de l’eau.
Lorsque tu ne sais pas où tu vas, regarde d’où tu viens.
Au bout de la patience, il y a le ciel.
La langue qui fourche fait plus de mal que le pied qui trébuche.
L’erreur n’annule pas la valeur de l’effort accompli.
Un veillard qui meurt, c’est comme une bibliothèque qui brûle.
On est plus le fils de son époque que le fils de son père.
Ce qui est plus fort que l’éléphant, c’est la brousse.
Pour qu’un enfant grandisse, il faut tout un village.
C’est au bout de la vieille corde qu’on tisse la nouvelle.
On tarde à grandir, on ne tarde pas à mourir.
Une pirogue n’est jamais trop grande pour chavirer.
C’est celui qui n’a jamais exercé qui trouve que le pouvoir n’est pas plaisant.
Au chef, il faut des hommes et aux hommes, un chef.
Le feu qui te brûlera, c’est celui auquel tu te chauffes.
Dieu n’a fait qu’ébaucher l’homme, c’est sur terre que chacun se crée.
Le borgne n’a qu’un oeil, mais il pleure quand même.
Quand on a mangé salé, on ne peut plus manger sans sel.
Si tu as de nombreuses richesses donne ton bien ; si tu possède peu, donne ton coeur.
L’eau chaude n’oublie pas qu’elle a été froide.
La figue ne tombe jamais en plein dans la bouche.
Ce n’est pas à toute oreille percée que l’on met des anneaux d’or.
Le léopard ne se déplace pas sans ses taches.
Ne te lasse pas de crier ta joie d’être en vie et tu n’entendras plus d’autres cris.
L’homme a inventé la montre, mais Dieu a inventé le temps.
Tout a une fin, sauf la banane qui en a deux.
Bouche de miel, coeur de fiel.
Il faut façonner l’argile pendant qu’elle est molle.
Celui qui se lève tôt, ne voit pas le lézard se brosser les dents.
Qui nage dans le sens du courant fait rire les crocodiles.
Peu importe la direction du vent, le soleil va toujours ou il doit aller
On n’est pas orphelin d’avoir perdu père et mère, mais d’avoir perdu l’espoir.
L’étranger te permet d’être toi-même, en faisant, de toi, un étranger.
Un silence vaut 25 réponses
Le sang est plus épais que l’eau
Un homme qui se noie s’agrippe à l’eau
Le drapeau suit la direction du vent
Suivez les abeilles et vous mangerez le miel
Un ami dans le besoin est un véritable ami
Un sorcier ne se guérit pas lui-même
Trop de plaisanterie amène la querelle
La reconnaissance d’un âne est un coup de pied
Les nuages sont le présage de la pluie
Un poisson qui pourrit et tous sont pourris
Si tu peux marcher, tu peux danser. Si tu peux parler, tu peux chanter…
Quand le lion aura son propre historien, l’histoire ne sera plus écrite par le chasseur
Aller doucement n’empêche pas d’arriver
La douleur est comme le riz dans un dépôt: si chaque jour on en prend un panier, à la fin il n’y en a plus
Sur quelque arbre que ton père soit monté, si tu ne peux grimper, mets au moins la main sur le tronc.
Ne brandis pas dans l’air le serpent que tu as tué, les autres serpents te guettent.
Il n’y a pas de plus grand bonheur que la venue d’un hôte dans la paix et l’amitié.
Si tu supportes la fumée, tu te réchaufferas avec la braise.
Un acacia ne tombe pas à la volonté d’une chèvre maigre qui convoite ses fruits.
Si un petit arbre est sorti de terre sous un baobab, il meurt arbrisseau.
L’éléphant meurt, mais ses défenses demeurent.
Ne pile pas ton mil avec une banane mûre.
Tous les blancs ont une montre, mais ils n’ont jamais le temps.
Ce n’est pas parce que la hyène a mauvaise haleine qu’il faut lui interdire de bailler
Quand un homme est lié avec une corde, tôt ou tard il la rompt
Là où le coeur est, les pieds n’hésitent pas à y aller
Il n’y a pas la place pour plusieurs crocodiles dans le même marigot.
Quand le singe voit un beau fruit dans l’arbre et qu’il ne peut s’en saisir, alors le singe dit que le fruit est pourri
Le boeuf ne se vante pas de sa force devant l’éléphant.
Quand tu marches, le pagne dure; quand tu es assis, le pagne s’use
La banane qui doit mûrir finira bien par mûrir.
Quand on enterre un cadavre, on ne laisse pas ses pieds dehors.
La poule n’a jamais honte de son poulailler.
La chèvre mange là où elle est attachée
Quand les éléphants se battent c’est toujours l’herbe qui est écrasée…
Qui dit bonjour madame, dit au revoir l’argent
Le chien a beau avoir quatre pattes, il ne peut emprunter deux chemins à la fois
Traverse la rivière avant d’insulter le crocodile
Le grillon tient dans le creux de la main, mais on l’entend dans toute la prairie
Le chien perdu n’entend pas le sifflet de son maitre
On n’achète pas un bijou non depouille de son emballage
Celui qui demande qu’on lui répète, n’est pas forcement sourd
Trop de sel gâte la sauce
Quand ça domine ça, le monde devient ça
La main de celui qui demande est toujours en dessous de celle de celui à qui il demande
Le ventre affamé n’a pas d’oreilles
Quand on a rien à dire il vaut mieux se taire
Ce n’est pas parce que c’est dur que l’on ose pas, mais c’est parce que l’on ose pas que c’est dur
C’est en remuant l’herbe que l’on prend des grillons
Lentement se courbe la banane.
Qui avale une noix de coco, fait confiance en son anus.
Quelle que soit la maigreur de l’éléphant, ses couilles remplissent toujours la marmite.
L’oreille n’est jamais plus grande que la tête.
L’éléphant ne peut pas courir et se gratter les fesses en même temps.
On n’écrase pas deux fois les testicules d’un aveugle.
Là où la hache va, c’est pour couper du bois .
On ne peut pas tresser la tête d’un absent.
Le lézard fait beaucoup de pompages , mais il n’a jamais eu des biceps.
La mouche a beau voler, elle ne deviendra jamais un oiseau…
Quand on coupe les oreilles, le cou s’inquiète.
Un tronc d’arbre a beau séjourner dans le fleuve, il ne se transformera jamais en crocodile!
Même si le gnou mange l’herbe, elle continue de pousser.
Les poules ne frayent pas avec les cafards.
Un pet qui se prolonge peut entrainer une vraie chiasse.
Un grain de maïs a toujours tort devant une poule.
Un seul doigt ne peut prendre un caillou
Ne jette pas la provision d’eau de ta jarre parce que la pluie s’annonce.
Qui va travailler pour le chien, devra accepter le plat d’excréments qui lui sera servi.
Le fleuve fait des détours parce que personne ne lui montre le chemin
La route ne donne pas de renseignements au voyageur
Le serpent dit : je grimpe sur un arbre et je n’ai pas de bras
Toi dans la forêt, moi dans la forêt, et tu me demandes où est le soleil ?
Si la personne partie puiser l’eau n’est pas de retour, c’est que les calebasses ne sont pas encore remplies
Quand on n’a qu’une lance, on ne doit pas s’en servir contre un léopard
Le gecko, même gros, n’atteint pas le lézard
une seule main ne suffit pas pour applaudir, il en faut au moins deux.
celui qui mange une noix de coco fait confiance à son anus.
La main ouverte ne donne pas de coups de griffes
Celui qui a mal à la jambe ne danse pas
Si on ne parle pas de toi, tu ne mourras pas
Le petit singe a une longue queue, c’est qu’il l’a reçue de son père et
de sa mère
‘étranger est un abcès, le voisin une verrue
« Celui qui parle, oublie
Une canne est belle dans la main d’un autre
A courir, on ne diminue pas la distance
Là où il y a un vieillard, aucune pirogue ne va à la dérive
Converser, c’est s’enrichir
Une case n’est pas faite pour amasser des marchandises, mais pour y
coucher
Vieille femme, calebasse usée
Cela arrive à tout le monde de s’accroupir »
Le fromager périt des trous d’insectes
On ne prépare pas un séchoir avant d’avoir tué l’éléphant
Alors que ta jambe brûle, tu te demandes d’où vient l’odeur
Avant de médire, tourne-toi pour regarder derrière toi
Celui qui n’a jamais lutté est fort à la lutte
La religion d’un homme est dans son coeur
Le lion en chasse ne rugit pas
Le puissant ne se hâte pas
Le savon ne se lave pas lui même
Ne regarde pas l’endroit où tu es tombé, regarde plutôt l’endroit où tu t’es cogné
Nous ne sommes que deux et tu veux courir au milieu
Quand le chat n’a pas faim, il dit que le derrière de la souris pue!
Si quelqu’un t’a mordu, il t’a rappelé que tu as des dents
Si tu incendies et la brousse et la plaine, où iras tu habiter?
Si tu ne changes pas de place, tu ne peux pas savoir quel endroit est agréable
Tous les blancs ont une montre, mais ils n’ont jamais le temps
Une visite fait toujours plaisir. Si ce n’est à l’arrivée, c’est au départ !
Vache qui court se nourrit peu
Lorsque la chèvre est présente, il est inutile de bêler à sa place
si tu incendies et la brousse et la plaine où iras-tu habiter
Les mains qui donnent se croisent.
Les grains de sorgho cuits, là où on s’entend bien, se mangent avec une épine
Celui qui a un gros ventre n’a pas d’amis.
Quand on est en paix, la serpette sert de rasoir
L’oeil du maître engraisse le cheval.
Il vaut mieux aller à la rencontre du roi que de l’accompagner.
On ne frappe pas un chien dans les jambes de son maître.
L’avare gratte la pierre avec les ongles.
Le crocodile sort du fleuve et lèche la rosée.
Ceux qui ont des dents rient
Là où on trouve du son, les oiseaux ne manquent pas.
On conserve une motte de beurre quand on en a une autre.
Le roi d’un homme, c’est son âme.
L’éléphant ne se fatigue pas de sa trompe.
Le chat sauvage, en imitant l’éléphant, se déchire l’anus.
Dieu s’appuie sur toi-même pour t’aider.
Celui qui reçoit de Dieu présente les deux paumes.
Il ne fait jamais nuit là où l’on s’aime.
Colère de mère ne passe jamais la nuit.
Le corbeau ne réussit pas là où la buse échoue
Le sorgho a beau grandir, il ne dépasse jamais la pointe de l’épi.
L’arbre coupé est tout entier exposé au soleil
Il faut protéger la peau du lion contre les rats
Le ver de terre, à force de se traîner, arrive au marigot.
Sur l’oeil, on se gratte doucement.
Celui qui cuit des haricots n’écarquille pas les yeux.
La parole qui sort de la bouche, passe vite les montagnes.
Ce que tu as dans le coeur se répand sur la langue.
La parole qui est toujours dans la bouche devient de la bave.
La parole de la sagesse sort de la molaire
Quand on est repu, on oubli de fermer la porte.
L’habitude tue la perdrix
Il ne fait pas nuit jusqu’au printemps.
Tous les coqs qui chantent ont d’abord été des oeufs.
L’intelligence d’un seul est un panier percé.
Si tu plantes trop près de la rivière, attends-toi à voir tes champs ravagés par l’hippopotame.
Qui donne au pauvre cause avec lui.
La langue est la civière de son maître.
Ce n’est pas le repos qui réduit la distance, mais la marche.
A force de voyager, on trouve un compagnon.
L’autorité, comme la peau des lions et des léopards, est pleine de trous.
L’autorité échappe comme la queue d’un rat qui reste dans les mains.
Quand un chef boîte, tous les sujets boitent derrière lui.
Le singe que le vent a fait choir, se tient mieux aux branches.
On n’apprend pas à nager à un poisson.
Le remède du froid, c’est le feu; le remède de la tristesse, c’est la bonté.
La case de celui qu’on aime n’est jamais loin.
L’épervier mort, les poules reprennent leurs caquets.
Si tu veux te plaindre d’un chef, attends d’avoir franchi la frontière de son territoire.
L’amitié est une trace qui disparaît dans le sable si on ne la refait pas sans cesse.
Les vaches se lèchent parce qu’elles se connaissent.
La houe qui sarcle l’amitié, c’est le pied
L’oeil de celui qui t’aime te pleure même s’il est crevé.
Celui qui a du bien ne manque pas de celui des autres.
Si tu frappes le chien, tu frappes le maître.
Le roi chéri de l’homme c’est son coeur.
L’oiseau qui ne vole pas ne sait pas où l’éleusine est mûre.
Ceux qui tiennent conseil, Dieu va les rejoindre.
Le précipice de Dieu vaut mieux que la plaine de notre oeil.
Si tu pries Dieu en restant près de l’âtre, il te couvre de cendres
Même si Dieu veille sur ton troupeau, aie soin de le confier à un berger.
Le petit aigle huppé naît avec une huppe.
Si tu y mets le temps, tu cuits un éléphant dans un pot.
L’aube se cherche de quoi manger
Ce qui réjouit la femme qui écrase le sorgho se trouve sous le galet qui broie.
Les pieds se précèdent pour avancer.
Sarcle tous les sorghos, tu ignores celui qui mûrira et celui qui restera stérile.
Qui a sagesse dépasse qui a savoir.
La hache abat, la serpette taille
L’homme, c’est la réciprocité.
Pas de crêtes sans vent
Les défauts ne partent pas en voyage, on les laisse chez soi.
Les gens de demain comptent sur les choses de demain.
L’oiseau chante la louange de l’endroit où il a passé la saison chaude.
Quand le chat est repu, il dit que le derrière de la souris pue.
La méchanceté est un lion qui se jette d’abord sur son maître.
Le querelleur est comme le départ du borgne dans la nuit.
Le vent fait entrer dans le trou ce qu’il ne pourra plus en faire sortir
Si longue que soit la nuit, le jour viendra.
Si la parole est malade, que les oreilles soient bien portantes
Poussière aux pieds vaut mieux que poussière au derrière.
L’initiation commence dans le parc et finit dans la tombe.
Dieu a autre chose que du feuillage pour faire cuire avec le couscous.
Les hautes herbes peuvent avaler les pintades mais elles ne peuvent pas étouffer leur cri
Tout ce qui arrive dans le haut pays sera connu dans la vallée.
Si un poisson a goûté du miel, c’est que la ménagère en avait laissé dans les calebasses
Le cadeau n’a pas de côté ( l’amitié est réciproque ).
Entre l’igname et la pelure, il n’y a pas de frontière.
Celui qui te donne du poisson à la saison des hautes eaux
L’épaule ne dépasse pas la tête.
Quand l’escargot rampe il entraîne avec lui sa coquille.
Le chemin à travers la forêt n’est long que si l’on n’aime pas la personne que l’on va visiter.
Ceux qui s’aiment se reconnaissent toujours au coup d’oeil.
Si l’amour était comme un bébé on le prendrait sur les genoux.
La souche d’un jeune palmier ne porte pas encore de barbe.
On ne devient pas grand en s’étirant.
Dire au feu, n’incendie pas la case.
Si l’on coupe du bois dans la forêt, l’écho le répète.
Plutôt que de regarder derrière l’arbre abattu, cueille les champignons.
La sagesse n’a pas qu’une seule maison.
Le malheur n’a pas de rendez-vous.
Une vieille ne court que si une chèvre mange son paquet.
Le singe ne manque jamais le chemin
Qui remet à demain, trouvera un malheur en chemin.
Si celui qui a glané des haricots dans un champ peut faire de gros pets, à plus forte raison, le maître du champ.
Le mil séparé de l’épi n’accepte pas d’être mis en gerbe.
Si une aiguille est tombée dans un puits, ceux qui regardent le fond sont plus nombreux que ceux qui descendent.
Une parole est comme l’eau qui coule, elle ne se ramasse pas avec les doigts.
Celui qui veut le charbon supporte la fumée.
Celui qui est impatient d’avoir un enfant épouse un femme enceinte.
L’enfant ne revient pas, il vient
Celui qui est de haute taille ne se dresse pas sur la pointe des pieds en allongeant les bras.
Les vérités sont comme les tâches de la pintade
Une parole, mûrie dans le ventre, on trouve qu’elle est grasse quand elle sort.
Les souris de l’avare sont plus grasses que lui.
Si tu veux donner la royauté à l’hyne, permets à ceux qui la connaissent de s’éloigner d’elle.
Si le petit coq abandonne le chemin de ses pères, les pousses de chiendent lui percent la poitrine.
Un seul âne a mangé de la farine et tous en ont le museau blanchi.
Si quelque chose ne passe pas à travers les fines mailles du filet, dits-toi que l’aiguille qui les a crochetées y a passé.
Celui qui est plus habile que toi t’achète pour un chien.
Si bien aiguisé que soit un couteau, il ne racle pas son propre manche.
La parole de l’homme puissant est vérité.
Plutôt que d’allumer une lampe pour un aveugle, mets le beurre de karité dans les haricots
Dieu est le pourvoyeur du vautour aveugle.
Si la vieillesse empêche le chasseur de chasser, il ne lui reste plus qu’à parler de ses exploits passés.
Le mensonge, en route depuis dix ans, la vérité le rejoint en une matinée de marche.
L’herbe sèche fait brûler l’herbe humide
Se mettre en travers du soleil ne l’empêche pas d’aller se coucher.
On ne peut arrêter la mer avec les bras.
Si l’impatience et la précipitation font ensembles des enfants, le repentir trouvera parmi eux un homonyme.
Le remède de l’homme, c’est l’homme.
L’individu disparaît, la famille continue.
L’homme meurt, son nom demeure.
Ne vous allongez pas en boa, contentez-vous d’être vipère.
Ce n’est pas la couleur qui fait la noix de palme.
C’est le tuteur de l’héritier qui connaît la valeur de l’héritage.
Il n’y a pas de cachette à la surface de l’eau.
Quand le léopard s’en va, les chacals élèvent la voix.
Le lion mort, c’est la fête des léopards.
Le chef de village doit ignorer les histoires de revenants.
Ton père a vu les fourmis avant toi.
L’éducation de l’honnête homme commence quand il n’a qu’un petit chiffon pour pagne.
Si le ventre a de quoi manger, c’est que les pieds ont bougé.
Vienne le temps de la moisson, le paresseux commence à réfléchir.
Quand tu fais des folies, n’oublie pas la présence du gouffre.
Si le léopard mange des feuilles, c’est que vraiment il n’y a pas de gibier.
L’égalité n’est pas agréable, la supériorité est encore plus pénible.
Quand on est noyau, il faut s’attendre à être écrasé sous la pierre.
Si l’herbe a bougé, c’est que quelque chose l’a frôlée.
Tu vas à la fête le pied léger, tu en reviens le pas lourd.
Le cancrelat te dévore en soufflant sur ta plaie
Seules les leçons apprises dans la douleur ne s’oublient jamais.
Il n’y a pas d’eau pour éteindre le foyer de la colère.
Pour mener à bonne fin la construction de ta maison, refuse toute autre occupation.
Mieux vaut aujourd’hui un caleçon que demain un pantalon.
Celui qui se donne la peine de se courber ne se relève pas avec rien.
On n’apprend pas son chemin au vieux gorille.
La langue est comme la cuiller à pot: on s’en sert pour lier les sauces et pour frapper les chiens.
L’oiseau qui n’a jamais quitté son tronc d’arbre ne peut savoir qu’ailleurs il y a du millet.
Si tu veux du manioc, ne regarde pas le sommet de l’arbre.
Les papillons sucent les cannes à sucre et fuient le piment.
La vie est lente à venir, la mort est soudaine.
Si vous aimez le chien, il faut bien supporter ses puces.
Les dents de lait tombent, l’enfance demeure.
Tous ceux qui errent ne sont pas perdus…
Les champignons ne poussent pas aussitôt l’arbre tombé.
Avoir vu une forêt, ce n’est pas l’avoir pénétrée.
Un homme sage, c’est une calebasse pleine.
L’homme peut se tromper sur sa part de nourriture, il ne peut se tromper sur sa part de parole.
L’hyène à beau prier jour et nuit, les chevrettes ne s’y fient pas pour autant.
Le taret perce l’aloé ( l’aloé est un bois très dur ).
Le gecko, même gros, n’atteint pas le lézard.
Si tu as allumé le feu dans la brousse, ne t’étonne pas si les éperviers viennent
Si tu as une plaie à la tête, ne transporte pas de l’eau salée.
Le zèbre ne se défait pas de ses zébrures l’écorce d’un arbre n’adhère pas à un autre arbre.
La vie est une branche de palmier que les vents inclinent à leur gré.
Les Fang ont été présentés en rubrique « prière Fang ».
Celui qui ne cherche pas de quoi vivre meurt sans maladie.
Si l’eau te manque pour te baigner, lave-toi la figure.
Les yeux du chef ne mangent pas les hommes.
Le rônier ne parle pas sans cause
Tous ceux qui errent ne sont pas perdus…
Quand le dos te démange, ne te gratte pas la poitrine.
Grand trône n’est pas grand roi.
C’est au bout de la vieille corde qu’on tisse la nouvelle.
Quand la bouche est pleine, la barbe reçoit des miettes.
La barbe ne conte pas de vieilles histoires aux cils.
C’est avec l’eau du corps qu’on tire celle du puits.
L’homme sincère achète un cheval avant de dire la vérité.
Le mensonge peut courir un an, en un jour la vérité le rattrape.

