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3 juillet, 2014

Françoise Breynaert docteur en Théologie qui a aussi puisé dans l’ enseignement doctrinale des Pères Servites de Marie

Classé dans : Non classé — andreadicaffa02 @ 18:51

Vivre le baptême avec Marie

                                                         Origine et développement du culte envers Marie                                                         La Tradition apostolique (vers l’an 215)                                                         Vivre le baptême avec Marie                                                         Marie dans la liturgie du dimanche                                                         Vivre la sainte Messe avec Marie                                                         Les prières liturgiques, une anthologie mariale

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L’expérience du baptême :

Notre baptême est une participation à la victoire de Jésus sur la mort et sur le péché qui est la cause de la mort. C’est pourquoi les baptêmes d’adulte ont lieu durant la nuit pascale ou le jour de Pâques.

Vivre en se sachant aimé(e) de Dieu.
Le baptême est une manière de vivre parce qu’on se sait aimé(e) de Dieu.
Se savoir aimé(e) de Dieu est la victoire sur le péché qui est toujours un manque d’amour, et c’est la victoire sur la mort, car la vie d’union à Dieu est victorieuse de la mort.
Les paroles adressées à Jésus le jour de son baptême s’adressent aussi à nous.
« Ayant été baptisé, Jésus aussitôt remonta de l’eau; et voici que les cieux s’ouvrirent: il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et voici qu’une voix venue des cieux disait: « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur. » » (Matthieu 3, 16-17)

On ne prend pas le baptême, on le reçoit : c’est un cadeau.
De la part du Fils, : veux-tu être Fils du Père comme moi ?
De la part du Père : consens-tu à être mon enfant et que je sois ton Père ?
De la part de l’Esprit Saint : Veux-tu être saisi, marqué d’un sceau par l’Esprit de la promesse ? (Soulignons l’image du sceau : par le sceau de l’Esprit Saint, Dieu peut nous reconnaître sien).

Il ne faut pas parler du baptême au passé mais au présent.
Dieu ne dit pas « tu as été mon enfant ».
Dieu dit : « tu es mon enfant ».
« Car tu comptes beaucoup à mes yeux, tu as du prix et je t’aime. » (Isaïe 43, 4)

Vivre le baptême, c’est vivre une expérience de l’Alliance.
La grâce du baptême, c’est le regard d’amour du Père posé sur moi avec fidélité.
Un exemple nous le fait comprendre :
Un enfant était adopté. Un jour, il commis beaucoup de fautes. Son père le réprimanda vivement et l’enfant s’en alla bouder en criant : de toute façon, tu n’es pas mon père !
Le père adoptif attendit puis il l’approcha et lui dit : c’est vrai, je ne suis pas ton père, mais je t’ai choisi.
A ces mots, la glace qui était dans le cœur ce cet enfant fondit.

 

Comment Marie est-elle présente au baptême?

Le baptême nous fait entrer dans la famille de l’Eglise, qui est le Corps mystique du Christ. La Mère du Christ est présente dans notre incorporation au Corps mystique du Christ. Le Corps mystique vit de la vie divine. En effet,

 

Cette vie divine nous est révélée et communiquée parce que Dieu s’est fait homme, et cela s’est réalisé par Marie, c’est le mystère de l’Incarnation (Lc 1, 26-38).

 

Pour entrer dans le Corps mystique du Christ, il faut mourir au péché pour renaître à la vie de la grâce, c’est une Pâque, là encore, Marie est présente, elle qui fut debout au pied de la croix, elle que Jésus a donnée à chaque disciple au moment crucial de ce passage qui est une nouvelle naissance.

 

Marie et le baptême dans la pratique de l’Eglise primitive

La Tradition apostolique, document liturgique romain de l’an 215 environ, témoigne que dans le rite de l’attribution du baptême, la nuit de Pâques, lors de la seconde immersion du catéchumène, il lui est demandé : « Crois-tu en Christ Jésus, Fils de Dieu, né par l’Esprit Saint de Marie la Vierge ? » [1]

Le motif est évident : la vraie maternité de Marie vis-à-vis du Fils de Dieu et sa fécondité virginale sont la base historique et la garantie du salut.

