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29 juillet, 2011

Le magazine de la Fédération compagnonnique des métiers du bâtiment

Classé dans : Non classé — andreadicaffa02 @ 15:50


Paperblog

Le Compagnonnage
Introduction

Le compagnonnage a pour double but de former des hommes en même temps que des professionnels qualifiés. Il permet à chaque individu l’accomplissement de ses possibilités culturelles et professionnelles, grâce à l’exercice de son métier.

Un diplôme de base en poche, le jeune part faire son « tour de France ». Quatre à six ans sont nécessaires, selon les besoins de chacun, avant d’être reçu « compagnon ». Le jeune « itinérant » va d’étape en étape sur le réseau des sièges de la Fédération compagnonnique (hébergement, restauration, salles de cours), au rythme d’une à deux villes par an, en tant que salarié. Ce voyage permet la découverte des techniques, des matériaux, des méthodes et des moyens de travail, différents d’une région à l’autre et d’un pays à l’autre. Le voyage constitue, au-delà de la rencontre des techniques et des expériences, ce parcours de la vie au cours duquel l’homme se construit grâce aux épreuves à surmonter et aux étapes à franchir.

Parfaire sa formation sur le tour de France c’est :

- approfondir son métier jusqu’à le maîtriser dans les moindres détails,

- apprivoiser la matière,

- intégrer les gestes, les tours de mains ancestraux et les techniques de pointe,

- élargir ses facultés intellectuelles,

- pratiquer l’esprit de solidarité,

- apprendre à transmettre son savoir.

Lorsqu’il se sédentarise à l’issue de son périple, le compagnon est un homme accompli, reconnu et conscient de son rôle au sein de la société contemporaine.
I – Le Compagnonnage
1 – Le Compagnonnage, qu’est-ce que c’est ?

C’est le prolongement d’une méthode d’enseignement technique et philosophique dont le principe remonte aux origines des civilisations humaines.

Une des constantes des sociétés humaines a été de perfectionner les métiers pour aboutir à une parfaite compétence permettant la création harmonieuse du produit. C’est ainsi que les Compagnons qui ont participé à la construction des cathédrales sont aujourd’hui à la pointe des réalisations les plus modernes.

En novembre 2010, le Compagnonnage a été inscrit sur la liste représentative du Patrimoine Culturel Immatériel de l’UNESCO en tant que « réseau de transmission des savoirs et des identités par le métier ».
2 – Sa légende et ses origines :

Certains font naître le Compagnonnage autour de la construction du Temple de Jérusalem, au temps du célèbre roi Salomon, d’autres dans l’Égypte des Pharaons, ou encore au temps des cathédrales et des Templiers.

A Rome, dès le VIe siècle avant Jésus Christ, des collèges d’ouvriers à caractère institutionnel apparurent et les spécialistes se déplacèrent avec les légions.

Il est vraisemblable que le monde Celte a connu des collèges semblables, puisque, assez tôt dans l’histoire, la différenciation des techniques entraîna une division du travail provoquant une hiérarchie des fonctions et l’apparition des castes.

La compétition économique amena la préservation des secrets de fabrication et des tours de main qui ne furent communiqués qu’à des « collègues » sûrs, donc cooptés. Ainsi l’essence même du Compagnonnage est contenue dans le développement des premiers groupes humains. En occident, les ordres conventuels ont été les refuges des « manuels qualifiés » ; Bénédictins, Chartreux, Cisterciens regroupèrent les Compagnons autour de leurs monastères.
3 – Son histoire :

En dehors de la légende, nous retrouvons les premières traces écrites de l’existence du Compagnonnage au XIIe siècle, après le Concile de Troyes. Des manuscrits mentionnent en effet que les ouvriers les plus qualifiés, parmi ceux travaillant à la construction des cathédrales sont « les Compagnons du Saint Devoir de Dieu ». Ces Compagnons obtinrent des franchises, c’est à dire le droit de circuler librement de chantier en chantier. Ils apprirent, par ailleurs, de l’Ordre Templier, la connaissance de la géométrie descriptive et de la décomposition graphique des forces qui leur permirent de construire des édifices scientifiquement calculés.

Cette science, tenue absolument secrète, se transmettait de bouche à oreille, de maître à élève, car elle était une initiation de métier, à ne dévoiler qu’à ceux qui en étaient dignes, c’est-à-dire ceux qui pouvaient eux-mêmes l’appliquer. Cela explique l’extraordinaire qualité de construction des cathédrales des XIIe et XIIIe siècles qui restent des joyaux de notre patrimoine architectural.