Si vous en connaissez d’autres, n’hésitez pas à me les communiquer, je les ajouterai!

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18 septembre, 2011

Christianisme et sciences occultes article de Père Dominique Auzenet recteur de la basilique Notre-Dame du Chêne, 72300 Vion

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1. Un chrétien peut-il avoir recours aux pratiques occultes ?

Peut-on être chrétien et pratiquer les sciences occultes?

1.1 Qu’est-ce donc que l’occultisme ?

L’occultisme se présente comme
- une recherche de connaissance portant sur l’avenir, l’inconnu, ou l’au-delà,
par des moyens non scientifiques, et souvent magiques,
en vue d’une main – mise sur le destin ;
- une recherche de puissance magique pour agir contre la maladie ou un mal,
ou bien pour faire du mal à d’autres.

Le domaine de l’occultisme comprends
Peut-on être chrétien et pratiquer les sciences occultes?

* La divination: cartomancie, chiromancie, radiesthésie (psychique, spirite), astrologie .
Peut-on être chrétien et pratiquer les sciences occultes?
* Le spiritisme, la médiumnité, la recherche de contact avec les morts, ou les esprits.
Peut-on être chrétien et pratiquer les sciences occultes?
* Certains aspects de la parapsychologie (clairvoyance, précognition, psychokinésie).

* La magie blanche, les guérisseurs : conjuration magique des maladies, magnétisme guérisseur.

* La magie noire, le satanisme.
Peut-on être chrétien et pratiquer les sciences occultes?
Le mot « occulte » vient du latin « occultus » dont le sens est: caché, dissimulé, mystérieux, secret…
On appelle « sciences occultes » des « doctrines et pratiques secrètes qui font intervenir des forces qui ne sont reconnues ni par la science, ni par la religion, et requérant une initiation » (Dict. Petit Robert).
L’occultisme prétend nous faire connaître ce que la science authentique ne peut atteindre, et ce que la révélation divine laisse dans l’ombre. Il conduit à entrer en connivence avec des forces cachées, sans se soucier de savoir si ces forces ne sont pas mauvaises.

1.2 Quels sont les deux moyens essentiels utilisés dans l’occultisme ?

* LA MAGIE.
La magie blanche consiste à invoquer Dieu, la Trinité, les Saints, et à prétendre s’approprier la puissance divine.

La magie noire consiste à invoquer Satan, pour demander ce qui semble un bien
pour soi, ou pour faire du mal à d’autres.

Les pratiques magiques recherchent la guérison, la préservation de difficultés, la puissance, la réussite…
Le rite magique est souvent composé d’une invocation, d’une formule, et éventuellement d’un geste symbolique.

À la lumière de la Bible, toute magie est une « abomination ». Évidemment, prétendre asservir la puissance divine à ses fins personnelles est une illusion. La puissance ainsi mise en oeuvre, quel que soit le type de magie, ne vient jamais de Dieu.

* LES CAPACITÉS « MÉDIUMNIQUES », permettent un accès au subconscient
et même à l’inconscient des personnes, et donc une manipulation du
psychisme des autres.
L’apparition des capacités médiumniques provient souvent de démarches occultes magiques antécédentes, subies ou recherchées, par soi-même ou dans la famille proche. Il est vrai que certaines personnes semblent être « nées comme ça ». Encore faudrait il vérifier s’il n’y avait pas de pratiques occultes chez leurs parents,
grands parents, arrières grands parents, ce qui est souvent le cas…
Peut-on être chrétien et pratiquer les sciences occultes?

1la magie, la médiumnité, deux moyens essentiels :

1.3 Le chrétien peut-il utiliser l’occultisme ?

Non. Utiliser les puissances occultes est directement contraire à l’attitude de foi aimante et confiante en Jésus et en Dieu Père, et finit par en détourner. Voici quelques attitudes directement contraires à cet abandon confiant à l’amour de Dieu :

- la réduction de la prière à une invocation d’une efficacité immédiate,
- l’automatisme du soulagement organique obtenu,
- la recherche d’une efficacité à tout prix pour contrer une difficulté,
- le désir de savoir à l’avance…
- le refus d’assumer la souffrance en union avec la croix de Jésus.
- le fait de vouloir se rendre totalement maître de son destin, de sa
vie, de son avenir,
- le fait de se mettre naïvement à disposition de forces dont on ignore
la provenance.
Le chrétien doit éviter de demander les services de personnes ayant des pouvoirs occultes. Il doit aussi chercher les raisons qui l’amènent à ne pas prendre ses
responsabilités humaines et chrétiennes, pour s’en remettre à des gens pratiquant l’occultisme. Par ailleurs, le chrétien doit être au clair sur la nature des forces mises en oeuvre : elles ne viennent jamais du Dieu de Jésus-Christ.

1.4 Voici ce qu’on lit dans la Bible
Peut-on être chrétien et pratiquer les sciences occultes?

Deux textes majeurs :
« Lorsque tu seras entré dans le pays que Yahvé ton Dieu te donne, tu n’apprendras pas à commettre les mêmes abominations que ces nations-là. On ne trouvera chez toi personne qui fasse passer au feu son fils ou sa fille, qui pratique divination, incantation, mantique ou magie, personne qui use des charmes, qui interroge les spectres ou les esprits, qui invoque les morts. Car quiconque fait ces choses est en abomination à Yahvé ton Dieu, et c’est à cause de ces abominations que Yahvé ton
Dieu chasse ces nations devant toi. Tu seras parfaitement fidèle à Yahvé ton
Dieu » (Deutéronome 18,10-15).

« Ce n’est pas en me disant: « Seigneur, Seigneur », qu’on entrera dans le
Royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est dans
les cieux.
Beaucoup me diront en ce jour-là: « Seigneur, Seigneur, n’est-ce pas
en ton nom que nous avons prophétisé? en ton nom que nous avons chassé les
démons? en ton nom que nous avons fait bien des miracles? ». Alors je leur
dirai en face: « Jamais je ne vous ai connus; écartez-vous de moi vous qui
commettez l’iniquité » (Mt 7,21-23).
D’autres textes : Exode 22,17; Lévitique 20,6.27; Lévitique 19,31; 1
Samuel 28,3-5 ; Actes 16,16-18 ; Actes 19,19-20.

1.5 Voici ce qu’en dit le Catéchisme de l’Église catholique…

« Dieu peut révéler l’avenir à ses prophètes ou à d’autres saints. Cependant l’attitude chrétienne juste consiste à s’en remettre avec confiance entre les mains de la Providence pour ce qui concerne le futur et à abandonner toute curiosité malsaine à ce propos. L’imprévoyance peut constituer un manque de responsabilité.
2 des attitudes en contradiction avec la foi chrétienne
«quiconque fait ces choses est en abomination à Yahvé ton Dieu»

Toutes les formes de divination sont à rejeter: recours à Satan ou aux démons, évocation des morts ou d’autres pratiques supposées à tort « dévoiler » l’avenir.
La consultation des horoscopes, l’astrologie, la chiromancie, l’interprétation des présages et des sorts, les phénomènes de voyance, le recours aux médiums recèlent une volonté de puissance sur le temps, sur l’histoire et finalement sur les hommes
en même temps qu’un désir de se concilier les puissances cachées. Elles sont en contradiction avecl’honneur et le respect, mêlé de crainte aimante, que nous devons à Dieu seul.

Toutes les pratiques de magie ou de sorcellerie, par lesquelles on prétend domestiquer les puissances occultes pour les mettre à son service et obtenir un pouvoir surnaturel sur le prochain – fût-ce pour lui procurer la santé, sont gravement contraires à la vertu de religion. Ces pratiques sont plus condamnables
encore quand elles s’accompagnent d’une intention de nuire à autrui et qu’elles recourent à l’intervention des démons. Le port des amulettes est lui aussi répréhensible. Le spiritisme implique souvent des pratiques divinatoires ou magiques.

Aussi l’Église avertit-elle les fidèles de s’en garder. Le recours aux médecines dites traditionnelles ne légitime ni l’invocation des puissances mauvaises, ni l’exploitation de la crédulité d’autrui » (n° 2115-2118).

1.6 Les pratiques occultes peuvent avoir des effets nocifs graves.

Chez quelqu’un qui pratique l’occultisme, on peut trouver les symptômes suivants. Mais ces symptômes ne signifient pas à eux tous seuls que la personne s’adonne à ces pratiques. D’autres causes, médicales ou psychiatriques, peuvent en être à l’origine.

* Au plan PSYCHIQUE:

- le caractère : insensibilité, égoïsme, isolement sur soi ;
- les passions: humeur querelleuse et colérique, sexualité exacerbée et anormale, tendance aux actes de violence et au crime ;
- les troubles psychologiques et psychiques: « dépendance » de plus
en plus grande, fuite des responsabilités concrètes, mélancolie,
obsession, idées de suicide, crises d’angoisse.

* Et surtout s’ils sont associés, au plan SPIRITUEL, à:
- la disparition de la prière et de la pratique sacramentelle ;
- l’incrédulité vis-à-vis de la Parole de Dieu et de l’Église ;
- l’agnosticisme ou athéisme déclarés et endurcis ;
- les pensées blasphématoires…

L’atteinte occulte ou « lien » occulte (un secteur de notre liberté intérieure est lié, parasité) comporte bien des degrés différents.
Cela dépend de la fréquence et de l’intensité avec laquelle on se plonge dans ce
milieu; du pouvoir réel mis en oeuvre ; de la distinction entre le fait qu’on est demandeur ou bien pratiquant effectif. Il faut éviter de tomber dans deux extrêmes: soit crier à la possession démoniaque, soit minimiser totalement l’effet destructeur des pratiques occultes sur l’équilibre psychique et spirituel.

3 les effets nocifs graves de l’occultisme

1.7 Que faut-il faire pour en être libéré(e) ?
Les « liens » spirituels peuvent demeurer longtemps insoupçonnés.
Lorsqu’ils sont discernés et identifiés…
1 – il faut, bien sûr, que la personne désire être libérée de ces liens.
2 – il faut ensuite demander la prière de libération des liens occultes,
surtout à un prêtre ayant ce ministère, sinon à personnes qui vivent ce
ministère de prière de libération en lien avec un prêtre (elles sont alors
clairement identifiées dans l’Église).
3 – il faut encore renoncer, dans l’avenir, à tout autre pratique occulte,
et que la personne se débarrasse de tout « matériel » occulte en sa
possession: livres, pendule, etc.
4 – il faut enfin qu’elle se repente, qu’elle demande pardon à Dieu pour
ces pratiques occultes (même si elle n’était pas consciente de faire le mal); le sacrement de réconciliation,chaque fois qu’il est possible, est souhaitable.
Peut-on être chrétien et pratiquer les sciences occultes?

1.8 De la simple superstition… aux pratiques sataniques…

Toutes les pratiques ne sont pas forcément occultes. Mais certaines le sont grandement. C’est pourquoi il est nécessaire de s’informer, de se former, pour mieux comprendre. Ces quelques pages veulent aider à ce discernement, à cette information, et aussi à des mises en garde…

* À un bout de la chaîne, la superstition est une attitude de crédulité qui consiste à croire n’importe quoi, sans aucun esprit critique. Il en va ainsi de l’astrologie: l’influence prétendue des astres sur notre vie quotidienne…
Cette attitude de superstition peut aussi jouer dans la recherche de la guérison ou
de la suppression de la douleur à tout prix, en acceptant n’importe quel « gri-gri » ou pratique « de guérison » …

* À l’autre bout de la chaîne, l’utilisation de la magie blanche et de la magie noire entremêlées finissent par plonger des familles entières dans un cercle vicieux d’angoisse, de certitude qu’on leur veut du mal…

Après avoir consulté des voyants ou des conjurateurs (magie blanche), on finit par aller voir des « désenvoûteurs », c’est-à-dire des personnes agissant par la magie noire, pour « enlever le mal »

ou demander une « protection » du mal… Faut-il préciser que ces personnes qu’on fait venir, et qui prennent un bon prix, n’ont rien de chrétien, ne sont pas envoyées par l’Église, et n’ont pas le ministère d’exorciste.

Seul l’Évêque d’un diocèse peut donner ce ministère, et seulement à des prêtres…
Essayons donc de sortir de la confusion ambiante dans les quelques pages qui suivent.

1.9 Quelques livres sur ce sujet.

* Les livres du P. Jean Vernette, Peut-on communiquer avec l’au-delà ? Ed. du Centurion, coll. « C’est-à-dire », 1990 ; Peut-on
prédire l’avenir ? Ed. du Centurion, coll. « C’est-à-dire », 1989 ; Les mystères de l’Occulte et de l’Étrange, Presses de la
Renaissance, 1998.
* Les livrets publiés aux Ed. des Béatitudes : Radiesthésie, magnétisme et vie chrétienne, oui ou non? ; Astrologie et vie chrétien
ne; Parapsychologie et vie chrétienne; Yoga, Zen, Méditation Transcendantale et vie chrétienne.
* « Mais délivre-nous du Mal », approche pratique de la délivrance, synthèse présentée par le Dr Madre, Ed. Pneumathèque et
Béatitudes, 1979…
* Alec Mellor, Catholiques d’aujourd’hui et sciences occultes, Ed. SOS, 1979.
* Kurt Koch, Occultisme et cure d’âme, Ed. Emmaüs et Ligue pour la lecture de la Bible, 1972.
* Michelle d’Astier de la Vigerie, Occultisme: la spiritualité qui tue ! RDF Éditions.
* Carlos Aldunate, Les phénomènes paranormaux, regard chrétien, Ed. Fidélité, 1993.
* Charles Delhez, Nouvel Age et nouvelles religiosités, regard chrétien, Ed. Fidélité (diff. Mediaspaul), 1994.
* Cahiers du Renouveau « Il est Vivant » n° 125 (juin 96) N’ayez pas peur ! (Paranormal, parapsychologie, sorcellerie, démonologie,
magie).
* La Documentation Catholique n° 2104 (20/11/94) Lettre pastorale de la Conférence des Évêques de Toscane.
* La Documentation Catholique n° 2122 (17/9/95) Note pastorale de la Conférence épiscopale de Campanie.
* Bénédict Héron, Jésus est le plus fort. Les voies du combat spirituel, Téqui, 2000.
* Georges Morand, Faut-il encore exorciser aujourd’hui ? Fayard, 2000.

4 le chemin de la libération des liens occultes

2. Les personnes qui « touchent » guérisseurs, toucheurs, magnétiseurs, conjurateurs
ont-elles reçu un don de guérison?

2.1 Les guérisseurs
2.1.1 Toutes sortes de « guérisseurs »
Des personnes font disparaître la douleur – des brûlures, de l’apparition des dents chez le nourrisson,
du zona, etc.- d’une façon quasi instantanée. Mais non la cause de cette douleur, qui demande généralement à être soignée. On les appelle les « guérisseurs ».