 

Dès le troisième siècle, la catéchèse et la solennisation du jour anniversaire du baptême avec renouvellement des promesses se sont développées afin de rendre les chrétiens plus persévérants.

 

Marie et le baptême dans l’Eglise catholique romaine

En 829, le concile de Sens renoue avec l’antique pratique du renouvellement des promesses baptismales.

Mais la Renaissance infiltra une sagesse humaine et même mondaine.

Luther puis la réforme catholique réagissent et rappellent à nouveau la grandeur du baptême. Saint Charles de Borromée, évêque de Milan, reprend la pratique du renouvellement des vœux du baptême.

Le pape Clément XI envoya le père de Montfort « faire renouveler partout l’esprit du christianisme par le renouvellement des vœux du baptême. »

 

Fort de son expérience spirituelle de terrain, saint Louis Marie de Montfort propose un don de soi-même au Christ par les mains de Marie dans la cérémonie du renouvellement des vœux du baptême (Contrat d’Alliance 1-3), et il identifie les deux démarches spirituelles (Traité 120). [2]

 

C’est l’Eglise qui baptise, et Marie est présente à ce moment là, elle accompagne le baptisé, elle accompagne l’Eglise qui baptise. C’est ainsi que le concile Vatican II dit que Marie coopère à la naissance des croyants. Voici la phrase du concile Vatican II :

 

« [Marie] engendra son Fils, dont Dieu a fait le premier-né parmi beaucoup de frères (Rm 8, 29), c’est-à-dire parmi les croyants, à la naissance et à l’éducation desquels elle apporte la coopération de son amour maternel. »

(Lumen gentium 63)

Le concile Vatican II a été suivi d’une réforme liturgique. Et le rituel du baptême indique dans une rubrique finale que le Magnificat d’action de grâces et la consécration à Notre-Dame peuvent avoir leur place, à la fin de la cérémonie (Rituel du baptême, n°80).

Exemples d’application :

  • Les mouvements néo-catéchuménaux, qui prennent le temps de refaire, avec des adultes, le cheminement pré-baptismal, donnent à Notre-Dame, et de façon explicite, la place qui lui revient.
  • Dans le même esprit, un certain nombre de sanctuaires marials célèbrent actuellement une consécration à Marie pour les enfants baptisés dans l’année, par exemple, Notre Dame de Grâce à Honfleur, Notre Dame de la Délivrande à Douvres-la-Délivrande, etc.
  • La spiritualité de saint Louis-Marie de Montfort : Marie est un moule vivant où nous sommes façonnés, chacun de manière unique.

[1] La Tradition Apostolique §21, par B.BOTTE, SC 11 bis, Le Cerf Paris 1968, p. 84

[2] F. Breynaert, L’arbre de vie, Parole et Silence, Paris 2006 ; ou A l’écoute de Marie, tome II, Brive 2007.

Lire aussi : Ignazio Calabuig, Il culto di Maria in occidente, In Pontificio Istituto Liturgico sant’Anselmo, Scientia Liturgica, sotto la direzione di A.J. Chupungco, vol V, Piemme 1998. p. 270-271


Mgr Jean Ntagwarara (Burundi)

 

 

Breynaert (Françoise Breynaert)


A propos de l’auteur

Françoise Breynaert docteur en Théologie qui a aussi puisé dans l' enseignement doctrinale des Pères Servites de Marie

Breynaert (Françoise Breynaert)Voir toutes ses publications

Née en 1963. Docteur en théologie (Marianum, Rome). J’ai rencontré les fondateurs du projet « Marie de Nazareth » en septembre 2001 et je me suis mise à leur service en partant à Rome dès le mois d’octobre. J’ai étudié à la faculté pontificale de théologie « Marianum », en apportant au projet des fiches de synthèse en français, entre les années 2002 et 2005. Pendant ces années à Rome, en 2004, j’ai soutenu une thèse de doctorat « L’arbre de vie, symbole de la spiritualité de saint L-M de Montfort », avec la mention Summum cum laude (mention suprême).
En 2006, j’ai donné la formation mariologique au séminaire franciscain de Jérusalem (en italien). Entre temps, j’ai aussi parfois donné des sessions de formations dans des communautés classiques ou dans d..