Ces mêmes qualités se retrouvent dans les cathédrales construites au début du XIVe siècle par des Compagnons expatriés en Espagne, en Italie du Nord, à Strasbourg et en Europe Centrale.

La Révolution Française qui abolit le corporatisme bourgeois qui pesait sur les ouvriers non Compagnons ne reconnut pas pour autant le droit de coalition, ni celui de grève. Le Compagnonnage des Métiers ayant construit les cathédrales (Tailleurs de pierre, Maçons, Charpentiers, Couvreurs, Serruriers, Menuisiers, Plâtriers), association de fait ayant ses propres structures, fut le catalyseur des espoirs du monde ouvrier.

Le marasme économique qui suivit le Premier Empire incita les ouvriers à chercher un emploi hors de leur région natale. Le Tour de France des Cathédrales fut remplacé par le Tour de France de l’emploi où chacun put augmenter la somme de ses connaissances professionnelles par l’apprentissage de technicités diverses : ce fut l’apogée du Compagnonnage.

Le machinisme qui amena la grande concentration industrielle de la fin du XIXe siècle faillit lui être fatal. Seule une poignée de Compagnons maintint la tradition entre les deux dernières guerres.

Depuis, la démesure de l’univers industriel a ramené, et ramène encore vers le Compagnonnage une jeunesse à la recherche de la « connaissance » revenant aux sources des « vraies vertus » dispensées par le travail. C’est ainsi que le XXIe siècle pourrait être une nouvelle grande époque du Compagnonnage.
4 – Ses perspectives :

Les analystes spécialisés de notre époque, de quelque tendance qu’ils soient, ne parlent que de « l’aliénation culturelle des masses », et c’est vrai si l’on en juge par la « mauvaise humeur à vivre » de nos contemporains. La réponse à ce malaise du siècle ne semble pas se trouver dans la seule consommation de loisirs, même intellectuels.

En fait, la joie de vivre naît de savoir créer avec ses mains, c’est-à-dire, aussi, posséder un Métier véritable, et de ne pas être un individu interchangeable par manque de qualification professionnelle.

Un véritable métier, nécessaire à la survie matérielle, nécessaire aussi à l’accomplissement de l’être, est un facteur d’équilibre social.

Chaque individu possédant l’esprit compagnonnique, aspire, par l’exercice même de son métier, à la réalisation de ses possibilités culturelles et spirituelles. C’est la réponse donnée par le Compagnonnage aux questions du monde contemporain.

En effet, dans ses écoles, il dispense à la jeunesse actuelle un enseignement lui permettant d’apprendre d’authentiques métiers d’une constante valeur marchande. Il cherche aussi à former des techniciens qui, avant d’être l’élite manuelle, sont d’abord des hommes véritables formés selon les plus hautes traditions des métiers du bâtiment et qui leur permet d’accéder aux postes d’encadrement des entreprises.
II – La FCMB

La Fédération Compagnonnique des Métiers du Bâtiment et Autres Activités a été fondée en 1952 par le regroupement des anciennes Sociétés héritières de la tradition compagnonnique. C’est une association de type Loi 1901, reconnue d’Utilité publique depuis 2002.
1 – La Fédération Nationale Compagnonnique des Métiers du Bâtiment :

Son siège est à Paris. Elle regroupe les Fédérations Régionales fédérant elles-mêmes les cinq structures constituant l’ossature de base qui sont :

- la Société des Compagnons Charpentiers des Devoirs du Tour de France

- la Société des Compagnons Maçons Tailleurs de Pierre des Devoirs du Tour de France

- la Société des Compagnons et Affiliés Menuisiers Serruriers du Devoir de Liberté

- la Société des Compagnons Couvreurs Plombiers Zingueurs et Plâtriers du Devoir

- la Société des Peintres et Vitriers du Devoir du Tour de France

Son action porte sur :

- la définition et l’application de la politique compagnonnique nationale,

- la représentation auprès des administrations centrales des Fédérations Régionales,

- l’organisation et la direction des différentes commissions régissant l’enseignement et la gestion au niveau national,

- les relations avec les compagnonnages européens et français,

- la circulation de l’information à l’intérieur et à l’extérieur.

2 – Les Fédérations Régionales Compagnonniques des Métiers du Bâtiment :

Elles regroupent les métiers organisés sous forme de Cayennes ou Chambres.