Ce sont souvent des personnes de bonne foi, qui sont croyantes. Elles prient, et font prier les autres.

Dans leur maison, on trouve généralement beaucoup de signes religieux (statues de la Vierge, crucifix, images pieuses, bougies, photo du Pape, etc.).
Peut-on être chrétien et pratiquer les sciences occultes?
Certaines font cela de temps en temps, avec le désir de rendre service, dans un cercle restreint (famille et voisins).

D’autres y ajoutent l’intérêt pour votre porte-monnaie, et cherchent aussi à établir une
véritable domination en mettant les personnes en dépendance…

2.1.2 Les « prières »

Elles agissent à partir de ce qu’elles appellent des « prières ». Le problème est que ces prières peuvent être, en fait, des prières « magiques »: on considère qu’elles produisent un effet précis.
Ou encore, et c’est le cas le plus fréquent, ces personnes possèdent une ou plusieurs véritables formules magiques qu’elles ont reçues dans leur famille, ou de quelqu’un d’autre. Ces formules contiennent le nom d’un saint, souvent de Judas.

Les guérisseurs les « marmonnent  » à voix basse, pour qu’on ne comprenne pas, et
que la chose puisse rester en leur possession. À ces prières, certains ajoutent
des signes de croix, des impositions de mains, des prières à dire chez
soi…
Quelquefois, malheureusement, des prêtres se livrent à ce genre de
pratiques. Cela peut être mélangé avec la radiesthésie (pendule) et l’utilisation
du magnétisme… ou présenté comme une technique, comme le
« reiki »…

2.1.3 Leur efficacité

Il y a bien sûr des charlatans, qui ne s’intéressent qu’à l’argent. Cependant, après une visite chez un guérisseur qui agit avec succès dans un domaine précis: « conjurer les brûlures », ou « couper le feu » des zonas, ou arrêter les hémorragies, ou faire disparaître les verrues, ou supprimer la douleur provoquée chez les nourrissons par la sortie des dents… (on pourrait allonger la liste), il est fréquent de constater
qu’il s’est passé quelque chose. Au minimum la suppression de la douleur. C’est la raison pour laquelle on retourne les voir, en cas de besoin.

2.1.4 S’agit-il d’un « pouvoir de guérison » qui viendrait de Dieu ?

- Il ne s’agit pas d’une guérison, mais de la disparition de symptômes organiques. Au prix de conséquences
se situant à d’autres niveaux, psychiques et spirituel, comme on peut le constater ensuite …
- Il ne s’agit pas d’une guérison d’origine divine. Jamais la guérison divine n’a cet automatisme; elle n’est pas soumise à la volonté de l’homme, mais, au contraire, soumise à la volonté de Dieu.

5 des formules magiques marmonnées

- Il s’agit de la conjuration magique des maladies, opérée par magie blanche. Il y a donc une très grande confusion, qui est souvent entretenue volontairement.

2.1.5 Qu’est-ce que la magie blanche ?

La magie blanche consiste à invoquer Dieu, la Trinité, les Saints, et à prétendre s’approprier la puissance divine. (La magie noire, elle, consiste à
invoquer Satan, pour demander ce qui semble un bien pour soi, ou pour
faire du mal à d’autres).

Les pratiques magiques recherchent la guérison, la préservation de difficultés,
la puissance, la réussite…

Le rite magique est souvent composé d’une
invocation, d’une formule, et éventuellement d’un geste symbolique. C’est
une forme du péché d’idolâtrie dénoncé dans la Bible.

2.1.6 Et les magnétiseurs ?

Il est difficile de parler du « magnétisme », parce qu’il demeure mal cerné scientifiquement. Sommesnous
réduits à faire appel à l’existence d’énergies vitales mal connues? On peut d’abord constater que
les magnétiseurs affirment avec insistance que 3 ou 4 séances par jour épuisent leur puissance magnétique.
Ce qui permet de penser que dans bien des cas de salles d’attente qui ne désemplissent pas, le magnétisme est complété par des pratiques occultes: le magnétiseur fait aussi de la divination et de la magie.

Dans le même sens, on constate que le magnétisme guérisseur semble émerger particulièrement chez des personnes qui sont allées voir des guérisseurs, et donc qui ont subi l’influence de la magie blanche…

Par ailleurs, les personnes qui vont voir des magnétiseurs observent souvent sur elles-mêmes des conséquences graves: dépendance du magnétiseur, angoisse, cauchemars…
Je n’hésite pas à parler,pour les avoir constatés, de véritables ravages accomplis par les magnétiseurs…
Peut-on être chrétien et pratiquer les sciences occultes?

2.1.7 Quelles peuvent être les conséquences ?

L’atteinte occulte ou « lien » occulte (un secteur de notre liberté intérieure est lié, parasité) comporte bien des degrés différents, et il est difficile d’en parler en donnant un contour précis. Cela dépend de la fréquence avec laquelle la magie a été employée; de la distinction entre le fait qu’on est demandeur ou pratiquant effectif. Cela peut se traduire par des déséquilibre spsychiques, des fermetures du coeur à tout ce qui est religieux (voir ce qui a été dit plus haut).

Les cas les plus graves concernent les familles où les
pratiques magiques se sont transmises sur plusieurs générations, et où
l’on va de difficultés en drames et en catastrophes. Certaines personnes
peuvent ainsi être l’objet de véritables attaques démoniaques.
« Dans 90 % des cas au moins, la réalité des attaques démoniaques est en relation avec des contacts plus ou moins suivis avec les pratiques de l’occultisme et de la
sorcellerie » (G. Morand, Faut-il… p. 211).

Comme cela a déjà été dit plus haut, lorsque les « liens occultes » sont discernés et identifiés, il faut d’abord demander une prière de libération de l’emprise magique quand il y en a une. Il faut ensuite confesser le péché, l’infidélité à Dieu, que représente le fait d’avoir recouru à la magie, même si l’on n’en savait pas la portée.

6
2.2 Le don de prière pour les malades existe dans l’Église et n’a rien à voir avec la magie

La confusion est grande entre l’action des guérisseurs et l’oeuvre de guérison accomplie par Jésusdans l’Église. C’est pourquoi il est important de proposer quelques balises, pour mieux éclairer les différences entre les pratiques de magie blanche et la vraie guérison divine.

2.2.1 Le don de prière pour les malades n’est pas d’abord centré sur la santé des
personnes, mais il accompagne la prédication de l’Évangile
Peut-on être chrétien et pratiquer les sciences occultes?

À la fin de l’Évangile selon saint Marc, Jésus ressuscité envoie ses apôtres
en mission : « Allez dans le monde entier, proclamez l’Évangile à toute la création.
Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé; celui qui ne croira pas sera condamné. Et
voici les signes qui accompagneront ceux qui auront cru: en mon nom, ils chasseront
les démons, ils parleront en langues nouvelles, ils saisiront des serpents, et s’ils
boivent quelque poison mortel, il ne leur fera pas de mal; ils imposeront les mains aux
malades et ceux-ci seront guéris » (Mc 16,15-18).

Jésus ordonne d’abord de proclamer la Parole; puis il invite à imposer les
mains aux malades pour qu’ils soient guéris.
Les « signes » accompagnent donc l’annonce de l’Évangile. Ils n’existent pas seuls, mais lorsque l’on proclame le salut en Jésus-Christ.

2.2.2 Il est au service de la communauté chrétienne.

Le don de prière pour la guérison des malades est pour le bien commun. Il ne s’agit pas d’un pouvoir personnel. Celui qui reçoit le don n’est qu’un instrument. Il doit rester très humble, et rendre à Dieu la gloire qui lui revient. De notre côté, il est dangereux de regarder celui qui a reçu ce don de prière comme quelqu’un qui « possède » un pouvoir merveilleux, et d’oublier ainsi de regarder Jésus qui accorde
le don.
Lui seul guérit.

Si ce don est mis au service de la communauté, c’est un don précieux. Il accroît la foi de la communauté, il réveille ceux qui dorment (!), il revitalise le ministère d’évangélisation, montrant Jésus vivant au milieu de nous.

2.2.3 Il n’a rien d’automatique…

et nous laisse désarmés face au mystère de Dieu.
Certaines personnes, qui apparemment ont une grande foi, et même semblent mériter la guérison, ne sont pas guéries. Au contraire, parfois sont guéries des personnes auxquelles on n’aurait jamais pensé…Dieu est un Père plein de bonté. Il compatit à la douleur de ses enfants.

C’est pourquoi il guérit des malades. Mais nous demeurons face au
mystère de l’amour de Dieu et de son plan pour chaque personne. Il est
vrai qu’il n’en guérit que quelques-uns… Mais il offre à tous la guérison
définitive: la vie éternelle, où il n’y aura plus ni maladie, ni deuil, ni
pleurs. Nous recevons gratuitement la guérison, mais qui sommes-nous
pour demander à Dieu: pourquoi guéris-tu untel et pas untel? On n’est
pas guéri parce qu’on le mérite, c’est un pur don de Dieu.

Jésus n’a jamais dit que tous les malades seraient guéris, mais qu’il
nous donnerait des signes pour l’évangélisation. Les guérisons sont des
signes qui accompagnent l’annonce de l’Évangile, mais il n’est pas nécessaire
que tous soient guéris pour qu’on croie à la Parole de Dieu.

7 s’il y a effet automatique,
on n’est plus
dans la
prière, mais
dans la magie
le chrétien
ne possède
pas de
«pouvoirs»

2.2.4
Il est s’exerce souvent au cours d’une célébration communautaire de prière
Celui ou celle qui a reçu le charisme de prière pour la guérison des
malades n’est pas un guérisseur. Il prie pour les malades, et Jésus guérit
ceux qu’il veut.
Le plus souvent, cette prière se déroule publiquement, au cours d’une assemblée de prière ou après la célébration de l’Eucharistie. La place de la communauté, de l’Église, est importante.

C’est à l’Église, à travers l’un de ses membres, qu’est donné le charisme
de guérison; et c’est en Église qu’il s’exerce, et non pas d’abord en privé
et de façon individuelle.

Il faut ajouter que la guérison divine peut être reçue aussi à travers le
s a c rement de l’Onction des malades donné par le prêtre à des
personnes malades chez elles, ou au cours de célébrations communautaires de ce sacrement.
Désirer ce sacrement, quand on est gravement malade, c’est désirer s’abandonner à la grâce de Dieu, qui vient
nous fortifier et nous guérir.

2.2.5 Il concerne la personne tout entière, et pas seulement sa santé physique.

Le ministère de guérison ne se réduit pas à la guérison
physique. Il se préoccupe aussi du pardon et de la guérison intérieure.
Si les gens se sentent très loin de Dieu, il faut les aider à
se repentir de leurs péchés.
Souvenons-nous du paralytique à qui les péchés ont d’abord été remis avant qu’il ne soit guéri (voir Mt 9,1-8). Il n’y a donc pas de prière pour la guérison sans évangélisation.

La guérison du paralytique nous rappelle que Jésus a le pouvoir de pardonner les péchés, et par là même d’en détruire les conséquences. À travers les signes comme les guérisons, le Seigneur vient nous manifester sa victoire totale. Il se montre le
Seigneur Vivant aujourd’hui, qui donne la Vie à ceux qui croient
en son nom.

Cette réflexion a pour but de nous aider à « faire le tri ».
Nous vivons une période de grande confusion. Il est bon de discerner
où agit l’Esprit Saint, l’Esprit de Jésus, pour mieux l’accueillir, et
éviter également de nous fourvoyer dans les pratiques magiques. Nous savons ainsi que nous pouvons demander la guérison, mais à Jésus et à travers la prière de son Église.
Peut-on être chrétien et pratiquer les sciences occultes?

8 méfiez-vous des gens qui agissent seuls et chez eux Jésus ne s’occupe
jamais de la santé seule ou de la suppression de la douleur seule,
mais de la personne tout entière et d’abord de sa vie éternelle.

3. La divination spiritisme, voyance, astrologie, pendule, radiesthésie
existe-t-elle ?
3.1 Mon avenir est-il écrit quelque part ?
Non. Je ne suis pas « programmé » à l’avance. Ce que je devrai faire dans deux jours, dans deux mois ou dans deux ans n’est pas prévu en détail au point que quelqu’un puisse en obtenir l’information.

Ma vie se tisse jour après jour, essentiellement au carrefour de l’exercice de
ma liberté, de celle des personnes qui m’entourent, et des circonstances que
la vie me présente.

Certes, l’Amour de Dieu veille sur moi, comme un Père veille sur son enfant
bien-aimé. Mais jamais son amour n’étouffe ma liberté au point de la
contraindre. Dieu a une idée sur ma vie, il a un désir d’amour sur moi. Mais
jamais il ne me force à entrer dedans. Au contraire, je reste libre. Si je devais
dire « oui » à quelque chose qu’il me demande, ou à quelque chose que la vie
m’impose, ce ne pourrait être que, progressivement, du fond de ma liberté
d’homme ou de femme.

L’avenir n’est donc inscrit nulle part. Tout au plus peut-on prévoir que tel ou tel acte entraînera telle ou telle conséquence. À l’échelon d’une vie, d’une famille, d’une société…

Une personne peut-elle connaître l’avenir de quelqu’un d’autre ?
Non, évidemment, puisque cet avenir n’est pas déterminé. Si une personne prétend dévoiler à une autre son avenir, on se trouve donc en face de supercheries, de mensonges, ou de manoeuvres diaboliques…

3.2 Peut-on entrer en contact avec les esprits des morts pour qu’ils nous révèlent des choses sur notre avenir ?

Non. Dans le cadre de la révélation et de la religion chrétiennes, nous n’avons pas de contact direct avec ceux qui sont morts. Les « esprits des morts » ne sont pas en train de rôder ici-bas parce que restés à un état « inférieur ». Ils ne sont pas non plus en train d’attendre une prochaine réincarnation, et disponibles ainsi à notre interpellation.
Peut-on être chrétien et pratiquer les sciences occultes?

Ceux qui meurent entrent dans l’invisible de Dieu, ils voient Jésus et le Père face à face, ils sont en présence de tous les vivants qui nous ont précédés. Mais il n’y a pas de communication physique ou psychique entre le monde invisible et le monde visible. S’il y a communication, elle est spirituelle et passe toujours par Jésus ressuscité.

Ceux qui sont vivants dans l’invisible peuvent prier le Père au nom de Jésus de nous accorder telle ou telle grâce, et ainsi nous l’obtenir. Nombreuses sont probablement les grâces que nous avons reçues ainsi. De même, nous pouvons prier le Père au nom de Jésus pour eux après leur mort (par exemple en offrant le sacrifice de la messe), et leur obtenir ainsi d’être purifiés plus rapidement de toute racine
de péché pour vivre leur éternité totalement dans l’amour de Dieu.

9 mon avenir n’est pas déterminé à l’avance

3.3 La mise en oeuvre de capacités médiumniques
ou de pouvoirs occultes

Certaines personnes sont capables de pénétrer dans le psychisme
des autres, pour y connaître des éléments vécus dans le passé.
En effet, nous gardons tout ce que nous avons vécu en mémoire,
tout à fait en profondeur, dans l’inconscient. Nous pouvons ne
plus nous souvenir de quelque chose, et pourtant en garder
toujours trace en nous.
Une personne ayant des capacités médiumniques pourra « soutirer »
ces renseignements, et nous les redonner avec force détails, ce
qui évidemment nous plongera dans la stupéfaction. Nous nous
sentirons devinés. Et nous aurons tendance à accorder crédit à ce
qui sera dit sur l’avenir.
Quand ces renseignements concernent un
défunt que nous avons bien connu, il est bien facile ensuite de dire
qu’il s’agit de l’esprit d’un mort, et pour nous de croire qu’il s’agit
de notre défunt. En fait, nous aurons simplement subi une investigation psychique.
Peut-on être chrétien et pratiquer les sciences occultes?

On reconnaît les personnes qui ont de véritables capacités médiumniques
au fait qu’elles disent des choses exactes, précise et détaillées
sur le passé des personnes qui viennent les consulter ou qui sont
autour d’elles. Cette investigation psychique est aussi un viol
psychique.
Ce qui laisse toujours des séquelles sur le plan psychique et spirituel.
Car ces capacités médiumniques ne sont pas purement paranormales ;
elles sont d’origine diabolique; elles permettent à ceux qui les acquièrent
de violer la liberté intérieure des personnes; elles sont très
fréquemment le fruit de pratiques occultes antécédentes, de toute
nature.
Les choses qui peuvent être dites concernant l’avenir sont de pures
inventions. Malheureusement, si les personnes qui les disent ont de
véritables pouvoirs occultes, elles peuvent lier spirituellement la liberté
des autres pour que certains événements se produisent. Ce qui,
outre l’angoisse ainsi engendrée, peut amener à de véritables catastrophes.

Car c’est toujours tragique. Ces capacités médiumniques occultes sont souvent mises en oeuvre dans les séances de spiritisme ;
dans les pratiques à base de radiesthésie; dans la voyance sous toutes formes de consultations qu’elle peut revêtir; dans les médecines parallèles…

3.4 Le spiritisme
On pourra se reporter à des études sur le spiritisme, qui résument les « croyances spirites » des personnes pour qui le spiritisme est une conception de l’homme et de la relation au religieux. Mais, aujourd’hui, le contact avec le spiritisme se fait d’abord par la participation à des « séances » avec des amis.