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21 septembre, 2011

Guérir…Quel sens et quelles offres dans les Eglises? Réflexion du Père Bernard Ugueux Professeur faculté catholique de Théologie de Toulouse

Classé dans : Non classé — andreadicaffa02 @ 16:56

Guérir… Quel sens et quelles offres dans les Eglises ?
Journée œcuménique de réflexion.
A propos du ministère de guérison1.
Par Bernard Ugeux2

Introduction
L’Eglise catholique ne parle habituellement pas de « ministère de guérison ».
Tout d’abord, elle réserve le terme de « ministre » aux ministres ordonnés (évêque, prêtre, diacre) à l’exception de deux ministères institués pour des laïcs : le lectorat et l’acolytat.
Pour les autres tâches, on emploie les termes « offices, fonctions ou charges» (cf. CFL3 23) ou aussi services communautaires.
Ensuite, en ce qui concerne les ministères ordonnés, il n’existe pas de ministère de guérison à proprement parler dans leurs charges (enseigner, sanctifier, diriger). Il existe certes la tâche pastorale paroissiale, par exemple, qui implique l’accompagnement spirituel (que tous ne pratiquent pas) et le conseil, mais sans référence à un ministère de guérison. Il existe aussi une pastorale des malades, qui implique le sacrement de l’onction des malades (non reconnu comme sacrement par la plupart des Eglise protestantes). Or, ce sacrement est réservé à l’évêque et au prêtre, à l’exclusion du diacre, car il est souvent associé au sacrement de la pénitence et de la réconciliation (confession). L’Eglise favorise la séquence : sacrement de la réconciliation, sacrement de l’onction et viatique (sacrement de l’eucharistie en vue du dernier passage).
Il est question, traditionnellement, d’une grâce de guérison liée à certains sacrements comme la réconciliation, l’eucharistie et l’onction des malades, tous les trois réservés à l’évêque et au prêtre. Cette grâce est reliée aux sacrements plutôt qu’au ministère lui-même. C’est un fruit de l’Esprit Saint agissant par ce sacrement, nom du ministère.
Le CEC4 dit, à propos de l’Eglise, Temple de l’Esprit :
« L’Esprit Saint est « le Principe de toute action vitale et vraiment salutaire en chacune des diverses parties du Corps » (Pie XII, Mystici Corporis). Il opère de multiples manières l’édification du Corps tout entier dans la Charité (cf. Ep 4,16) : (…) par les sacrements qui donnent croissance et guérison aux membres du Christ (…), enfin par les multiples grâces spéciales (appelées charismes) par lesquels il rend les fidèles « aptes et disponibles pour assumer les diverses charges et offices qui servent à renouveler et à édifier davantage l’Eglise » (798).

Il cite également le sacrement de pénitence et de réconciliation et l’onction des malades comme des « sacrements de guérison » (1420). Ceci montre que la guérison qu’apporte l’Eglise doit être reliée au salut, et concerne autant la libération du péché que la guérison des maladies. Cependant, le CEC ne cite pas de guérison physique ou psychologique parmi les effets du sacrement de pénitence et de réconciliation. (1496). Plus loin, il cite sans plus le charisme de guérison (1508). Il note à propos de l’onction des malades:
« Au cours des siècles, l’onction des malades a été conférée de plus en plus exclusivement à ceux qui étaient sur le point de mourir. A cause de cela elle avait reçu le nom d’« Extrême onction ». Malgré cette évolution la liturgie n’a jamais omis de prier le Seigneur afin que le malade recouvre sa santé si cela est convenable à son salut ». (1512)5.