Leur action porte sur l’intendance en général, à savoir :

- la représentation auprès des administrations publiques et du privé

- l’organisation des stages de formation professionnelle et de l’apprentissage

- la gestion des sièges locaux

- L’organisation des cours de promotion sociale

- La mise à disposition de moyens permettant la pratique du Tour de France
3 – Les métiers (Cayennes ou Chambres) :

Chaque corps de métier est organisé sous forme de Cayenne ou Chambre. Ces dernières sont indépendantes entre elles. Leur action porte sur la vie compagnonnique et l’enseignement promotionnel par les cours de promotion sociale.

Parallèlement à l’organisation administrative, à forme fédérative, dont il vient d’être question, chaque corps de métier se regroupe lui même sur le plan national en cinq Sociétés, individuellement, légalement et rituellement autonomes.

A propos de « CMO »

Déjà plus de 60 ans d’existence pour notre revue, « Compagnons et Maîtres d’œuvre » (CMO ou C&MO pour les habitués) ! Elle existait même avant la création officielle de l’association dont elle se fait le porte-parole, la Fédération Compagnonnique des Métiers du Bâtiment.

En effet, ce sont d’abord les compagnons charpentiers des Devoirs, dont les anciennes sociétés rivales viennent de fusionner après-guerre, qui souhaitent se munir d’un organe de presse, fait par et pour les compagnons : ainsi, en novembre 1946, paraît le premier numéro de « La Voix des Compagnons ».

La première parution de notre revue

Dès le départ, la volonté des charpentiers est d’ouvrir ce journal aux autres corporations compagnonniques. Dans le même temps, la Fédération compagnonnique est en gestation. Créée en 1952, elle regroupe aujourd’hui 5 sociétés : les compagnons charpentiers des Devoirs, les compagnons et affiliés menuisiers et serruriers du Devoir de Liberté, les compagnons maçons tailleurs de pierre des Devoirs, les compagnons passants bons drilles couvreurs, zingueurs, plombiers et plâtriers du Devoir et les compagnons peintres vitriers du Devoir.

Si l’on doit retenir une figure incontournable dans l’existence de notre revue, c’est bien celle de Raoul Vergez, Béarnais l’Ami du Tour de France. Compagnon charpentier, mais aussi écrivain, cinéaste, international de rugby, il est à l’initiative du projet de création d’une revue compagnonnique et il en est le premier rédacteur en chef, jusqu’en 1955. Il retrouve son poste de rédacteur en chef en 1963 : c’est à cette date qu’il décide de changer le titre « La Voix des Compagnons » pour « Compagnons et Maîtres d’œuvre ».

D’autres changements ont animé l’histoire de notre revue, évoluant peu à peu d’un format « journal » en noir et blanc vers un magazine tout en couleurs. Mais surtout, « Compagnons et Maîtres d’œuvre » s’est peu à peu ouvert au-delà du compagnonnage, par les sujets abordés (l’architecture, le voyage, les techniques de construction…), par l’ouverture de l’abonnement à tous, compagnons et profanes, professionnels et amateurs, et par des contributions extérieures à la Fédération compagnonnique. Citons et remercions, parmi ces contributeurs, Jean-Michel Mathonière, auteur, éditeur, commissaire d’exposition spécialiste du compagnonnage (www.compagnonnage.info), qui nous a aidés à améliorer la présentation de la revue (notamment la première page, qu’il a composée) et des auteurs réguliers d’articles, tels Francis Cortal, architecte, qui nous fait partager sa passion pour l’architecture contemporaine, Jean-François Blondel, auteur d’ouvrages sur les compagnons, les cathédrales et autres monuments historiques, ou Jacques Pioch, notamment pour son explication détaillée du chrisme…

Le blog a lui vu le jour en avril 2007. Depuis lors, pour chaque parution de « Compagnons et Maîtres d’œuvre » (la revue est trimestrielle), un article de la revue est retranscrit dans ce blog, avec parfois des illustrations complémentaires ; d’autres compléments devraient faire leur apparition à l’avenir.

Sauf mention contraire, les articles et leurs illustrations sont la propriété de la Fédération nationale compagnonnique des métiers du bâtiment. Si un contenu vous intéresse, merci de prendre contact en laissant un commentaire avec votre adresse e-mail à la suite de l’article qui a attiré votre attention.

Bonne lecture !

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