Appeler « les esprits », c’est forcément dangereux. Puisqu’on ne peut pas entrer en contact avec les « esprits des morts », on se trouve donc en face de trois possibilités:

- la supercherie: on veut nous faire croire que ce sont les esprits des
morts qui se manifestent, alors qu’il s’agit d’une mise en scène à
l’intérieur du groupe qui s’est réuni.
- l’action occulte d’un « médium », c’est-à-dire d’un personne qui a
des capacités psychiques mauvaises pour pénétrer dans le
subconscient des autres.
- l’irruption des forces diaboliques: quand on appelle « les esprits », les
démons peuvent évidemment se manifester, puisqu’on s’est
ouvert à cette éventualité. À côté des créatures humaines que
nous sommes, il y a des créatures angéliques, qui sont de purs
esprits. Certains sont « déchus », c’est-à-dire fixés dans le mal à
jamais. Ce sont Satan et les démons.

Seul le premier cas est inoffensif. Les deux autres laissent des traces. Le troisième est carrément dangereux. Si les démons se manifestent, ce peut être très grave pour soi et pour d’autres.

3.5 L’astrologie

L’astrologie n’est pas occulte. C’est une sorte de « météorologie de la destinée », qui voudrait nous faire croire que l’orientation profonde de notre vie dépend de la position des astres au moment de notre
naissance. C’est pourquoi certains se font dresser un horoscope détaillé…
On y risque surtout une dépendance. On ne fait rien sans consulter son horoscope quotidien. On finit
par perdre l’usage normal de la réflexion, et la mise en oeuvre normale de l’esprit d’initiative. On peut
ainsi se plonger dans une paralysie malsaine qui s’enracine dans la peur et l’angoisse. On peut aussi finir par développer un attrait assez fort pour la divination, à partir de supports ésotériques, et tomber dans le domaine occulte.

Porter une médaille avec son signe zodiacal est comme une façon d’afficher extérieurement qu’on croit en la puissance des astres. C’est donc à l’opposé de la foi chrétienne, car il s’agit de croyances païennes. Un vrai chrétien ne devrait jamais porter ce genre de pendentif.

3.6 Et le pendule, la radiesthésie ?

Il est important de situer les différentes formes de radiesthésie.
* Il y a la « radiesthésie magnétique », le fameux réflexe du sourcier.
Le phénomène se trouve probablement déclenché par une
variation du champ magnétique due à une fracture géologique
en profondeur par où l’eau s’infiltre… Mais est-il indemne de
toute ascendance occulte dans la famille ?

* La « téléradiesthésie » ou radiesthésie psychique est loin d’être
exempte d’occultisme. On se sert du pendule pour obtenir toutes
sortes de renseignements sur le passé ou le présent, pourvu que l’on se concentre sur un objet ou une photo; on peut aussi utiliser le pendule pour localiser une maladie ou établir un diagnostic.
Au cours d’une rencontre avec un radiesthésiste, si les renseignements fournis sont parfaitement exacts, il y a intrusion dans le subconscient du consultant grâce à des pouvoirs occultes.

Le pendule n’a aucun pouvoir. Il n’est qu’un support secondaire qui sert à mettre en oeuvre des pratiques divinatoires diverses. Celles-ci peuvent donner lieu à l’exercice des capacités médiumniques.

Il faut conseiller aux chrétiens de ne jamais se servir d’un pendule. Le simple fait de s’amuser en pensant qu’un pendule puisse formuler une réponse positive ou négative à une question précise est non seulement une attitude de crédulité, mais également la porte ouverte au glissement vers une troisième
forme de radiesthésie.

11le danger du spiritisme c’est d’ouvrir directement la porte au démon ne jouez jamais
avec un pendule,n’entrez jamais dans la démarche divinatoire

* La radiesthésie spirite. On cite le nom d’un défunt. Le dialogue se poursuit à l’aide d’une table alphabétique.

Le pendule désigne les lettres dont l’assemblage est censé constituer la réponse du défunt interpellé. C’est une forme de spiritisme. L’application spirite de la radiesthésie manifeste clairement le caractère périlleux et condamnable de la technique « du pendule »…
Peut-on être chrétien et pratiquer les sciences occultes?

3.7 Quelques textes bibliques
* Deutéronome, 18,9-14 : « On ne trouvera chez toi personne qui fasse passer au feu son fils ou sa fille, qui pratique divination, incantation, mantique ou magie. Personne qui use de charmes, qui interroge les spectres et les devins, qui invoque les morts. Car quiconque fait ces choses est en abomination à Yahvé, ton Dieu ».
* Lévitique 20,6-7 : »Celui qui s’adressera aux spectres et aux devins pour se prostituer à leur suite, je me tournerai contre cet homme-là et je le retrancherai du milieu de mon peuple. Vous vous sanctifierez pour être saints, car je suis Yahvé votre Dieu » .

Ces passages de la Bible nous aident à prendre conscience que nous sommes là dans le domaine des idoles. Il faut les quitter pour être fidèles à la sainteté de Dieu.
Les raisons principales pour lesquelles la foi oppose un net refus aux pratiques magiques se résument dans le
fait qu’elles constituent un péché contre la sainteté et le caractère unique de Dieu: ces actes contredisent le premier commandement quant à l’absolue seigneurie de Dieu; ils s’accompagnent de tromperie et de fausseté; ilsfavorisent l’immoralité; ils vident de son contenu la foi chrétienne en la rédemption et le salut opérés par le
Christ.

Les pratiques occultistes, quelle que soit leur forme, sont incompatibles avec la foi chrétienne.
La superstition, la divination, la magie, le satanisme « sont en contradiction avec le respect dû à Dieu seul » et sont objective ment des actes « gravement contraires à la vertu de religion » (C.E.C. 2010-2017).
La magie et la sorcellerie sont, en soi, un péché grave, même si, parfois, interviennent des facteurs subjectifs qui atténuent la responsabilité des personnes.

Elles sont un péché contre Dieu, Créateur et Seigneur de toutes choses, à qui seul appartiennent le passé, le présent et l’avenir: lui seul peut connaître à fond la signification de tous les événements.

A lui appartiennent toutes les choses créées, qui sont toutes bonnes en elles-mêmes parce qu’elles sont l’oeuvre de ses mains, mais aucune d’entre elles ne peut revendiquer pour elle la divinité.
La superstition et la magie méconnaissent la Providence, la bonté de Dieu le Père et l’amour infini par lequel, dans le Christ, nous est révélé tout ce qui est nécessaire à notre salut et à notre bonheur.

Les pratiques magiques et occultistes sont moralement abominables parce qu’elles naissent de la tentative de satisfaire tous les besoins ou caprices humains: de vouloir faire face, toujours et tout de suite, à toutes les crises existentielles; de la volonté de se protéger contre les risques que comporte toujours l’avenir;
de l’excès des désirs matériels et des plaisirs circonscrits dans un horizon purement terrestre (amours aberrants, richesses, santé, longévité et un avenir agréable et sans problèmes).
Elles constituent un péché d’injustice contre la sagesse, la
bonté et la Providence de Dieu.

Mais elles sont aussi une offense grave à la dignité de l’homme lui-même. En effet, le recours aux mages est une abdication de l’homme, un renoncement à sa dignité et à la liberté humaine, un acte de peur devant la vie que, au contraire, nous devons affronter avec courage. La superstition blesse l’homme au plus profond de son être, la signification de sa vie, la dimension authentique de ses actes qui sont humains quand ils sont le fruit de sa liberté et de sa volonté.
Conférence épiscopale de Campanie (2 avril 95)
Documentation Catholique n° 2122, p. 805.

12 La ronde infernale de l’occultisme, guérisseurs, magnétiseurs,désenvoûteurs, voyance,
divination spiritisme radiesthésie pendulemagie…
messages d’alerte
Peut-on être chrétien et pratiquer les sciences occultes?

P. Dominique Auzenet
recteur de la basilique Notre-Dame du Chêne, 72300 Vion

Peut-on être chrétien et pratiquer les sciences occultes?
Le Vendredi 26 Février 2010

5 août, 2011

Le Saint Suaire ou Linceul de Turin étude réalisée par Jean-Michel Maldamé frère dominicain.

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Science et Spiritualité

Etude réalisée par Jean-Michel MALDAMÉ*, dominicain

Le Saint Suaire
ou Linceul de Turin
étude historique, théologique, philosophique et scientifique

Linceul de Turin ou Saint Suaire

* Jean-Michel Maldamé est dominicain, Docteur en théologie, Professeur à la Faculté de Théologie de l’Institut catholique de Toulouse, Doyen émérite de la Faculté de philosophie de l’Institut catholique de Toulouse, enseignant à Domuni et membre de l’Académie pontificale des Sciences.

Version 1.2, du 30.11.2005

Lorsque Thérèse Martin entra au Carmel de Lisieux, elle prit pour nom de religieuse soeur Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face. Si beaucoup relèvent la première partie du nom et célèbrent à son propos l’esprit d’enfance, peu sont attentifs à relever l’importance de la référence à la sainte Face. L’expression s’enracine profondément dans la tradition puisqu’un texte d’Isaïe relève en ces termes l’action de Dieu ; «Ce n’est pas un messager ou un ange, c’est sa Face qui les a sauvés» (Is 63, 9, trad. Bible de Jérusalem). Les chrétiens ont lu ce texte comme une prophétie de la venue dans la chair de Dieu même. En effet Dieu n’a pas envoyé un ange, mais il est venu lui-même en la personne du Fils éternel incarné, Jésus, né de la Vierge Marie. Honorer la sainte Face, c’est donc honorer la présence de Dieu lui-même parmi les hommes. C’est également honorer la manière dont Dieu a agi. Il n’a pas agi avec éclat et force, mais avec tout ce que le visage humain évoque d’attention, de tendresse et de délicatesse. En recevant son nom de religieuse, Thérèse Martin y était attentive, comme en témoignent ses écrits, en particulier sa méditation sur le verset du psaume ; «Seigneur, cachez-nous dans le secret de votre Face !», mêlée de références au Cantique des Cantiques.

«Ô Face adorable de Jésus, seule Beauté qui ravit mon coeur, daigne imprimer en moi ta Divine Ressemblance, afin que tu ne puisses regarder l’âme de ta petite épouse sans te contempler Toi-même.
«Ô mon Bien-Aimé, pour ton amour, j’accepte de ne pas voir ici-bas la douceur de ton Regard, de ne pas sentir l’inexprimable baiser de ta bouche, mais je te supplie de m’embraser de ton amour, afin qu’il me consume rapidement et fasse bientôt paraître devant toi Thérèse de la Sainte Face». (Août 1896)
Thérèse de Lisieux par elle-même, t. I, Paris, Desclée de Brouwer, 1997, p. 63.

Les textes de sainte Thérèse s’inscrivent dans une longue tradition qu’il est nécessaire d’avoir présente à l’esprit pour comprendre les enjeux de la dévotion au Linceul de Turin. Beaucoup ont voulu faire de l’ostension du Linceul de Turin de 1998, l’occasion d’une reconnaissance officielle de l’authenticité de cette relique. Par authenticité, il faut entendre que le Linceul de Turin aurait enveloppé le corps du Christ lors de son ensevelissement. Pourquoi 1998 ? C’était fut le centenaire de la diffusion des premières photos du Linceul qui ont touché largement les milieux chrétiens, puisque l’art du photographe a permis de voir ce qui n’avait pas pu l’être auparavant. On a prétendu alors que ces photos prouvaient que ce linge avait vraiment enveloppé le corps de Jésus dans le sépulcre. Cette thèse de l’authenticité a été rejetée aussitôt par les spécialistes d’histoire – au premier rang desquels le chanoine Ulysse Chevalier. Depuis lors, il y a eu de nombreuses expertises scientifiques ; la datation du linge par le procédé dit du carbone 14 a confirmé les travaux des historiens. Mais cette expertise est contestée. Il nous semble important de donner des éléments de cette controverse, en notant cependant que la question de l’authenticité de doit pas empêcher de considérer l’essentiel, à savoir la valeur d’une représentation de Jésus-Christ et la signification de cette image. Aussi pour permettre au lecteur de voir clair, nous examinerons les éléments de la question qui touche divers domaines : sciences, histoire, philosophie et théologie, avec le souci de situer la dévotion au Linceul de Turin dans son contexte. La présentation du dossier historique et scientifique sera donc précédée par des considérations plus générales sur l’art et la piété chrétienne en Occident ; ceci nous permettra de montrer comment les questions posées touchent au Mystère du salut.
1. Les reliques des saints

La dévotion des chrétiens aux reliques est un phénomène aussi ancien que le christianisme. En effet, les chrétiens ont toujours honoré les martyrs en s’attachant à ce que la mort n’a pas détruit, leurs restes ou reliques. Cet acte d’affection est universel. Dans toutes les cultures, le respect du corps des défunts est une attitude fondamentale ; elle remonte aux origines même de l’humanité. Ne date-t-on pas la naissance de l’humanité aux traces de sépultures, attestation d’une reconnaissance de la transcendance et de la reconnaissance de la valeur de la personne ? Ainsi dans toutes les religions, les pères fondateurs ont été honorés. La Bible montre comment Abraham a acheté un tombeau pour son épouse Sarah, la grotte de Makpéla à Hébron, où il a été lui-même enseveli ; c’est ce lieu que les pèlerins juifs, musulmans et chrétiens visitent, le célèbre «Tombeau des patriarches» (Gn 23, 12-20). Ce monument reste au centre des conflits entre les fils d’Abraham, d’une part, Israël, fils d’Isaac, lui-même fils légitime d’Abraham et de Sarah, et, d’autre part, Ismaël, fils de la servante répudiée, Agar. L’actualité ne cesse de montrer l’importance symbolique d’un tel lieu dont la possession importe à la dignité et à la légitimité historique de l’identité nationale juive et palestinienne. Le culte rendu aux reliques des pères fondateurs touche à la religion et à l’identité politique.

La même dynamique joue dans le christianisme qui trouve dans le culte des reliques une attestation de sa source et la légitimation de son identité enracinée dans la décision de Jésus. Ainsi à Rome, les tombeaux des apôtres Pierre et Paul ont été au coeur de la dévotion aux deux colonnes de l’Église universelle ; la construction des grandes basiliques Saint-Pierre et Saint-Paul confirme l’autorité de l’évêque de Rome et sa primauté. Pendant le règne de l’empereur Constantin, au début du quatrième siècle, l’hommage au tombeau des saints est devenu public et même officiel. On peut donc dater le culte des reliques des apôtres à cette époque après des siècles de silence et de discrétion. La solidité de la mémoire collective a été confirmée par les fouilles archéologiques. Il en va de même pour les églises locales qui ont vu dans le tombeau des saints fondateurs l’attestation de leur importance et leur lien à la succession apostolique.

Une telle attitude, émanant d’une piété désireuse de marquer une continuité et le caractère sensible de la mémoire, ne pouvait pas ne pas se porter sur le Christ. Aussi l’impératrice Hélène, mère de Constantin a présidé à la recherche des reliques de la Passion de Jésus à Jérusalem. La difficulté était considérable ; si à Rome le respect des cimetières était garanti par le Droit, la ville de Jérusalem avait été rasée par les conquérants romains dans l’intention d’effacer l’originalité du peuple élu. Les restes chrétiens avaient été ensevelis avec les autres édifices juifs lors de la construction de la ville païenne, bâtie sur les ruines de la Cité sainte ; seules les fondations souterraines du Temple avaient échappé à la destruction – elles constituent l’actuel «Mur des lamentations». Aussi les recherches menées au quatrième siècle n’ont pas pu retrouver avec certitude les restes de la ville que Jésus avait connue. Si la topographie permettait de retrouver l’emplacement du calvaire, rien ne permettait de retrouver des traces de la Passion. Les recherches de la mère de l’empereur ont abouti à des énigmes qui ont été tranchées, à la manière antique, par une ordalie ; un miracle a authentifié le bois de la croix parmi les poutres trouvées sur le site.

Le bois de la croix retrouvé par l’impératrice Hélène a été au principe d’une dévotion qui s’est développée en Occident au cours du Moyen Âge. Les pèlerins de Jérusalem ont voulu ramener des reliques de la Terre sainte. Les princes de l’Église et les rois ont voulu posséder les reliques principales, occasion d’affirmer leur légitimité et d’asseoir leur autorité politique par la possession de telles reliques. En France, le site le plus célèbre est la Sainte-Chapelle, construite par le roi saint Louis comme un immense reliquaire dans lequel se trouvait la couronne d’épine et un morceau du bois de la croix. Plus encore, ces reliques avaient pour but de devenir le centre d’un pèlerinage, comme si une part de la Terre sainte et de la vie publique de Jésus était rendue accessible aux chrétiens.

Le caractère miraculeux a été aussi au centre de l’intérêt porté aux reliques. Les restes du saint et plus encore les restes des objets qui auraient touché le corps de Jésus étaient revêtus de pouvoir de guérison et de manifestation de la vérité cachée dans les coeurs. Les centres de pèlerinages se sont multipliés justifiant leur réputation par la puissance de guérison des reliques.

Un esprit moderne, dont l’information n’est pas liée à la connaissance d’un seul lieu de pèlerinage, ne peut que constater qu’il y a surabondance de ces reliques. Il y a trop de morceaux de la vraie croix pour faire une seule croix ! S’il est des dévotions emplies de délicatesse, comme les nombreux voiles de la Vierge Marie, il en est de fort mauvais goût comme les prépuces de l’enfant Jésus ! Or toutes ces reliques ont été présentées avec l’autorité d’une tradition où l’épique se mêle au merveilleux. Toutes ne peuvent être vraies. Les justifications apparaissent à un esprit averti comme des fictions légendaires. La multiplicité des reliques atteste l’importance du commerce où les pèlerins et les croisés, souvent illettrés, étaient facilement dupés par d’habiles levantins. Un soupçon légitime pèse donc sur ces reliques. Si l’on admire aujourd’hui la beauté plastique des reliquaires, on ne fait guère attention à leurs vertus thaumaturgiques. Sur ce point, il faut noter qu’il y avait des tensions entre les clercs instruits et les illettrés. Les premiers y voyaient un risque de retour à la magie, les seconds une immédiateté du surnaturel, confondu avec le merveilleux. L’autorité de l’Église a toujours eu le souci de ménager les uns et les autres. Aujourd’hui encore !