On constate qu’il s’agit ici d’une prière liturgique d’intercession et non d’une prière de guérison comme telle. Cette dernière n’est d’ailleurs pas citée dans les effets de ce sacrement (1520).
A ce propos, le rituel de l’onction des malades est également très discret. Dans la présentation du rituel, sur 18 paragraphes, on ne trouve que cette phrase : « Quand il est accueilli dans la foi de l’Eglise, ce signe est puissance de réconfort, soutien dans l’épreuve et ferment pour triompher de la maladie si Dieu le veut » (§14)6. Quant à la formule de l’onction, elle dit :
« - N., par cette onction sainte, que le Seigneur en sa grande bonté, vous réconforte par la grâce de l’Esprit-Saint ;
R. Amen.
Ainsi, vous ayant libéré de tous péchés, qu’il vous sauve et vous relève ;
R. Amen. »
L’onction est destinée « aux fidèles dont la santé commence à être dangereusement atteinte par la maladie ou la vieillesse » (§57). Le rituel insiste cependant sur le risque de retarder la réception du sacrement.
Tout ceci montre qu’il serait abusif de considérer que, dans l’Eglise catholique, le ministre ordonné exerce un « ministère de guérison »

Le seul lieu ecclésial où on emploie cette expression de façon régulière, c’est le Renouveau charismatique (groupes de prière et communautés nouvelles), héritier du pentecôtisme, apparu en France en 1972. Ceci pose problème à certains membres du clergé, bien que le Renouveau ait favorisé la redécouverte et le mise en valeur, dans le concret de la vie spirituelle et ecclésiale, des charismes, que le Concile Vatican II a reconnus,.

Notons cependant que l’engagement de l’Eglise dans les domaines de la santé (institutions hospitalières) et de la pastorale des malades (aumôneries) peut être considéré comme un ministère communautaire de guérison pris au sens large. Il s’agit d’une forme de diaconie communautaire.

a) Quel sens théologique sous-tend le ministère de guérison dans notre Eglise 7?
S’agissant du Renouveau charismatique, celui-ci a promu une vision pluridimensionnelle de la personne humaine dans la ligne de l’anthropologie chrétienne de l’incarnation.
Le plus souvent, le Renouveau charismatique inscrit sa conception de la vie dans l’Esprit et de la guérison dans une vision de l’homme conforme à la tradition biblique et que les Eglises d’Orient ont souvent mieux mise en valeur que celles d’Occident. Le dualisme platonicien a opposé l’âme au corps, perçu comme un obstacle à la croissance spirituelle. Or, la vision chrétienne traditionnelle considère dans l’être humain trois composantes : l’esprit, l’âme et le corps (cf. 1 Th). L’humain est spirituel, psychique et corporel. Il forme une unité dont les trois éléments ne sont pas sur le même plan. Ils s’interpénètrent sans se mélanger ni se confondre, ce qui rend parfois difficile le discernement entre ce qui est spirituel et ce qui est psychique. Les deux dimensions sont liées entre elles et avec le corps, mais elles doivent être distinguées. On a souvent confondu expérience affective avec expérience spirituelle ou réduit une dimension à l’autre. En situant plus clairement les plans, il est possible de mieux tenir compte de la complexité de l’être humain et des éléments mis en œuvre dans une croissance spirituelle. Il ne s’agit pas de confondre bonheur et salut, suite du Christ et guérison complète mais, pour l’homme, de revenir à Dieu en vivant pleinement son humanité et en lui laissant la vivifier par son Esprit. Saint Irénée de Lyon disait : « La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant, et la vie de l’homme, c’est la vision de Dieu »8.
Le Renouveau considère que la maladie peut avoir de multiples causes : physique, psychologique, relationnelle, spirituelle… Il souligne aussi le rapport entre péché et maladie, sans mettre l’accent sur la culpabilisation. Il affirme la relation entre santé et vie dans la grâce, guérison physique et guérison intérieure. Il établit un lien entre santé et vie affective et relationnelle, dans une approche plurielle, en mettant un accent particulier sur la démarche de pardon9. Il insiste aussi sur les dimensions physique, psychique et spirituelle du salut apporté par Jésus-Christ. Jésus n’a pas seulement sauvé du péché, il a aussi guéri. Bien qu’il ne soit pas venu d’abord pour guérir, le salut a souvent été signifié par lui à travers des guérisons physiques ou psychologiques et par des exorcismes, sans qu’il identifie salut et santé. Il a donné à ses disciples le pouvoir de guérir. Ce pouvoir n’est pas seulement valable pour l’Eglise primitive, mais aussi pour tous les temps, et particulièrement pour le temps de crise que traverse aujourd’hui l’humanité, selon le Renouveau.