Un tel phénomène s’est attaché aux suaires ou linceuls qui ont été présentés comme tout ou partie du linceul qui aurait servi à l’ensevelissement de Jésus. Une quarantaine de linges ont été recensés en Europe, la plupart apparus au cours du Moyen Âge. Au début du XXe siècle le cardinal archevêque de Paris annonçait clairement que l’authentique linceul se trouvait à Cadouin en Dordogne. Or un orientaliste, à qui on a montré le linge, a pu voir que ce que l’on prenait pour un motif décoratif était en réalité une écriture en caractères coufiques, c’est-à-dire de la calligraphie arabe. L’examen aux rayons X a montré que l’image avait été faite sur un linge où avaient été écrits des versets du Coran, la partie centrale ayant été effacée pour laisser place au Christ.

Le linceul actuellement conservé à Turin échapperait-il à la règle ? Pour répondre à cette question, il faut examiner son histoire avec soin, mais auparavant, il convient de respecter l’originalité de cette relique qui est une image de Jésus et donc de rappeler le sens de la dévotion chrétienne aux images saintes.
2. Les images saintes

Dans la tradition chrétienne, l’image remplit un double rôle ; elle a une fonction didactique et une fonction cultuelle.

L’aspect didactique a été traditionnellement mis en oeuvre dans l’Église latine. L’image permet en effet à ceux qui ne savent pas lire d’apprendre la vie de Jésus, l’histoire sainte, la vie des saints ou des leçons de morale utiles à mener une vie droite et sainte. Cet aspect n’a jamais fait difficulté. Aujourd’hui les catéchismes pour enfants sont illustrés et les films ou émissions à la télévision sont reçus dans la pédagogie. Ils poursuivent cet effort pédagogique auquel l’Église a toujours été attentive et tout particulièrement au Moyen Âge fidèle à l’enseignement du pape saint Grégoire le Grand.

«Autre chose est d’adorer une peinture et autre chose d’apprendre par une scène représentée en peinture ce qu’il faut adorer. Car ce que l’écrit procure aux gens qui lisent, la peinture le fournit aux analphabètes qui la regardent, puisque ces ignorants y voient ce qu’ils doivent imiter ; les peintures sont la lecture de ceux qui ne savent pas leurs lettres, de sorte qu’elles tiennent le rôle d’une lecture surtout chez les païens».
Saint Grégoire, lettre XI, 13, cité dans Sixten Ringbom, De l’icône à la scène narrative, Paris, édit. G. Monfort, 1997.

Si l’aspect didactique n’a jamais été l’objet de remises en cause, l’aspect cultuel a fait difficulté. En effet, l’image a une force de suggestion telle que celui qui la regarde est fasciné et qu’il entre dans une attitude que les psychologues appellent de l’empathie. L’image est ambiguë. Pour cette raison, la Loi de Moïse interdit la fabrication d’images – peinture ou statues – et considère comme une tentation la pratique du paganisme qui multiplie les images. Le mystère de Dieu ne saurait être représenté sensiblement. Pour la Bible, seul l’homme est à l’image de Dieu et il est comme sa ressemblance, selon la lettre du texte de la Genèse (1, 26).

Pour tenir à distance cette fonction cultuelle, les premières représentations chrétiennes ont été symboliques et n’ont jamais prétendu être des reproductions exactes de la réalité. Les Pères de l’Église ne font jamais allusion à des portraits authentiques de Jésus, de Marie ou des apôtres. Saint Augustin le dit explicitement (Sur la Trinité, l. VIII, chap. IV, n° 17). La présence du Seigneur ne se laisse pas enfermer dans un portrait où les traits sont figés.

La situation a changé au cours du sixième siècle en Orient, avec l’apparition des premières icônes. Les artistes ont donné à la liturgie et au culte des supports sensibles. La présence des icônes a suscité une querelle. Tandis que les uns refusaient toute image, peinture ou statue au nom de l’interdit biblique de toute représentation de Dieu et du divin (Cf. Ex 20, 4), les autres justifiaient leur art par la nature même de l’incarnation. L’Église a tranché au cours d’un Concile oecuménique (Nicée II), disant que l’on ne pouvait représenter Dieu, mais que l’on pouvait représenter le Verbe fait chair en son humanité et les saints. La tradition a depuis lors distingué l’usage idolâtrique de l’image et son usage liturgique où l’image est au service du mystère.

«Plus on regardera fréquemment ces représentations imagées, plus ceux qui les contempleront seront amenés à se souvenir des modèles originaux, à se porter vers eux, à leur témoigner en les baisant, une vénération respectueuse sans que ce soit une adoration véritable selon notre foi qui ne convient qu’à Dieu seul. Mais comme on le fait pour l’image de la croix précieuse et vivifiante, pour les saints évangiles, pour les autres objets et monuments sacrés, on offrira de l’encens et des lumières en leur honneur, selon la pieuse coutume des anciens. Car l’honneur rendu à une image remonte au modèle original. Quiconque vénère une image, vénère la réalité qui y est représentée».
Deuxième concile oecuménique de Nicée, tenu en 787, Gervais Dumeige, Nicée II, édit. de l’Orante, Paris, 1978, p. 240.

L’art de l’icône met en oeuvre le sens du mystère, puisqu’il ne cherche pas à donner un portrait ni du sauveur ni des saints, mais seulement de faire paraître sur la représentation de leur visage la présence de Dieu et le rayonnement de l’Esprit Saint. Pour respecter cette exigence spirituelle, les peintres d’icônes ont défini des règles strictes d’interprétation et se sont donnés des contraintes très sévères.

Comment justifier les critères de la représentation ? Si aujourd’hui les études comparatives montrent comment l’art byzantin a puisé à des sources diverses, la piété a voulu authentifier de manière religieuse des décisions picturales. Ainsi pour légitimer la créativité des ateliers monastiques, des récits sont apparus qui justifiaient les options prises. Dans cet ensemble, deux types de récits miraculeux dominent. Selon le premier, une sainte femme, Véronique, aurait essuyé le visage du Christ et son linge aurait miraculeusement conservé les traits de Jésus pendant sa passion – cet épisode, qui est absent des récits évangéliques, est bien connu des chrétiens d’Occident par la pratique du Chemin de croix. Le second type de récit rapporte qu’au moment où l’artiste était paralysé à cause de l’impossibilité de représenter sensiblement les traits de son modèle, un ange serait venu à son aide et aurait tenu son pinceau – ce sont les icônes dites «non faites de main d’homme». Cet appel au miracle a contribué à fixer des critères stricts dans les canons iconographiques. Aujourd’hui encore, toutes les représentations du Christ se ressemblent – ce qui a l’avantage d’en favoriser la lisibilité par un très vaste public. Il importe de se rappeler qu’en Orient l’icône n’est pas un portrait, mais un instrument du culte qui doit dire le dévoilement du mystère de Dieu présent dans un être de chair. Une icône n’est pas faite pour donner une réponse à la curiosité de celui qui voudrait un «portrait authentique de Jésus», mais d’aider à prier et à méditer les épisodes de la vie de Jésus, de l’Annonciation à la Résurrection.

En Occident, il n’y a pas eu de querelles aussi vives, puisque la fonction didactique des images avait été admise sans difficulté. Il y a eu cependant des tensions. La première concerne la différence entre les clercs instruits et les fidèles illettrés ; ces derniers avaient tendance à donner aux images une force magique de guérison ou de bénédiction à quoi le monothéisme strict s’oppose. La seconde est intérieure aux spirituels ; si la tradition bénédictine de Cluny a développé l’ornementation des églises et les fastes liturgiques, la tradition cistercienne les a réduits et a cherché le maximum de dépouillement. Aujourd’hui encore, l’art sacré est traversé par les mêmes tensions entre les partisans d’un art dépouillé et ceux qui veulent multiplier les images et les décorations.

C’est dans ce contexte que la dévotion entretenue autour du Linceul du Christ prend sa pleine dimension et trouve son originalité. Elle rassemble autour d’elle deux fonctions, celle de la relique et celle de l’image. L’importance de ces deux fonctions explique pourquoi les suaires ont été si nombreux en Occident. Le suaire permet de s’approcher de ce qui a touché le corps du Christ en sa Passion et donc en un sens de le toucher. Il permet aussi de voir le visage du Sauveur et d’entrer en compassion avec lui.

Les suaires apparus au cours du Moyen Âge participent d’un esprit qui s’est développé au XIVe siècle, lié à la dévotion personnelle, comme l’ont montré les historiens de l’art. Dans cette attitude, l’image n’est plus didactique ; elle n’est pas non plus comme l’icône au service d’une manifestation du divin transcendant et inaccessible ; elle sert à la prière personnelle qui doit être emplie de sentiments et d’affection, dans une attitude spirituelle qui donne une interprétation affective du texte de Paul ; «Ayez entre vous les sentiments qui furent dans le Christ Jésus» (Phil 2, 6). L’image est faite pour émouvoir. Les images les plus émouvantes sont tirées de la Passion de Jésus et des douleurs de sa mère. La représentation du Christ au tombeau joue un grand rôle dans ce qu’il faut appeler un mysticisme largement partagé par le peuple chrétien.

«Quand on étudie avec attention la littérature religieuse du moyen âge, on y remarque, dès la fin du XIIIe siècle, d’étonnantes nouveautés. La sensibilité, jusque là contenue, s’y exalte. La surprise est grande pour celui qui a vécu dans la familiarité des sévères docteurs du XIe et du XIIe siècle, qui transposent toutes les réalités en symboles, qui se meuvent dans le pur éther de la pensée. [...] Désormais les penseurs les plus austères sortiront brusquement de l’abstraction, pour peindre Jésus souffrant, pour pleurer sur ses plaies, pour compter les gouttes de son sang. Une tendresse inconnue détend les âmes. On dirait que la chrétienté tout entière reçoit le don des larmes. [...] Dès le commencement du XIVe siècle, la Passion devint la grande préoccupation des âmes. [...] La plupart des opuscules sont anonymes. Il faudrait se garder de croire que cette exaltation de la sensibilité fût particulière aux mystiques ; l’Église tout entière entra dans ces sentiments.»
Emile Mâle, L’Art religieux de la fin du Moyen Âge, p. 86-88

La dévotion aux suaires participe de cette manière, qui suscite des émotions, celles qui ont été exprimées par l’hymne Salve sancta Facies, pour la fête de sainte Véronique.

«Je vous salue, ô sainte Face de notre Rédempteur, où se reflète, comme dans un pur miroir, la splendeur de notre Dieu. Imprimée sur un linge blanc comme neige, vous fûtes donnée à sainte Véronique comme gage de l’amour de Jésus. Salut ornement de ce monde, miroir des Saints, Vous que les esprits célestes désirent contempler, purifiez-nous de toute tache et joignez-nous à la compagnie des bienheureux. Salut, ô notre gloire dans cette vie si pénible, fugitive et fragile, qui finit si promptement. Conduisez-nous à la patrie, ô bienheureuse image de notre Dieu, afin que nous y contemplions le visage immaculé de Jésus-Christ. Nous vous en supplions, soyez pour nous une aide assurée, un doux rafraîchissement, une douce consolation. Préservez-nous de toute nuisance de l’ennemi de notre âme, et faites que nous jouissions enfin de l’éternel repos avec les bienheureux.»
Salve sancta facies. Hymne pour la fête de sainte Véronique au bréviaire

La dévotion à la Passion a été encouragée par l’autorité ecclésiastique par le biais des indulgences. Qu’est-ce que l’indulgence ? C’est une remise de peine. On sait que le pécheur doit faire pénitence à la fois pour réparer le tort commis et pour se fortifier contre la séduction. Au Moyen Âge, la pénitence était tarifée en mois et en jours selon la gravité de la faute. L’Église qui fixait la pénitence pouvait en dispenser. De telles remises de peine – qu’il ne faut pas confondre avec l’absolution du péché – ont été données à l’occasion de la dévotion aux images, représentant la Passion ; couronnement d’épines, flagellation, Ecce homo, crucifixion et enfin mise au tombeau. Ainsi, une image s’est développée au cours du XIVe siècle, dite «Christ de pitié». On entend par là une représentation du Christ mort, présenté à la dévotion des fidèles par deux anges – remplacés ensuite par sa mère, Marie, et saint Jean chez les maîtres italiens.

Les suaires participent de cette dévotion populaire soutenue par les indulgences acquises par les pèlerins. La dévotion devant le suaire était un moyen de supplier Dieu ; son efficacité était justifiée par le caractère d’authenticité de la relique ; un pouvoir miraculeux était en effet attribué à l’image. Tandis que les clercs insistaient sur le fait que l’image n’était qu’un moyen pédagogique pour aider à la prière, en fixant l’attention et en orientant le sentiment du coeur, les milieux populaires insistaient sur le rayonnement et la puissance de guérison et de salut. Ce phénomène général se retrouve de manière éminente à propos du Linceul de Turin.
3. L’histoire du linceul de Turin

C’est à tort que l’on ne parle que de la ville de Turin à propos du linceul qui est actuellement dans la cathédrale. Ce linceul a été exposé à la dévotion populaire pour la première fois à Lirey près de Troyes en Champagne, alors frontière entre le riche duché de Bourgogne et le royaume de France. L’histoire a été soigneusement établie dès le début des controverses voici un siècle, par le chanoine Ulysse Chevalier. Elle a été résumée dans l’article «Suaire» du Dictionnaire d’archéologie chrétienne et de liturgie, t. XV, écrit par le très savant bénédictin Henri Leclercq.

Au milieu du XIVe siècle Geoffroy Ier de Charny fonda une collégiale à Lirey au diocèse de Troyes, qu’il dota ensuite d’une relique de la Passion. Le donateur n’a pas dit pas clairement l’origine de cette relique – son fils disait qu’il l’avait reçu en cadeau, tandis que sa petite-fille disait que c’était le butin d’une guerre heureuse – mais l’intention était claire. Geoffroy Ier avait fondé une collégiale et la dévotion à la relique en assurait la prospérité car elle rassemblait un peuple nombreux. Le culte se développait, lorsque l’évêque du lieu, Henri de Poitiers, intervint. Il rassembla une commission d’experts qui conclut que la pièce d’étoffe exposée n’avait jamais enveloppé le corps du Sauveur. Plus encore, selon le témoignage de son successeur sur le siège épiscopal, il a découvert l’artisan fabriquant du Suaire qui a avoué. En conclusion, il en interdit l’ostension (1356).

Le silence se fit jusqu’en 1389. La collégiale ayant perdu sa source de revenus, Geoffroy II, fils de Geoffroy Ier, demanda au légat du pape l’autorisation de la reprise de la dévotion. Le légat donna un indult pour l’ostension de linceul, concession qui évitait toute expression compromettante et qualifiait le Suaire de «figure ou représentation du suaire de Jésus-Christ». L’évêque de Troyes, Pierre d’Arcis, intervint alors. Comme son prédécesseur, il interdit l’ostension du Suaire et dénonça publiquement la duperie qui consistait à présenter au peuple un linge en prétendant qui aurait enveloppé le cadavre de Jésus. Les chanoines désobéirent ; on fit appel au pape, résidant alors en Avignon. Pierre d’Arcis exposa au pape l’histoire du linge de Lirey.

Le pape Clément VII confirma l’indult donné par son légat, mais il précisa des conditions pour l’ostension. Celle-ci n’est autorisée que si on avertit les fidèles «à haute et intelligible voix» que «ce n’est pas le vrai suaire qui a recouvert le corps de Jésus-Christ, mais seulement une peinture pour représenter ce suaire». Ce même jour (6 janvier 1390) le pape fit savoir aux officiaux des diocèses de Langres, d’Autun et Chalons-sur-Marne les décisions prises. Il insiste sur le point suivant ; «Pour éviter toute fraude et toute cause d’erreur, il faudra avertir les fidèles qu’on ne montre pas le vrai suaire de Jésus-Christ, mais une figure ou représentation de ce suaire». Après avoir permis une grande prospérité à la collégiale de Lirey, le pèlerinage et le culte tombèrent en désuétude à cause de la guerre qui avait commencé de ravager la Champagne.

Le Suaire a voyagé. Il est allé d’abord dans le diocèse de Liège où, après enquête, l’évêque, Jean de Heinsberg, interdit toute dévotion publique. Le témoignage de cet évêque et des experts alors consultés émane de personnalités étrangères au conflit local entre les seigneurs, les chanoines et leur évêque et donc étranger à toute rivalité entre la collégiale de Lirey et la cathédrale de Troyes.

Le Linceul fut ensuite en la possession du Duc de Savoie, au château de Chambéry où un incendie le mit à mal (1532). Il arriva enfin à Turin où, plus tard, la princesse Marguerite de Savoie sollicita une indulgence pour les fidèles faisant leurs dévotions à cette relique (1670). Celle-ci fut accordée sous la réserve que la vénération ne porte pas sur le Suaire en tant que véritable linceul de Jésus ; les indulgences étant accordées en réponse à la méditation sur les souffrances, la mort et la sépulture du Sauveur.

Extrait de la lettre de l’évêque Pierre d’Arcis, au pape Clément VII, résidant en Avignon (Lettre écrite en 1389) :

« L’affaire, Saint Père, se présente ainsi. Depuis quelque temps dans ce diocèse de Troyes, le doyen d’une certaine église collégiale, à savoir celle de Lirey, faussement et mensongèrement, consumé par la passion de l’avarice, animé non par quelque motif de dévotion mais uniquement de profit, s’est procuré pour son église un certain linge habilement peint sur lequel, par une adroite prestidigitation, était la représentée la double image d’un homme, c’est-à-dire le dos et le devant, le doyen déclarant et prétendant menteusement que c’était le véritable suaire dans lequel notre Sauveur Jésus-Christ avait été enveloppé dans le tombeau, et sur lequel le portrait de Sauveur était resté imprimé avec les plaies qu’il portait. [...] En outre, pour attirer les foules afin de leur extorquer sournoisement de l’argent, de prétendus miracles ont eu lieu, certains hommes étant loués afin de se donner pour guéris lors de l’exposition du suaire, dont chacun croit qu’il est le suaire de Notre-Seigneur. Mgr Henri de Poitiers de pieuse mémoire, alors évêque de Troyes, étant mis au courant de ces faits et pressé d’agir par de nombreuses personnes prudentes, comme c’était en effet son devoir dans l’exercice de sa juridiction ordinaire, se mit à l’oeuvre pour découvrir la vérité dans cette affaire. Car beaucoup de théologiens et de personnes visées déclaraient qu’il ne pouvait s’agir du suaire authentique de Notre-Seigneur dont le portrait se serait ainsi imprimé dessus, puisque les saints Evangiles ne faisaient pas mention d’une telle impression, alors que si elle s’était produite, il semblait bien évident que les saints évangélistes n’auraient pas omis de le rapporter, et que le fait ne serait pas demeuré caché jusqu’à nos jours. En fin de compte, après avoir déployé une grande diligence dans son enquête et ses interrogatoires, il a découvert la fraude et comment ledit linge avait été astucieusement peint, la vérité étant attestée par l’artiste qui l’a peint, autrement dit que c’était une oeuvre due au talent d’un homme, et non point miraculeusement forgée ou octroyée par grâce divine» (Texte latin reproduit par U. Chevalier, Etude critique sur l’origine du Saint Suaire de Lirey-Chambéry-Turin, 1900, Annexe, document G, p. VII-VIII).

Un événement important a eu lieu à la fin du XIXe siècle ; les premières photographies du linceul de Turin ont été faites par un photographe amateur Secondo Pia. Or celui-ci publia les photos en les interprétant selon une analogie : l’image recueillie sur le linceul serait «comme un négatif de photographie». De ce fait, l’image gardée sur le linceul ne serait pas une peinture, mais une empreinte ; et il présenta celle-ci comme la preuve qu’il s’agissait de celle que le corps de Jésus aurait laissé sur un linge qui l’avait enveloppé par contact avec son corps.

Cette interprétation a été au principe de publications affirmant qu’il y avait là la preuve que les réserves faites par les autorités ecclésiastiques étaient erronées et qu’il était nécessaire de reconnaître dans le Linceul de Turin une authentique relique de la Passion, mettant dans l’ombre toutes les autres. En relevant les ressemblances entre les suaires, on affirmait qu’ils s’étaient tous inspirés de celui de Turin qui était l’original. Plus encore, l’image du Linceul serait au principe de la tradition iconographique qui a donné au Christ un visage reconnaissable par les croyants.

Face à ces affirmations, un éminent historien, le chanoine Ulysse Chevalier a mené une enquête très précise qui a donné lieu à plusieurs publications (en particulier, Le Saint Suaire de Turin est-il l’original ou bien une copie ? Chambéry, 1899 ; Etude critique sur l’origine du Saint Suaire de Lirey-Chambéry-Turin, Paris, 1900 ; Le Saint Suaire de Turin. Histoire d’une relique, Paris, 1902). Il s’agit d’un travail de très grande minutie accompli à partir des documents originaux, archives conservées à la Bibliothèque nationale de Paris, dans l’Aube et au Vatican. Ces travaux montrent que le Suaire de Turin n’échappe pas à la règle qui vaut pour tous les suaires qui ont été présentés à la dévotion populaire au Moyen Âge ; c’est un objet confectionné pour être au centre d’un pèlerinage et présenté avec une légende qui en justifie la valeur – en lien avec les croisades ou pèlerinages à Jérusalem.

Les défenseurs de l’authenticité n’ont pas trouvé de document ancien qui puisse contredire cette conclusion historique. En effet, rien ne vient fonder de manière assurée l’existence du Suaire avant le quatorzième siècle. Les diverses tentatives faites jusqu’ici ne peuvent entraîner la conviction ; elles restent marquées du sceau de l’inconnu. Ainsi, un journaliste, I. Wilson a proposé d’identifier le linceul de Turin avec le Mandylion d’Édesse. Ce linge participe de la tradition de sainte Véronique ; il représentait le visage de Jésus. Il a été utilisé par les chrétiens pour se protéger par des ostensions solennelles lorsque la ville était menacée par les invasions arabes. Après la chute de la royauté chrétienne d’Édesse, le Mandylion est venu à Constantinople où il a été honoré. Il a disparu, hélas, lors de la prise de Constantinople par les Turcs. L’identification proposée avec le linceul de Turin n’est pas possible. D’abord, le Mandylion d’Edesse ne représentait que le visage – il aurait fallu le plier pour ne montrer qu’une partie du Linceul. Ensuite, l’examen des documents d’époque invalide toute identification. Ainsi l’éminent arabisant J.-M. Fiey, dominicain de Beyrouth, après avoir accepté cette hypothèse, a étudié les documents arabes concernant le Mandylion ; il a reconnu que cette thèse n’est pas soutenable (J.-M. FIEY, «Image d’Edesse ou Linceul de Turin», dans la Revue d’Histoire Ecclésiastique, avril-juin, 1987, p. 271-277).

L’histoire confirme que le Linceul de Turin était inconnu avant sa première ostension en Champagne. Les essais de reconstitution d’un itinéraire antérieur ne sont pas probants ; même les partisans avertis de l’authenticité ne présentent cette histoire que comme une hypothèse (Cf. A.-M. Dubarle, Histoire ancienne du linceul de Turin jusqu’au XIIIe siècle, Paris, 1985).

Quelques dates

1357 ; Le suaire apparaît pour la première fois dans la collégiale fondée par Geoffroy Ier de Charny où il attire des foules considérables

1453 ; Chambéry, église de Franciscains. Marguerite de Charny, fille de Geoffroy II de Charny cède le Linceul à Louis Ier duc de Savoie

1532 ; Sainte chapelle de Chambéry. Dans la nuit du 3 au 4 décembre, un incendie ravage la sacristie. Le linceul est sauvé. Il conserve de cette mésaventure des traces de brûlures et des cernes d’eau. Les parties détruites par le feu sont rapiécées en 1534.

1578 ; Turin. Le duc de Savoie transfère le Linceul dans sa nouvelle capitale.

1898-1903 ; A la suite des premières photographies, polémiques sur l’authenticité. L’historien Ulysse Chevalier édite les textes qui concernent l’histoire du suaire. Il publie le rapport de Pierre d’Arcis, datant de 1389, assurant que le Linceul a été peint par un artiste (artifex) dont son prédécesseur Henri de Poitiers avait obtenu les aveux.

1931, 1933 et 1973 ; ostensions et expositions

1878 ; ostension à la suite de laquelle des chercheurs scientifiques procèdent à des prélèvements en vue d’analyses scientifiques.

1988 ; datation au carbone 14 qui établit que le linge a été fabriqué entre 1260 et 1390.

L’étude historique ne permet pas de conclure à l’authenticité de la relique, mais comme elle laisse dans l’ombre plusieurs éléments, en particulier la manière dont le Linceul aurait été confectionné et son lieu d’origine, les défenseurs de l’authenticité tentent d’utiliser les résultats d’analyses scientifiques. Quel est leur statut et leur valeur ?
4. Questions soulevées par les analyses scientifiques

Le terme d’analyse scientifique désigne l’usage de procédés liés à des procédés techniques sophistiqués. Le premier et le plus simple est constitué par la photographie du linceul, d’autant que les photos de Secondo Pia ont été remplacées par des clichés de meilleure qualité (en 1933 par Enrié, et plusieurs fois depuis lors).

Remarquons tout d’abord que la comparaison du Linceul avec un négatif de photo n’a valeur que de métaphore, car personne ne saurait sérieusement identifier un linge avec une plaque ou une pellicule de photographe. La constitution chimique d’une pellicule et son type bien spécifique de réaction à la lumière ne sont pas du tout comparables aux propriétés d’un tissu.

Quels sont les éléments qui relèvent de l’analyse scientifique donnés par les expertises faites avant la datation au carbone 14 ? Ces expertises ont permis l’analyse de ce qui est devenu un des objets anciens les plus attentivement scrutés par des instruments scientifiques sophistiqués. Le débat sur l’authenticité porte sur l’interprétation des résultats de ces observations et mesures.

Une première conclusion s’impose ; le Linceul n’est pas une oeuvre faite avec un pinceau sur une toile. Le terme de peinture employé au Moyen Âge doit être révisé. Mais cette correction ne suffit pas à écarter les documents historiques.

Pour pallier le silence de l’histoire les partisans de l’authenticité ont présenté, à partir des expertises faites en 1978 et depuis lors, plusieurs arguments, dont nous relèverons qu’ils n’ont pas entraîné l’adhésion des scientifiques.

1. Un premier argument est médical. L’image relève que le crucifié aurait été cloué non par les mains, mais par les poignets. Des essais de suspension de cadavres ont été faits pour montrer qu’il était impossible de suspendre un corps par les seuls poignets. Cet argument était développé pour dire que le faussaire ignorant ce fait aurait du montrer la marque des clous dans les mains. Des contre-expertises ont été faites ; elles ont montré qu’une crucifixion par les mains est médicalement possible, d’autant que le poids du corps du crucifié reposait aussi sur les pieds. L’argument tombe et le texte de l’évangile de Jean qui dit que Jésus a montré la marque des clous dans ses mains doit être entendu au sens strict (Jn 20,20).

2. Un autre argument des défenseurs de l’authenticité vient de la découverte par Max Frei de la présence de pollens sur le Linceul. Ils proviennent de fleurs qui poussent en Orient. Cet argument prouverait l’origine palestinienne du linceul et garderait trace de son itinéraire jusqu’en Champagne. Outre que ce point a été contesté par des botanistes (Le professeur G. Jalut de Toulouse), cet argument n’est pourtant pas probant, car les relations commerciales étaient fréquentes entre l’Orient et l’Occident ; on trouvait habituellement sur les foires de Champagne des onguents et des parfums venus d’Orient ; ils auraient pu servir à confectionner la relique.

3. Un autre argument des défenseurs de l’authenticité est la présence de sang humain ; cet argument serait lié au fait que le fabriquant médiéval de l’image n’aurait pas osé se servir de cette substance. A vrai dire, il n’y a pas de certitude sur ce point. Les analyses ont trouvé des porphyrines, produit qui se trouve bien dans le sang humain, mais aussi dans la sève des végétaux. Les analyses chimiques faites par W. McCrone aussi ont mis en évidence des substances colorantes qui ne sont pas d’origine humaine, et qui font partie des éléments dont se servaient les artistes médiévaux (en particulier du vermillon). Les expertises faites ensuite par Heller et Adler ont précisé qu’il pouvait y avoir des liquides physiologiques, mais ils n’imposent pas que ce soit du sang.

4. Un autre argument des défenseurs de l’authenticité (V. Miller et S. Pellicori) est qu’il y aurait sur le Linceul des marques de sécrétion provenant de la douleur due à la crucifixion. Il y aurait donc la trace d’un supplice réel. Outre les difficultés de diffusion de ces sécrétions, l’argument ne suffit pas à prouver que la relique n’est pas d’origine médiévale. En effet, si une crucifixion est impensable en Occident chrétien, elle ne l’est pas, hélas, au Moyen Âge par des musulmans qui auraient voulu ainsi tourner en dérision le Seigneur Jésus en persécutant un chrétien. L’hypothèse a donc été présentée de la crucifixion d’un inconnu – sans doute un notable – dont le linceul aurait été conservé avec respect puis rapporté ensuite en Occident. Mais cette hypothèse, qui a donné matière à roman (René Swennen, Le Roman du Linceul, Gallimard, 1991), n’a pas été confirmée par quelque document historique. On peut aussi penser à une célébration de pénitents où l’on aurait mimé une crucifixion qui aurait fini par la mort du pénitent ; en effet le XIVe siècle a vu se développer les processions de pénitents et de flagellants.

5. Un autre argument des défenseurs de l’authenticité est constitué par ce qu’ils appellent la tridimensionalité (Observations de Jumper et Jackson). Pour eux, si l’image du linceul n’est pas peinte, c’est qu’elle provient de l’empreinte prise sur un corps en relief. Cet argument a été contredit par ceux qui ont relevé que l’on obtient une image de même nature à partir d’un objet en relief. Tous les enfants savent que pour reproduire sur une feuille de papier la gravure d’une pièce de monnaie, il est vain de vouloir la dessiner, mais qu’il est plus facile de poser la feuille de papier sur la pièce et de frotter avec un crayon ; on voit apparaître l’image dans une feuille qui épouse la forme du relief. Joé Nickell a obtenu avec des statues gothiques des visages tout à fait ressemblants à celui du Linceul de Turin ( Cf. M. Blanc, «Le saint Suaire de Turin, une solution plausible», La Recherche, n° 98, p. 298). Les mêmes travaux ont été repris dans une perspective polémique par Henri Broch qui a obtenu des images ressemblantes (Henri Broch, Le Paranormal, Paris, édit. du Seuil, 1989). Il a détaillé la technique du pliage qui évite la déformation du visage, à moins que la statue d’origine ne soit qu’un bas relief ce qui évite la déformation de l’image. L’empreinte obtenue par frottis étant difficile, on a introduit dans le débat la notion de «roussisssure», de manière à respecter la diffusion des pigments colorés. La revue Science et vie (Juillet 2005) publie le résultat obtenu avec un bas relief.

6. D’autres arguments de type archéologiques ont été présentés par les défenseurs de l’authenticité ; les inscriptions et la manière dont certains détails apparaissent en impression. Il y aurait des éléments qui étaient inconnus au Moyen Âge et qui relèveraient de l’Antiquité (utilisation de pièce de monnaie pour couvrir les yeux, lettres grecques,…). Un tel argument n’est pas dirimant, car la lecture de ces traces ne s’impose pas vraiment ; c’est une interprétation qui reste arbitraire. Ces observations ne permettent pas de remonter avec certitude au premier siècle de notre ère.

On voit donc que l’interprétation des analyses scientifiques n’imposaient pas la reconnaissance de l’authenticité et ne pouvaient mener à une conclusion assurée. C’est la raison pour laquelle, l’expertise par datation au Carbone 14 a joué un rôle décisif. Elle avait été demandée en 1978, mais elle avait été refusée, parce qu’il aurait fallu prélever une part importante du tissu. Les progrès de la science ont permis de ne prélever que des échantillons qui n’ont pas abîmé le Linceul.

L’expertise a été commanditée par le cardinal Ballestrero. Trois échantillons ont été pris et confiés à des laboratoires différents. Ils ont été étudiés en aveugle en même temps que trois autres échantillons d’oeuvres anciennes dont la datation n’est pas controversée. Trois grands laboratoires (Oxford, Zurich, Tucson Arizona) ont procédé à cette datation par ce procédé classique utilisé par les archéologues et les historiens. La conclusion fut que les plantes dont est confectionné le tissu ont poussé au treizième ou au quatorzième siècle et donc qu’il est impossible que ce linge ait enveloppé le corps de Jésus lors de sa sépulture. Les analyses ont retrouvé les dates des échantillons de référence et se sont accordées sur la date des trois échantillons du Linceul avec une certitude de 95 %. Les conclusions signées par 21 scientifiques ont été publiées dans la revue Nature (vol. 337, 16 février 1989). Le jeudi 13 octobre 1988 le cardinal Anastasio Ballestrero a rendu publiques les conclusions des experts nommés. La conclusion des experts est claire : le linge a été confectionné avec des plantes qui ont poussé au Moyen Âge. L’expertise date le tissu et ne dit rien de l’image. Le mode de la confection de l’image échappe à une telle investigation.

La force de l’argument de la datation par le carbone 14 est dirimante ; elle aurait dû clore le débat entre experts scientifiques. Pourtant, toute mesure physique peut être contestée, aussi il est normal que le résultat ait été soumis à la critique.

«Je ne considère pas que le résultat de la datation radiocarbone du Suaire de Turin montre que le Suaire est une contrefaçon. [...] Montrer que le Suaire est une contrefaçon supposerait une intention frauduleuse et il est clair que la datation au radiocarbone n’apporte aucune preuve à l’appui d’une telle hypothèse.»
Lettre de Michaël Tite citée en annexe du livre de Arnaud-Aaron UPINSKY, La Science à l’épreuve du linceul. La démonstration scientifique de l’authenticité, Paris, OEIL, 1990, p. 240.

5. Remarques épistémologiques sur la datation au 14C

La datation au carbone 14 n’a pas convaincu les défenseurs de l’authenticité et la controverse est vive actuellement. Les partisans de l’authenticité multiplient les colloques et les publications. Voici un résumé de leur position et les arguments qui leur sont rétorqués.

1. Les défenseurs de l’authenticité, désireux d’invalider les résultats de l’expertise, disent qu’elle aurait été faite dans de mauvaises conditions. La lecture du compte rendu paru dans la revue Nature écarte toute suspicion de cet ordre. La procédure est parfaite quant à sa mise en oeuvre – certes on aurait pu, comme on l’a envisagé, faire l’analyse avec douze échantillons ; on a aussi évité d’abîmer la relique en prélevant des échantillons sur l’image du corps crucifié.

2. Une autre critique est plus radicale. A. Upinsky tient pour vrai que le Suaire est bien le linge qui a enveloppé le corps de Jésus ; il relève que la datation au carbone 14 récuse cette affirmation, qui ne s’impose que dans le cadre de l’explication scientifique. Partant de ce fait, il dénonce les fondements de la science moderne et pas seulement la conduite de l’expertise. «Ce n’est pas le Linceul qui est à l’épreuve de la Science, mais la Science à l’épreuve du Linceul. [...] La part du suaire non réductible à notre science strictement rationnelle laisse entrevoir une chance inespérée de libérer la science officielle du ghetto dans lequel elle s’est laissée enfermer [...] et de résoudre ainsi la contradiction épistémologique qui divise les sciences de la vie et celle de l’inerte» (Arnaud-Aaron UPINSKY, La Science à l’épreuve du linceul. La démonstration scientifique de l’authenticité, Paris, OEIL, 1990, p. 240). Relevons qu’il y a une contradiction à manifester les limites et les insuffisances de la science et à utiliser ensuite le label scientifique pour valider une conviction religieuse.