b) Comment se ministère se vit-il aujourd’hui ?
Dans le cadre du renouveau, c’est un « ministère » exercé plutôt communautairement, même si certaines personnes, ayant reçu un charisme de guérison, l’exercent parfois individuellement. Il doit de toute façon être discerné et conformé par la communauté ou le groupe de prière. Les demandes de guérison peuvent être adressées à Dieu dans le cadre d’une célébration de prière ou en dehors. Elles visent soit l’assemblée de prière dans son ensemble, soit un groupe de personnes autour desquelles l’assemblée prie. Il existe aussi des intercessions individuelles par petits groupes, au sein même de l’assemblée. La demande est parfois discrètement adressée à des groupes particuliers d’intercession – formés à cet effet – en dehors des assemblées.
Lors des assemblées de prière où des guérisons sont demandées, l’atmosphère créée et les rituels employés visent à favoriser une démarche de foi et d’abandon à l’action de l’Esprit Saint. Elles sont marquées par la ferveur et la spontanéité de la prière et par l’enthousiasme des témoignages10. Ceux-ci favorisent des processus d’identification et ils apportent des confirmations de la pertinence de la démarche du groupe. Il y a toujours des textes de la Parole de Dieu. Ils peuvent être proposés spontanément11. Il existe souvent une importante manifestation de charismes de science ou de prophétie, des chants en langue qui créent une atmosphère de paix. Les intercessions personnalisées au sein des petits groupes s’accompagnent de l’évocation du problème de la personne, de l’imposition des mains, parfois d’une prière en langues, d’une parole de sagesse… L’accent est mis sur la louange, dans la liberté par rapport à l’exaucement de la prière. Ce cadre para-liturgique prédispose à un accueil intérieur de l’Esprit et à un “ lâcher prise ” spirituel, affectif et psychologique de la part de celui ou celle qui demande une prière de guérison. Chez les catholiques, la prière d’intercession peut avoir lieu à la suite d’une adoration du saint Sacrement ou même lors de son exposition, l’intervention de la Vierge Marie peut aussi être invoquée.

c) Quelles sont les richesses que mon Eglise a à offrir aux autres ?
La reconnaissance de la dimension thérapeutique des sacrements pris dans leur diversité, même s’ils ne sont pas tous reconnus par les Eglises protestantes.
L’approfondissement des apports des traditions pentecôtiste et évangélique par le Renouveau charismatique catholique, dans une perspective œcuménique. C’est à la fois un enrichissement pour l’Eglise catholique et un lieu de fécondation mutuelle entre les Eglises et communautés ecclésiales.
La célèbre et antique tradition de l’accompagnement spirituel, souvent liée aux grands ordres religieux, et particulièrement les Carmes, les Jésuites… Le vocabulaire employant les mots « ministères ou charismes de guérison » ne s’y rencontre pas, mais il s’agit bien de « cures d’âme » et de chemins de guérison spirituelle qui concerne l’ensemble de la personne et de son histoire.
La tradition des pèlerinages et l’évocation des saints thérapeutes.
L’usage de sacramentaux (comme l’eau bénite, l’encens, des bénédictions). Pour les deux derniers points, il est toujours nécessaire d’assurer une catéchèse afin d’éviter une conception magique de ces pratiques.
N.B. : Elle pourrait s’enrichir de l’approche holistique de la guérison développée, entre autres, dans le cadre de la réflexion du COE sur mission et guérison12.