3. Une autre contestation prolonge le fait que les analyses montrent qu’il ne s’agit pas d’une peinture et que l’hypothèse de l’empreinte par frottis ne rend pas compte de la manière dont la couleur est inscrite sur la toile. La notion de «roussissure» est donc préférable.

4. On fait grand cas aujourd’hui d’inscriptions qui seraient la marque des temps anciens. Outre que la lecture d’inscriptions fragmentaires est toujours délicate, comme le reconnaissent les auteurs (A. Marion et A.-L. Courage), il reste qu’elles ne font que nommer Jésus et donc n’apportent aucune nouveauté, puisque nul n’a jamais douté que la relique représentait le Christ au tombeau.

5. Certains tiennent que l’empreinte est le fruit d’un rayonnement qui aurait mis en oeuvre une telle énergie qu’elle aurait modifié la teneur en carbone 14 du tissu. Mais une telle décharge d’énergie supposerait une explosion dix fois supérieure à une bombe atomique ; Jérusalem aurait été alors rayée de la carte du monde. Dans cette ligne d’explication, certains défenseurs de l’authenticité vont jusqu’à dire que ce rayonnement met en oeuvre une énergie qui dépasse les limites de l’observable et donc qu’ils saisissent la trace de la résurrection de Jésus. Le Suaire deviendrait alors une preuve de la résurrection de Jésus, puisqu’il n’est pas l’empreinte d’un cadavre, mais d’une source d’énergie rayonnante !

La multiplication des arguments et des contre arguments montre que la question posée par le Linceul de Turin ne saurait avoir de réponse décisive par la seule argumentation scientifique, comme le relevait M. Tite, qui a participé à la datation au carbone 14. Comment ne pas relever à quel point les passions – et les convictions religieuses n’en sont pas exemptes – habitent les protagonistes du débat ? Pour clarifier, il faut faire une analyse philosophique attentive aux questions de méthode pour ne pas s’enfermer dans une polémique sans issue.

Les sciences de la nature étudient des phénomènes qui, pour être objet d’expérience, doivent être reproductibles. La science est fondée sur la mise en série d’éléments multiples avec une visée d’universalité. La science assure son universalité en donnant à ses énoncés une formulation qui prend une forme universelle, celle des mathématiques. La science ne traite que du général et du nécessaire, disait Aristote. L’événement contingent ou unique n’est pas un objet de science. La science établit les lois de la nature. Dans une analyse, les sciences de la nature rattachent un objet particulier à un ensemble pour en dire la nature, la structure ou les propriétés. Elles ne prennent pas en compte la singularité comme telle. Ces brèves remarquent disent la force et les limites de la science. Pour cette raison, l’expertise ne saurait conclure en matière d’histoire. L’historien étudie un événement singulier. La question de l’authenticité du linceul de Turin relève donc de la compétence de l’historien.

Ces brèves remarques épistémologiques montrent que la question posée par le Linceul relève de la compétence de l’historien et ne saurait être tranchée par la science. Celle-ci ne peut que donner des limites dans l’espace et le temps. On voit donc, au plan de la méthode, la difficulté à vouloir obtenir, par des arguments scientifiques, une conclusion contraire à l’étude historique. Il en va en ce domaine comme en d’autres. Ainsi la justice fait appel à des experts. Ceux-ci donnent des conclusions, mais ils ne se substituent pas au juge ; ils donnent des éléments. De même en médecine, le médecin fait appel à des laboratoires qui lui donnent des éléments pour faire le diagnostic ; mais seul le médecin qui connaît le malade peut en donner une interprétation. On est donc invité à retrouver l’essentiel l’image et ce qu’elle représente. Nous pensons donc qu’il faut éviter de parle de faussaire, mais bien d’artiste ayant su, par une procédé qui reste inconnu, créer une image émouvante répondant au besoin spirituel de son temps. Il faut éviter en la matière de tomber dans l’erreur dénoncée par le célèbre adage ; «le doigt montre la lune et l’imbécile regarde le doigt» et se demander ; Que signifie l’image et que signifie l’intérêt de cette image pour un croyant désireux de contempler le mystère de l’amour qui se donne à voir dans le visage du crucifié ou Sainte Face ?
6. Théologie de la Passion et de la Résurrection

Le débat est théologique, puisqu’il concerne la Passion du Christ. Pour en juger, il faut revenir aux sources, à savoir les documents apostoliques ; l’image correspond-elle avec ce que les évangiles rapportent de la Passion ? Pour l’essentiel oui, – mais des détails divergent ; ainsi Jésus n’aurait pas été cloué à la croix par les mains, mais par les poignets. De fait, l’image du Linceul de Turin permet d’illustrer les récits de la Passion – mais elle ne s’impose pas et n’autorise pas à corriger les textes canoniques.

On peut aussi relever que si les évangiles synoptiques parlent d’un linceul pour la sépulture de Jésus, l’évangile de Jean nous dit que l’apôtre que Jésus aimait, témoin de son ensevelissement, lorsqu’il est entré dans le tombeau après la résurrection, vit «le linge qui avait été posé sur le visage de Jésus» et «les bandelettes». Le récit de Jean laisse entendre que le corps Jésus n’avait pas été enveloppé d’un linceul, mais que dans l’attente d’une sépulture conforme à la Loi, on s’était contenté de lier les membres de Jésus et de couvrir son visage, en le liant par une mentonnière, dans l’attente d’une sépulture plus décente. Les exégètes sont aujourd’hui très attentifs aux détails donnés par l’évangile de Jean et reconnaissent la valeur du texte écrit par un témoin privilégié. Or la situation décrite par Jean correspond mal à l’empreinte sur le Linceul de Turin. La difficulté a été relevée, il y a déjà longtemps, par F.-M. BRAUN, Le Linceul de Turin et l’évangile de saint Jean, Tournai, 1939. La discussion reste sur ce point ouverte.

Une objection à l’authenticité peut être faite à partir de la sensibilité du peuple élu. Elle souligne la différence de mentalité entre le monde juif dans lequel vivaient les apôtres et la sensibilité occidentale attentive aux reliques. Dans le monde juif, tout ce qui touche à la mort est source d’impureté (cf. Nombres 19,11-22). La sépulture doit se faire le plus rapidement possible et tout contact avec le cadavre doit être évité. Le peuple d’Israël a le sang en horreur et tout ce qui est tâché par le sang est considéré comme souillé et doit être détruit. Ni Nicodème, ni Joseph d’Arimathie, ni Pierre, ni Jacques n’auraient contrevenu à un tel interdit et gardé des linges souillés. Le message de l’ange de la résurrection ; «Ne cherchez pas le vivant parmi les morts» (Lc 24, 5) s’inscrit dans ce contexte. En Israël, le véritable héritage d’un maître disparu est constitué par ses disciples et non par quelque relique.

Le débat théologique porte également sur la résurrection. Y aurait-il, comme le prétendent certains, une «preuve scientifique» de la résurrection de Jésus ? La résurrection peut-elle être prouvée scientifiquement – en donnant au terme son sens actuel ? Pour répondre à cette question, il faut poser la question de la nature de la résurrection. Celle-ci est l’acte de Dieu donnant à Jésus une vie nouvelle. Ce n’est pas simplement la réanimation d’un cadavre et son retour à la vie antérieure, mais une métamorphose, puisque l’acte de Dieu fait que Jésus échappe aux contraintes de l’espace et du temps qui sont les nôtres. Comme tel, le corps du Ressuscité échappe aux prises de la physique et de l’observation scientifique. Les mesures physiques n’accèdent pas à cet événement.

L’affirmation qu’il y a une saisie matérielle de l’acte de Dieu glorifiant son Fils réduit la résurrection à n’être qu’un miracle, en entendant ce terme dans le sens de la philosophie du positivisme (philosophie scientiste du XIXe) ; selon cette philosophie, le miracle est défini comme ce qui outrepasse l’ordre naturel des faits ou s’oppose à lui. La notion théologique de miracle est beaucoup plus large. En effet, pour les Écritures, le miracle est une intervention de Dieu par manière de signe et de prodige, trace d’un acte de révélation et donc ouverture au Mystère. Un miracle ne se limite pas au merveilleux. Un miracle ne relève ni du paranormal, ni du surnaturel dont sont friands les milieux ésotériques.

La prétention à une preuve scientifique du mystère du salut ou d’une vérité de foi est aussi un contresens sur la nature de l’acte de foi. La foi ne saurait être obtenue ni par contrainte, ni par manière de preuve scientifique au sens moderne du terme. La foi est, tout à la fois, don de Dieu et acte libre d’un croyant. Prétendre qu’il y a une preuve scientifique de la résurrection, c’est dénaturer la foi qui cesserait d’être le fruit d’un acte de liberté et qui n’est plus un don de Dieu, puisqu’inscrite dans le réseau nécessitant de la logique de la démonstration. S’il y a des raisons de croire, elles ne sauraient réduire la foi à une inférence logique à partir d’observations expérimentales.

Ainsi au plan de la théologie, la dévotion au Linceul de Turin doit le statut de ce genre de dévotion dans la tradition de l’Église ; elle est un acte de piété qui utilise le sensible pour prier. L’accès à Dieu impliqué dans cette dévotion participe d’une attitude qui mérite attention, car elle touche à la nature de la Révélation et à son mode de manifestation.
7. Le mystère du visage

La diffusion de la dévotion au Linceul de Turin est habituellement concentrée sur une partie de la relique ; le visage. Il y a là un élément important dont il faut comprendre la portée.

Le visage de l’homme est le lieu où se manifeste la grandeur de la personne humaine. Le visage est non seulement le siège physique des sens et donc de la communication avec soi-même et avec autrui, mais il est habité par l’âme qui y inscrit son histoire et son secret. La notion de visage a donc été utilisée dans les Écritures pour dire la manifestation de Dieu comme nous l’avons relevé plus haut en citant sainte Thérèse de Lisieux. La bénédiction dans la Bible se fait en référence avec la face de Dieu. On lit au livre des Nombres ; « Voici comment vous bénirez les Israélites ; « Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse pour toi rayonner son visage et te fasse grâce ! Que le Seigneur te découvre sa face et t’apporte la paix ! » Qu’ils mettent ainsi mon nom sur les Israélites et je les bénirai» (Nb 6, 23-27).

L’expérience mystique est exprimée dans le désir de voir la face de Dieu. La prière dans laquelle Moïse exprime son désir est celle de voir la gloire de Dieu ; Dieu répond ; «Tu ne peux voir ma face, car l’homme ne peut me voir et vivre» (Ex 33, 20). Aussi la prière est-elle en désir de la vision béatifique qui sera donnée au-delà de la mort corporelle, la personne humaine étant libérée des limites présentes de la chair. Le psalmiste déclare à son Dieu ; «De toi mon coeur a dit ; « Cherche sa face ». C’est ta face, Seigneur que je cherche. Ne me cache point ta face» (Ps 27, 8-9). La vision de Dieu est liée à l’espérance de la résurrection ; alors l’acte de Dieu, glorifiant ses bien-aimés, leur permettra de le voir, car nous dit saint Paul ; «nous le voyons à présent, dans un miroir, mais alors ce sera face à face. A présent, je connais d’une manière partielle, mais alors je connaîtrai comme je suis connu» (1 Cor 13,12). La vision de la Face de Dieu est donc réservée pour le temps qui suit la résurrection. C’est pour cette raison que la tradition chrétienne n’a jamais admis que l’on puisse dire avoir vu Dieu pendant cette vie présente. Saint Jean de la Croix, comme bien des auteurs spirituels, a rappelé cette exigence. Il l’a fait pour corriger les excès d’une dévotion trop sensible où la prière s’attache plus à l’image qu’à celui qu’elle représente.

Dans la ligne de la tradition spirituelle, il convient donc de relever que la volonté de prouver l’authenticité du Linceul de Turin est un piège. En effet à prétendre posséder le portrait authentique de Jésus, on se détourne de la réalité. Pour la foi, le Christ est ressuscité d’entre les morts. Il siège «à la droite du Père» dans la gloire. L’entrée dans la gloire est objet de foi ; elle ne laisse pas saisir sur une plaque photographique. L’appel au miracle attestant scientifiquement la résurrection, méconnaît la grandeur de la foi qui permet de connaître en vérité l’action de Dieu ressuscitant Jésus et l’établissant en tête de l’humanité nouvelle.

«Celui qui est vraiment pieux met surtout sa dévotion dans l’objet invisible que représentent les images. Il n’a pas besoin de beaucoup d’images ; très peu lui suffisent [...]. Il y a plus ; son coeur n’a aucune attache aux images dont il se sert. Vient-on les lui enlever, il ne s’en préoccupe pas beaucoup ; il cherche en effet, cette image vivante qu’il porte en lui-même, c’est-à-dire Jésus crucifié. Voilà pourquoi, par amour pour lui, il est plutôt heureux de ce qu’on lui enlève tout et de ce que tout lui manque, même les moyens qui semblaient les plus aptes à l’élever vers Dieu. [...] Sans doute c’est une chose bonne que de se réjouir quand on a ces images ou ces moyens qui favorisent la dévotion ; aussi doit-on choisir toujours celles qui y portent le plus ; mais ce n’est pas une perfection que d’y être tellement attaché qu’on les possède avec un esprit de propriété. [...] Ce moyen doit aider l’âme à prendre son vol vers Dieu, et il doit être aussitôt mis de côté.» Jean de la Croix, La Montée du Carmel, l. III, chap. 34, Paris, édit. du Seuil, 1947, p. 432.
8. Prudence et sagesse de l’Église

Les inconnues qui subsistent sur la confection du Linceul de Turin sont nombreuses. Il est légitime de vouloir les réduire et donc de poursuivre la recherche historique en utilisant les moyens que la science donne au chercheur. Les conclusions doivent être présentées en tenant compte de sa nature et ne pas réduire le Linceul à être un objet de curiosité et ainsi l’attachement de certains chrétiens à cette relique sera respecté. Il faut donc en toute chose comprendre la nature de l’image et respecter sur ce point la prudence et la sagesse de l’Église. L’Église a toujours gardé une extrême réserve pour reconnaître l’authenticité des reliques en général et, en ce qui concerne le Linceul de Turin, par la voix des évêques concernés, elle n’a cessé de mettre en garde les fidèles – pour combattre la vénalité des clercs, l’usurpation de légitimité sacrale des princes et l’idolâtrie qui s’attache au culte des objets. Si l’Église a accordé des indulgences, les conditions ont toujours été précisées. Les indulgences viennent du profit que le fidèle trouve à méditer la Passion du Christ et à participer à la liturgie.

Sur ce point, la Tradition respecte ce qui a été institué par Jésus-Christ, les sacrements qui constituent le trésor de l’Église et la source de la sainteté. Le Chrétien, désireux de faire fructifier la grâce baptismale, dispose du sacrement de l’eucharistie. La Tradition l’invite à participer à l’office liturgique dont la lecture de l’Écriture Sainte constitue l’essentiel. Les dévotions, dont les images font partie, sont au service de la liturgie et de la célébration des sacrements, comme l’attestent les témoignages de Pères et des Docteurs (de saint Grégoire le grand à saint Jean de la Croix). Une même vigilance apparaît à la lecture de la décision pontificale prise par Clément VII à propos des ostensions à Lirey ; l’acte de dévotion ne saurait être confondu avec une action liturgique. Cette attitude confirme que la prédication et la catéchèse chrétiennes sont centrées sur les sacrements, signes du salut. La position de l’Église en la matière est parfois difficile et souvent courageuse, car ceux qui n’ont pas eu la chance de bénéficier d’une bonne initiation à la vie sacramentelle ont tendance à valoriser le merveilleux et le sentimental, au détriment des sacrements de la foi.

Extrait de la lettre du pape Clément VII au chapitre de Lirey (1390) ; «Chaque fois que ladite figure ou représentation sera dorénavant montrée au peuple, le doyen et le chapitre susdits, ainsi que les autres personnes ecclésiastiques qui feront l’ostension de la figure ou représentation, ou celles qui seront présentes, ne pourront en aucun cas revêtir à cet effet pendant toute la durée de l’ostension, ni chape, ni surplis, ni aube, ni pluvial, ni aucun autre vêtement liturgique. Ils ne feront pas non plus de solennités en usage dans l’ostension des reliques. De même ne pourront-ils allumer à cet effet ni torche, ni cierge, ni chandelle, ni utiliser aucune sorte de luminaire. Enfin celui qui fera l’ostension devra avertir le peuple au moment de la plus forte affluence et dire à haute et intelligible voix, toute fraude cessant, que la dite figure ou représentation n’est pas le vrai Suaire de Notre Seigneur, mais qu’elle n’est qu’une peinture ou un tableau du Suaire qu’on dit avoir été celui du même Seigneur Jésus Christ».

Note : La situation des papes d’Avignon à la fin du XIVe siècle ne change en rien la valeur juridique du document et à son autorité dans la mesure où toutes les décisions prises en Avignon ont été ensuite assumées à la fin du grand schisme d’Occident ; elles font partie de l’exercice ordinaire du Magistère du Pontife romain.

Les débats actuels sur l’authenticité du Linceul de Turin invitent à préciser la théologie des images. Les rappels du Concile oecuménique de Nicée II, les études des historiens ont montré que l’image utilisée dans la prière doit correspondre à des critères bien précis. En particulier, elle ne doit pas faire écran entre Dieu et celui qui le prie. Pour cette raison l’art utile au chrétien est toujours attentif à traduire une part du mystère et de l’inaccessible du visage représenté. Les critères en matière de peinture d’icône l’ont établi. La tradition occidentale a suivi d’autres voies, mais l’histoire de l’art confirme que le réalisme plat qui vise à faire des portraits ressemblants est une illusion, voire une trahison de l’esprit qui convient à la prière.

Il apparaît alors paradoxalement que les inconnues qui entourent la fabrication de l’image du Linceul font partie de sa qualité. Elles ne sont pas un obstacle à la piété, au contraire. Elles aident à ne pas le réduire à être un «portrait authentique» de Jésus, ou à se complaire de manière morbide au spectacle de sa mort. Les inconnues ne sont pas aussi une raison de faire appel au miracle, ce serait contredire la manière dont Dieu agit pour nous sauver. La logique de l’incarnation veut en effet que Jésus ne fasse pas semblant d’être un homme ; Jésus s’est manifesté en tout comme un homme, en sa vie comme en sa mort. Le centre du salut qui est l’acte de Dieu le Père ressuscitant son Fils endormi dans la mort et l’arrachant à la corruption n’est pas un acte qui puisse se saisir sur un instrument de physique. Il paraît au croyant dans la lumière de la foi.

La prudence et la sagesse de l’Église, dont nous avons rappelé les raisons, permet de bien user des images dans la tradition dont le Linceul de Turin est un exemple éminent. Cette image grâce aux nombreuses reproductions et adaptations peut aider à méditer les évangiles ; elle peut aussi aider les chrétiens à communier aux souffrances du Christ et comme le dit saint Paul, «achever en leur corps ce qui manque aux souffrances du Christ» (Phil. 3, 10). Thérèse de Lisieux, Thérèse de l’enfant Jésus et de la sainte Face, nous rappelle que l’image est au service de l’amour, participation active à la charité de Dieu. Elle nous apprend que l’absence de «portrait authentique» de Jésus Christ n’est pas une carence, car Jésus ne cesse de se manifester en ceux dont il nous a dit ; «c’est à moi que vous l’avez fait !» (Mt 25, 31-40).

Notre réserve face aux excès de la dévotion est liée à la nature même de la relation au Christ. En effet, une part de notre désir serait de toucher et de voir avec les yeux de chair. Or Jésus ressuscité dit à Marie-Madeleine qui voulait le saisir ; «Ne me touche pas ! Ne me retiens pas !» (Jn 20 , 17). De même, il dit à Thomas ; «Heureux ceux qui croient sans avoir vu» (Jn 20, 29). Saint Paul prolongeait cette exigence liée à la nature de la foi en disant qu’il ne faut pas connaître le Christ «selon la chair» (2 Cor 5, 16).

Si la vision de Dieu est réservée à la vie éternelle, cela ne veut pas dire que Dieu se cache. Il se fait voir par son Fils. En effet lors du jugement dernier, les justes diront au Christ-Roi ; «Seigneur quand nous est-il arrivé de te voir ?» (Mt 25, 37).
Pour finir

Lorsque Pilate présenta Jésus à la foule qui demandait sa mort, il dit ; «Voici l’homme!» Voici l’homme ! C’est un condamné à mort ensanglanté, vêtu par dérision d’une tunique pourpre et couronné d’épines. (Jn 19, 5). Il réalise ce qui avait été prophétisé par Isaïe à propos du mystérieux serviteur ; «comme un surgeon il a grandi devant le Seigneur, comme une racine en terre aride ; sans beauté ni éclat pour attirer nos regards et sans apparence qui nous eut séduits ; objet de mépris abandonné des hommes, homme de douleur, familier de la souffrance comme quelqu’un devant qui on se voile la face, méprisé, nous n’en faisions aucun cas» (Is 53, 2-3). Lorsque l’Eglise garde la mémoire de cette parole, elle l’entend dans l’actualité de la Passion de Jésus qui se continue en ses membres d’humanité (Mt 25, 31s).

Voici l’homme ! Il a pour visage aujourd’hui les affamés et massacrés d’Afrique. Voici l’homme ! Il a pour visage celui des exilés de toutes nos guerres et celui des humiliés de nos crises économiques. Voici l’homme ! Il a pour visage celui de ceux qui sont assassinés pour la liberté de parole et la défense de la dignité. Voici l’homme ! Il a pour visage celui de ceux qui sont enfermés, abandonnés dans leur solitude et ne peuvent plus communiquer avec autrui. Il a pour visage celui de ceux qui s’en vont, celui de ceux qui meurent. Voici l’homme, dont le visage est celui de Dieu (Jn 14,9).

Frère Jean-Michel MALDAMÉ, op
juin 2005
Bibliographie

1. Histoire. Les études de Ulysse Chevalier sont fondamentales parce qu’elles fournissent tous les documents anciens, Etude critique sur l’origine du Saint suaire de Lirey-Chambéry-Turin, Paris, Picard, 1900. Elles sont résumées dans le Dictionnaire d’histoire et d’archéologie chrétienne, article «Suaire». Elles sont reprises et complétées pour le XXe siècle par Odile Celier, Le Signe du Linceul, Paris, édit. du Cerf, 1992. cf. D. Raffard de Brienne, Dictionnaire du Linceul de Turin, Paris, 1997.

2. Observations scientifiques ; Observations faite après l’ostension de 1878 par l’association nord-américaine STURP. Documents dans La Sindone e la scienza, bilanci e programmi. Atti del congresso internazionale de sindonologia, Turin, 1979. Résumé de la controverse dans un dossier de la revue L’Histoire, n° 20, 1980. Datation au carbone 14 ; Revue Nature, 16 février 1989. Sur les remises en causes récentes et les travaux du CIELT, plusieurs colloques ont été publiés, le dernier dont les actes sont disponibles est L’identification de l’homme du linceul, Jésus de Nazareth, Paris, 1995. Sur le dossier scientifique et la lecture des lettres anciennes, André Marion et Anne-Laure Courage, Nouvelles découvertes sur le suaire de Turin, Paris, Albin Michel, 1997.

Il faut noter que les partisans de l’authenticité multiplient les travaux et les publications, tandis que les scientifiques ne consacrent ni temps ni argent à ce qu’ils considèrent comme un objet médiéval. La datation au carbone 14 a clos le débat de manière définitive.

3. Au plan théologique, les partisans de l’authenticité sont rassemblés dans des associations diverses qui ne partagent pas la même sensibilité ; il convient de distinguer soigneusement entre les nord-américains et les européens, entre la Contre-Réforme catholique et les membres de l’association «Montre-nous-ton-visage», etc.

Les études historiques sur la dévotion sensible à la Passion sont nombreuses, Par exemple, «Les grandes processions de pénitents de 1349 à 1399», dans La Piété populaire du Moyen Age, Turin, 1975 ; collectif, Le Pressoir mystique, Paris, édit. du Cerf, 1990 ; Sixten Ringbom, De l’icône à la scène narrative, Paris, G. Monfort, 1997.

Sur la mystique de la Passion, cf. Stanislas Breton, Mystique de la Passion, Paris, Desclée, 1966 et les études sur les mystiques rhéno-flamands.

Textes cités illustrant le propos

1. «Ô Face adorable de Jésus, seule Beauté qui ravit mon coeur, daigne imprimer en moi ta Divine Ressemblance, afin que tu ne puisses regarder l’âme de ta petite épouse sans te contempler Toi-même.

«Ô mon Bien-Aimé, pour ton amour, j’accepte de ne pas voir ici-bas la douceur de ton Regard, de ne pas sentir l’inexprimable baiser de ta bouche, mais je te supplie de m’embraser de ton amour, afin qu’il me consume rapidement et fasse bientôt paraître devant toi Thérèse de la Sainte Face». (Août 1896). Thérèse de Lisieux par elle-même, t. I, Paris, Desclée de Brouwer, 1997, p. 63.

2. «Autre chose est d’adorer une peinture et autre chose d’apprendre par une scène représentée en peinture ce qu’il faut adorer. Car ce que l’écrit procure aux gens qui lisent, la peinture le fournit aux analphabètes qui la regardent, puisque ces ignorants y voient ce qu’ils doivent imiter ; les peintures sont la lecture de ceux qui ne savent pas leurs lettres, de sorte qu’elles tiennent le rôle d’une lecture surtout chez les païens».

Saint Grégoire, lettre XI, 13, cité dans Sixten Ringbom, De l’icône à la scène narrative, Paris, édit. G. Monfort, 1997.

3. «Plus on regardera fréquemment ces représentations imagées, plus ceux qui les contempleront seront amenés à se souvenir des modèles originaux, à se porter vers eux, à leur témoigner en les baisant, une vénération respectueuse sans que ce soit une adoration véritable selon notre foi qui ne convient qu’à Dieu seul. Mais comme on le fait pour l’image de la croix précieuse et vivifiante, pour les saints évangiles, pour les autres objets et monuments sacrés, on offrira de l’encens et des lumières en leur honneur, selon la pieuse coutume des anciens. Car l’honneur rendu à une image remonte au modèle original. Quiconque vénère une image, vénère la réalité qui y est représentée».

4. Deuxième concile oecuménique de Nicée, tenu en 787, Gervais Dumeige, Nicée II, édit. de l’Orante, Paris, 1978, p. 240.

«Quand on étudie avec attention la littérature religieuse du moyen âge, on y remarque, dès la fin du XIIIe siècle, d’étonnantes nouveautés. La sensibilité, jusque là contenue, s’y exalte. La surprise est grande pour celui qui a vécu dans la familiarité des sévères docteurs du XIe et du XIIe siècle, qui transposent toutes les réalités en symboles, qui se meuvent dans le pur éther de la pensée. [...] Désormais les penseurs les plus austères sortiront brusquement de l’abstraction, pour peindre Jésus souffrant, pour pleurer sur ses plaies, pour compter les gouttes de son sang. Une tendresse inconnue détend les âmes. On dirait que la chrétienté tout entière reçoit le don des larmes. [...] Dès le commencement du XIVe siècle, la Passion devint la grande préoccupation des âmes. [...] La plupart des opuscules sont anonymes. Il faudrait se garder de croire que cette exaltation de la sensibilité fût particulière aux mystiques ; l’Eglise tout entière entra dans ces sentiments.» Emile Mâle, L’Art religieux de la fin du Moyen Âge, p. 86-88

5. Salve sancta facies. Hymne pour la fête de sainte Véronique au bréviaire

«Je vous salue, ô sainte Face de notre Rédempteur, où se reflète, comme dans un pur miroir, la splendeur de notre Dieu. Imprimée sur un linge blanc comme neige, vous fûtes donnée à sainte Véronique comme gage de l’amour de Jésus. Salut ornement de ce monde, miroir des Saints, Vous que les esprits célestes désirent contempler, purifiez-nous de toute tache et joignez-nous à la compagnie des bienheureux. Salut, ô notre gloire dans cette vie si pénible, fugitive et fragile, qui finit si promptement. Conduisez-nous à la patrie, ô bienheureuse image de notre Dieu, afin que nous y contemplions le visage immaculé de Jésus-Christ. Nous vous en supplions, soyez pour nous une aide assurée, un doux rafraîchissement, une douce consolation. Préservez-nous de toute nuisance de l’ennemi de notre âme, et faites que nous jouissions enfin de l’éternel repos avec les bienheureux.»

6. Extrait de la lettre de l’évêque Pierre d’Arcis au pape Clément VII, résidant en Avignon (Lettre écrite en 1389)

«L’affaire, Saint Père, se présente ainsi. Depuis quelque temps dans ce diocèse de Troyes, le doyen d’une certaine église collégiale, à savoir celle de Lirey, faussement et mensongèrement, consumé par la passion de l’avarice, animé non par quelque motif de dévotion mais uniquement de profit, s’est procuré pour son église un certain linge habilement peint sur lequel, par une adroite prestidigitation, était la représentée la double image d’un homme, c’est-à-dire le dos et le devant, le doyen déclarant et prétendant menteusement que c’était le véritable suaire dans lequel notre Sauveur Jésus-Christ avait été enveloppé dans le tombeau, et sur lequel le portrait de Sauveur était resté imprimé avec les plaies qu’il portait. [...] En outre, pour attirer les foules afin de leur extorquer sournoisement de l’argent, de prétendus miracles ont eu lieu, certains hommes étant loués afin de se donner pour guéris lors de l’exposition du suaire, dont chacun croit qu’il est le suaire de Notre-Seigneur. Mgr Henri de Poitiers de pieuse mémoire, alors évêque de Troyes, étant mis au courant de ces faits et pressé d’agir par de nombreuses personnes prudentes, comme c’était en effet son devoir dans l’exercice de sa juridiction ordinaire, se mit à l’oeuvre pour découvrir la vérité dans cette affaire. Car beaucoup de théologiens et de personnes visées déclaraient qu’il ne pouvait s’agir du suaire authentique de Notre-Seigneur dont le portrait se serait ainsi imprimé dessus, puisque les saints Evangiles ne faisaient pas mention d’une telle impression, alors que si elle s’était produite, il semblait bien évident que les saints évangélistes n’auraient pas omis de le rapporter, et que le fait ne serait pas demeuré caché jusqu’à nos jours. En fin de compte, après avoir déployé une grande diligence dans son enquête et ses interrogatoires, il a découvert la fraude et comment ledit linge avait été astucieusement peint, la vérité étant attestée par l’artiste qui l’a peint, autrement dit que c’était une oeuvre due au talent d’un homme, et non point miraculeusement forgée ou octroyée par grâce divine» (Texte latin reproduit par U. Chevalier, Etude critique sur l’origine du Saint Suaire de Lirey-Chambéry-Turin, 1900, Annexe, document G, p. VII-VIII).

7. Quelques dates

1357 ; Le suaire apparaît pour la première fois dans la collégiale fondée par Geoffroy Ier de Charny où il attire des foules considérables

1453 ; Chambéry, église de Franciscains. Marguerite de Charny, fille de Geoffroy II de Charny cède le Linceul à Louis Ier duc de Savoie

1532 ; Sainte chapelle de Chambéry. Dans la nuit du 3 au 4 décembre, un incendie ravage la sacristie. Le linceul est sauvé. Il conserve de cette mésaventure des traces de brûlures et des cernes d’eau. Les parties détruites par le feu sont rapiécées en 1534.

1578 ; Turin. Le duc de Savoie transfère le Linceul dans sa nouvelle capitale.

1898-1903 ; A la suite des premières photographies, polémiques sur l’authenticité. L’historien Ulysse Chevalier édite les textes qui concernent l’histoire du suaire. Il publie le rapport de Pierre d’Arcis, datant de 1389, assurant que le Linceul a été peint par un artiste (artifex) dont son prédécesseur Henri de Poitiers avait obtenu les aveux.

1931, 1933 et 1973 ; ostensions et expositions

1878 ; ostension à la suite de laquelle des chercheurs scientifiques procèdent à des prélèvements en vue d’analyses scientifiques.

1988 ; datation au carbone 14 qui établit que le linge a été fabriqué entre 1260 et 1390.

8. Le principe de la datation au carbone 14 repose sur le fait que tout être vivant contient dans ses cellules du carbone et des isotopes du carbone, dont le carbone 14 radioactif. L’abondance relative de ce dernier reste constante par suite des échanges permanents entre l’organisme et le milieu extérieur. A la mort les échanges cessent et la teneur en carbone 14 diminue progressivement. Grâce à la connaissance de sa période (durée pendant laquelle la quantité de substance radioactive diminue de moitié), la mesure de l’abondance actuelle permet de déduire la date de la mort de l’organisme.

10. «Je ne considère pas que le résultat de la datation radiocarbone du Suaire de Turin montre que le Suaire est une contrefaçon. [...] Montrer que le Suaire est une contrefaçon supposerait une intention frauduleuse et il est clair que la datation au radiocarbone n’apporte aucune preuve à l’appui d’une telle hypothèse.»

Lettre de Michaël Tite citée en annexe du livre de Arnaud-Aaron UPINSKY, La Science à l’épreuve du linceul. La démonstration scientifique de l’authenticité, Paris, OEIL, 1990, p. 240.

11. «Celui qui est vraiment pieux met surtout sa dévotion dans l’objet invisible que représentent les images. Il n’a pas besoin de beaucoup d’images ; très peu lui suffisent [...]. Il y a plus ; son coeur n’a aucune attache aux images dont il se sert. Vient-on les lui enlever, il ne s’en préoccupe pas beaucoup ; il cherche en effet, cette image vivante qu’il porte en lui-même, c’est-à-dire Jésus crucifié. Voilà pourquoi, par amour pour lui, il est plutôt heureux de ce qu’on lui enlève tout et de ce que tout lui manque, même les moyens qui semblaient les plus aptes à l’élever vers Dieu. [...] Sans doute c’est une chose bonne que de se réjouir quand on a ces images ou ces moyens qui favorisent la dévotion ; aussi doit-on choisir toujours celles qui y portent le plus ; mais ce n’est pas une perfection que d’y être tellement attaché qu’on les possède avec un esprit de propriété. [...] Ce moyen doit aider l’âme à prendre son vol vers Dieu, et il doit être aussitôt mis de côté.» Jean de la Croix, La Montée du Carmel, l. III, chap. 34, Paris, édit. du Seuil, 1947, p. 432.

12. Extrait de la lettre de Clément VII au chapitre de Lirey (1390) ; «Chaque fois que ladite figure ou représentation sera dorénavant montrée au peuple, le doyen et le chapitre susdits, ainsi que les autres personnes ecclésiastiques qui feront l’ostension de la figure ou représentation, ou celles qui seront présentes, ne pourront en aucun cas revêtir à cet effet pendant toute la durée de l’ostension, ni chape, ni surplis, ni aube, ni pluvial, ni aucun autre vêtement liturgique. Ils ne feront pas non plus de solennités en usage dans l’ostension des reliques. De même ne pourront-ils allumer à cet effet ni torche, ni cierge, ni chandelle, ni utiliser aucune sorte de luminaire. Enfin celui qui fera l’ostension devra avertir le peuple au moment de la plus forte affluence et dire à haute et intelligible voix, toute fraude cessant, que la dite figure ou représentation n’est pas le vrai Suaire de Notre Seigneur, mais qu’elle n’est qu’une peinture ou un tableau du Suaire qu’on dit avoir été celui du même Seigneur Jésus Christ».

Note : La situation des papes d’Avignon à la fin du XIVe siècle ne change en rien la valeur juridique du document et à son autorité dans la mesure où toutes les décisions prises en Avignon ont été ensuite assumées à la fin du grand schisme d’Occident ; elles font partie de l’exercice du Magistère du Pontife romain.

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