d) Quelles sont les questions et les défis que me pose ce ministère ?
Dans ce recours à cette approche globale et spirituelle de la personne fragile ou malade, dans la puissance de l’Esprit Saint, il y a des points de vigilance à retenir.
a) Le vocabulaire : on parle de charisme « de guérison », de ministre « de guérison », de prière « de guérison » : attention, ce ne sont ni le ministre, ni le charisme pour lui-même ni la communauté qui guérissent, c’est Dieu par la puissance de son Esprit. Si les chrétiens soignent, pratiquent la compassion, intercèdent, luttent pour plus de justice, ils n’apportent cependant pas la guérison eux-mêmes: ils sont de simples instruments de la grâce de Dieu.
b) Il y a donc une grande responsabilité dans le fait de se présenter comme des « communautés de guérisons ». Cela peut induire certaines attentes chez des gens fragiles et leur laisser croire que l’on possède un pouvoir alors qu’il s’agit d’une puissance gratuite de Dieu qui agit à travers notre propre impuissance, notre pauvreté (c’est quand je suis faible que je suis fort, dit Paul) et qui ne répond pas automatiquement à la demande.
c) Nous savons que l’homme est un être profondément complexe et riche et qu’il existe une interaction permanente entre l’esprit, l’âme et le corps, comme le dit Paul dans la 1ère aux Thessaloniciens. Cela signifie qu’il faut un discernement très fin quand on accueille une demande de guérison, afin de ne pas faire croire à des personnes fragiles qu’il existe une sorte d’automatisme et d’immédiateté de résultat, de façon sensible. Un diagnostic psychologique doit parfois être demandé.
d) Il est important d’ « évangéliser la demande », c’est-à-dire de vérifier si celle-ci est conforme à ce que le Christ propose dans l’Evangile ou si cela relève de la fuite de la responsabilité ou de l’acte magique.
e) Il ne faut pas identifier salut et guérison : on peut être sauvé sans être guéri, guéri sans être sauvé, et parfois et guéri et sauvé. Tout dépend de la grâce donnée et de la façon dont les choses sont vécues et accueillies. Ici, on juge l’arbre à ses fruits spirituels et relationnels, et pas seulement biologiques !
f) Il faut se méfier d’une présentation de la toute-puissance de Dieu qui encouragerait la fuite de l’expérience de la croix. Jésus a été tenté ainsi : « si tu es fils de Dieu, descends de ta croix ». Nous pouvons être tentés de dire : puisque Dieu est tout puissant, il n’y aura plus de souffrances dans le monde : venez chez nous et tous vos problèmes seront réglés. On a trop longtemps sacralisé la souffrance. Il ne faudrait pas aujourd’hui la fuir ou la gommer. Le mystère pascal reste central pour le salut.
g) La guérison intérieure est la plus importante car c’est elle qui permet vraiment l’accueil du salut : revenir comme un enfant confiant à la tendresse maternelle du Père et se laisser aimer par lui dans l’action de grâce..
h) Etre guéri d’une blessure morale, psychique, spirituelle ne veut pas dire qu’on ne ressentira plus rien, mais que cette blessure n’est plus un obstacle à la vie et que, parfois, elle deviendra source de vie pour d’autres : « Mort, où est ta victoire ? ».
i) Une communauté chrétienne de réconciliation et de guérison garde les yeux fixés sur Jésus-Christ qui est celui qui sauve et qui guérit et qui nous demande d’être dociles à son Esprit. Que, dans le discernement, rien ne soit fait « ni par puissance ni par force, mais par l’Esprit du Seigneur ». Il est très important de chercher à rejoindre la quête spirituelle et thérapeutique contemporaine telle qu’elle se présente avec toute sa complexité. Il ne faut cependant céder à la tentation de s’aligner avec les prometteurs de miracle ou les guérisseurs auto-proclamés et de réduire ainsi la Bonne Nouvelle à la santé, car ce serait porter atteinte au salut que nous offre le Christ et qui va au-delà du simple bien être ou d’une guérison visible ou sensible.

Bernard UGEUX
Le 29 septembre 07.

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